C. — TECHNIQUE DES ANASTOMOSES INTESTINALES
Bien avant qu’on ait tenté de lutter contre la gravité des colectomies par des soins pré-opératoires minutieux ou par le choix d’une anesthésie inoffensive, on accusait déjà les sutures intestinales de bien des méfaits. Est-ce parce que, dès la naissance de la chirurgie colique, l'attention de l'Académie de Médecine et de ses rapporteurs s'était beaucoup plus tournée vers la question des anastomoses termino-terminales que vers celle de l’ablation d’un cancer intestinal ? Depuis, en tout cas, ce sont toujours les anastomoses qui ont suscité le maximum de recherches et d’âpres discussions.
La responsabilité des accidents infectieux a toujours été imputée plus aux sutures qu’à la septicité du tissu cellulaire rétro-péritonéal qui est pourtant si souvent en cause. Quant à savoir quel est le défaut le plus fréquent des sutures, les opinions divergent tellement qu’on ne s'étonne plus de voir le nombre inouï de techniques que l’on a décrites. Tel accuse la mauvaise vascularisation des tranches de section, tel autre craint la cavité close qui se forme entre les différents plans. L'un abandonne définitivement l’écrasement et les points à la Lembert, alors qu’un autre, afin d'éviter toute contamination opératoire, préconise des sutures uniquement séro-séreuses à intestin fermé. Le mode de réunion n’a pas donné lieu à moins de divergences et les discussions, non exemptes de passion, qui se sont ouvertes sur les valeurs relatives des anastomoses termino-terminales, termino-latérales ou latéro-latérales, 1léo-sigmoïdiennes ou iléo-transverses, n’ont jamais pu aboutir à un accord unanime.
Aussi nous garderons-nous autant de rejeter un procédé que d’en prôner exclusivement un autre. Les convictions opposées de tant d’opérateurs ne viennent-elles pas de ce que toute technique est bonne quand on est entraîné à l’exécuter correctement ? Sans doute l’ardeur déployée dans les controverses est-elle un peu vaine, si, comme Lecène et Mayo n’ont pas craint de l’affirmer, l'importance du mode même de suture n’est guère considérable. Ne devrait-on pas bannir résolument des procédés cette complexité croissante qu’Abadie déplorait il y a déjà 10 ans ? L'importance et la variabilité des conditions individuelles, au premier rang desquelles il faut mettre les altérations et la friabilité des tuniques intestinales, montrent qu'il faut souvent savoir être éclectique, sans se vouer jamais exclusivement à une seule technique. Bien qu'il
Cancer du côlon droit
n’en soit aucune de parfaite, signalons cependant les avantages que certaines.offrent dans l’hémicolectomie droite, les inconvénients propres
à certaines autres.