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B. __ L'ANESTHÉSIE

Une anesthésie parfaite est évidemment indispensable pour pouvoir opérer avec sécurité, pour avoir suffisamment de jour, pour pouvoir récliner largement les berges d’une longue incision, pour disposer d’un champ opératoire vaste et cependant bien isolé du reste de la cavité abdominale, enfin pour ne pas être gêné par la poussée des anses grêles.

Aussi comprend-on qu’on utilise surtout des anesthésiques généraux, tels que l’éther, qui a comme avantage sa simplicité d'emploi et n’a guère d’inconvénients chez les sujets résistants.

Finsterer cependant l’accuse de beaucoup de méfaits. Ainsi, l’atonie intestinale pré-opératoire, conséquence d’une longue période d’obstruction, peut, après une anesthésie générale, se transformer en une paralysie fatale. La distension gazeuse de l'intestin est plus considérable qu'après toute autre anesthésie et met à dure épreuve les sutures. On voit que les. inconvénients locaux et généraux de l’éther ne sont pas négligeables.

Aussi constate-t-on, à l'étranger, une tendance de plus en plus nette à abandonner l’anesthésie générale dans la grande chirurgie colique. Rankin, sans prendre parti définitivement, pense que l'emploi de plus en plus fréquent de la rachi-anesthésie a fait diminuer la mortalité opératoire, tout en rendant l'opération plus facile.

Lockhart-Munimery pratique encore quelques anesthésies générales au protoxyde d'azote, mais dit préférer l’anesthésie loco-régionale. C’est d’ailleurs celle-ci qui a le minimum de nocivité. Finsterer en est un partisan convaincu et lui doit, dit-il, de pouvoir désormais faire les opérations les plus longues et les plus graves, quels que soient l’âge et l’état physique de ses malades. Il affirme que depuis qu’il n’emploie plus que cette anesthésie, il ignore toute contre-indication opératoire d’ordre général.

Pour avoir une bonne qualité d’anesthésie, on ne se contentera pas des trois plans d’imprégnation indispensables au niveau de l’incision: intradermique, aponévrotique et sous-péritonéal, mais on établira encore un barrage sous-chondral à l'émergence des nerfs intercostaux. Bell recommande même de placer de plus une ligne anesthésique parallèle et externe à l’incision, ainsi que quelques injections horizontales au-dessous de son extrémité inférieure. On réalisera ainsi une anesthésie pariétale parfaite et il suffira de quelques injections supplémentaires

dans les mésos pour avoir une insensibilité suffisante et effectuer facilement l’hémicolectomie.

Thérapeutique chirurgicale

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