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Thérapeutique chirurgicale
Tous les résultats immédiats sont bien entendu connus, mais de plus nous avons .pu retrouver les suites éloignées de presque tous les malades dont certains ont été opérés il y a plus de 15 ans.
Enfin, si, au cours des 20 années sur lesquelles s’échelonnent ces opérations, les procédés chirurgicaux ont évolué, les indications thérapeutiques se sont peu à peu modifiées, pourtant l'empreinte d'un même enseignement chirurgical, d'une même technique visant à la simplicité et à la sécurité, donne à l’ensemble un grand caractère d’unité.
Dans les ouvrages étrangers, par contre, nous avons trouvé des éléments d’un tout autre ordre, et surtout des statistiques imposantes, établissant, d’après des centaines de cas, le pourcentage apparemment formel de l’opérabilité, de la mortalité, des guérisons éloignées.
Nous admettrons volontiers que les chiffres sont les meilleurs éléments de comparaison, mais les contradictions qu’ils offrent fréquemment nous ont aussi montré qu'ils pouvaient être les pires. En effet, ces grandes statistiques rassemblent parfois, sans qu’on puisse les classer à nouveau, des cas qui n’ont de commun qu’un seul point, clinique ou thérapeutique. Par exemple, telle statistique relative aux résultats d’une même méthode de colectomie comporte, à côté des cancers, des tuberculoses, des tumeurs inflammatoires, des stases coliques simples. Telle étude de la mortalité consécutive aux opérations radicales ne divise pas les cas selon le siège de la tumeur, ne distingue pas les différents modes d’ablation, ou bien classe confusément les opérations selon le nombre des temps.
Par ailleurs, on ajoute souvent des statistiques les unes aux autres. Tantôt il ne s’agit que de petites séries et les pourcentages qu’on établit ainsi n'ont pas plus de valeur que les éléments disparates et réduits dont on a fait la somme. Tantôt, ce sont quelques grands groupes d'observations que l’on fusionne et, quand il en est de très anciens, leurs résultats thérapeutiques, souvent médiocres, viennent lourdement grever l’ensemble. C’est pourquoi nous dirons d'emblée que si nous avons tenu à faire mention d’un grand nombre de pourcentages donnés par les auteurs français ou étrangers, nous leur accorderons plutôt une valeur indicative qu’une confiance absolue. Sans doute, attacherons-nous à certaines statistiques une créance particulière quand elles nous auront semblé offrir une homogénéité ou une précision telles que le contrôle des causes d'erreurs reste possible. Mais, ayant appris à douter des chiffres, nous attacherons autant de prix à une simple opinion, même non appuyée par des documents justificatifs, si elle repose sur des arguments logiques, raisonnables et solides.
Cancer du côlon droit
Avant de discuter techniques ou méthodes, il faut fixer le but que se propose la thérapeutique dans le cancer du côlon.
Bien qu’il ne s'agisse que d’un point de terminologie, il n’est peut-être pas inutile de dire d'emblée que le but parfait n’est nullement ce qu'il est convenu d’appeler la « colectomie idéale ». Cette affirmation est peut-être moins un truisme qu’elle ne le semble à première vue. On sait assurément que le terme de «colectomie idéale» n’a jamais servi qu’à caractériser un procédé technique : celui de Reybard, colectomie avec rétablissement immédiat de la continuité intestinale.
Mais cependant, il faut se souvenir de la séduction que ce procédé a toujours exercée sur les chirurgiens, se remémorer les réactions répétées qu’ils ont tentées pour se débarrasser des méthodes lentes, et revenir aux procédés brillants et rapides.
Or, la seule technique idéale est celle qui permettra d’assurer, au maximum de malades, une guérison définitive, quel que soit le procédé employé. On sait, et toute étude le prouve surabondamment, que les résultats éloignés des opérations pour néoplasmes du côlon sont favorables. Si choquant que puisse paraître l'emploi de cet adjectif en matière de tumeurs malignes, on peut presque dire que les cancers du côlon sont de bons cancers. Ce ne sont en tout cas certainement pas des affections dont le pronostic est assez sévère pour autoriser toutes les témérités chirurgicales.
C’est pourquoi, en cette matière, il est trois principes qu’on devrait avoir continuellement présents à l’esprit et dont aucun ne peut être sacrifié aux autres : les exérèses seront assez larges pour multiplier les survies éloignées; le taux d’opérabilité sera élevé au maximum, c’està-dire qu'on ne se résoudra à faire une opération palliative qu’en désespoir de cause; enfin, quels que puissent être les autres avantages d’une méthode d’ablation, un seul doit guider le choix des chirurgiens : sa bénignité.
On sait que la proportion des opérations radicales et la mortalité opératoire se sont toujours accrues de pair. Aussi, y a-t-il une sorte d'opposition apparente entre les buts que se propose le chirurgien dans le traitement du cancer du côlon et ce n’est que par un choix très sûr des méthodes et des techniques opératoires que l’on pourra, en définitive, obtenir le seul résultat qui compte : une proportion élevée de malades opérés et longtemps guéris par rapport au nombre des malades venus consulter.
Il s’agit là, souvent, d’un choix difficile mais qui conduira à une chi-