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I. — ASPECT EXTÉRIEUR DE L’INTESTIN

On est parfois frappé, au cours de la laparotomie, du peu de modifications extérieures que présente l'intestin. Ce fait, qui a pu contribuer à faire méconnaître une tumeur tout à son début, n’a rien d’étonnant, si l’on songe que l’on ne voit, en quelque sorte, que l’envers du néoplasme, non point la tumeur elle-même, mais seulement quelques manifestations indirectes au premier rang desquelles on doit placer la rétraction intestinale et la scléro-lipomatose sous-séreuse.

La tumeur s'accompagne, en effet, souvent de rétractions intes- - tinales très importantes; elle s'étend par surcroît sur plusieurs centimètres, et on comprend que le néoplasme déborde de ce fait d’un segment intestinal sur un autre. Tel cancer de l’ascendant pourra amener presque au contact le cæcum qu'il élève et l'angle qu'il attire en bas. Tel cancer effacera complètement toute angulation et le côlon prendra presque un trajet rectiligne. Pour les cancers du cæcum, cette rétractilité entraîne certains aspects qu’il faut connaître. L'iléon peut se placer dans l’axe du côlon et sembler se perdre dans une masse dure, infiltrée de graisse. Il peut même exister un sillon au point de raccordement et on pourrait, avant l’ouverture de la pièce, penser à l'existence d’une invagination.

Il est classique d'admettre que, au début tout au moins, peut-être par suite de son poids, le cancer provoque un étirement du mésocôlon auquel succède plus tard une rétraction, due à l’inflammation ou à

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Cancer du côlon droit

l'extension cancéreuse. Il semble que ce soient là surtout des vues théoriques et la variété des dispositions péritonéales suffit largement à expliquer les différences de mobilité des cancers au début.

En effet, c’est surtout le type anatomique du côlon, accolé ou pourvu d’un méso, qui règle pendant longtemps la mobilité de la tumeur. Plus tard, l’infiltration inflammatoire sclérose les plans de clivage, rétracte les lames vasculaires, infiltre de graisse la sous-séreuse, aussi bien autour de la tumeur dont le volume paraît s’accroître, que dans les ligaments péritonéaux et dans le sinus de réflexion pariéto-colique qui s’efface. L'inflammation peut alors, à elle seule, provoquer la fixité du cancer et, si l'extension néoplasique elle-même y ajoute ses effets, nous verrons les difficultés qu’il peut y avoir à faire la part de ces deux facteurs.

Il. — ASPECT INTÉRIEUR DE L’INTESTIN A. — LE CANCER

Il est classique d’opposer deux types de tumeurs : l’encéphaloïde et le squirrhe. Le premier, particulièrement fréquent à droite, serait volumineux, végétant; le second, petit et sténosant. Ceci est vrai, mais le terme de « squirrhe » risque de prêter à confusion si, comme on le fait fréquemment, on lui accorde de plus une signification histologique précise. En effet, la transformation scléreuse du stroma conjonctif, la réaction squirrheuse en un mot, n’est nullement propre aux formes sténosantes; elle était aussi particulièrement intense sur certaines de nos coupes de cancers encéphaloïdes. Les cancers sténosants, dits squirrhes, nous semblent être caractérisés moins par la sclérose conjonctive que par une tendance destructrice et rétractile. Nous préférerons opposer les cancers à tendance végétante, s'étendant en largeur et faisant saillie dans la lumière intestinale, aux formes à tendance ulctreuse qui attirent vers elles les tuniques musculaires, et conservent toujours une taille réduite, car elles détruisent plus qu’elles ne conctruisent.

Il faut reconnaître que les formes purement végétantes ou ulcéreuses sont exceptionnelles. Un processus ulcératif vient souvent détruire plus ou moins le centre des végétations; un bourrelet plus ou moins exubtrant encercle, en général, la périphérie des formes térébrantes et cependant l'opposition entre les deux aspects se retrouve presque toujours.

Anatomie pathologique

1. Forme végétante. — Ta tumeur est bourgeonnante, violacée ou brunâtre. Sa consistance est à la fois cartonnée et friable. Tantôt (fig. 16) elle réalise des masses volumineuses, fortement saillantes, for-

Fig. 16. — Cancer de l'angle colique droit. Forme végétante. (Obs. 37, pièce n°4060.)

mant de gros mamelons assez réguliers; tantôt, au contraire (fig. 17), elle s'étale plutôt en nappe et sa surface, moins régulièrement arrondie, est hérissée de saillies nombreuses assez fines, déchiquetées ou en forme de massues. Le néoplasme s'étend en général sur une grande hauteur,

parfois jusqu’à 10 centimètres. Son épaisseur, plus ou moins régulière,

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