II. Côlon droit mobile
du fascia de Toldt, que le côlon droit et ses vaisseaux fassent figure
S'il est de règle, par suite de l’existence
d'organes rétro-péritonéaux, des défauts d’accolement peuvent leur rendre une certaine mobilité. Une absence totale d’accolement est une rareté exceptionnelle, mais si l’on n’envisage que les insuffisances de fixation : accolement partiel du méso, accolement du méso jusqu’au bord interne de l'intestin seulement, ces anomalies deviennent assez fréquentes.
Que le défaut d’accolement n’intéresse pas toute la hauteur du côlon, mais reste localisé à sa partie moyenne, il ne s’agit encore que de fossettes anormales rétro-colo-méso-coliques (recessus para-colique de Toldt) qui s'ouvrent au bord externe du côlon.
Qu'il s’étende au contraire sur toute la hauteur, intéresse non seulement la face postérieure du côlon mais aussi un peu sa lame vasculaire, le côlon droit sera pourvu d’un méso dont la racine s'étend de la symphyse sacro-iliaque à l'extrémité inférieure du rein correspondant (26 %, des cas pour Trèves; 30 % pour Fromont).
Cancer du côlon droit
Ce méso n’est jamais bien long : 1 ou 2 cm. en moyenne, plus rarement 3 à 5 cm. Mais il est rare, alors que seul l’ascendant offre cette disposition; l’anse hépato-colique cesse aussi d’être sessile et le mésocôlon transverse se prolonge vers la droite au delà de la deuxième partie du duodénum.
Du même coup, l’anse hépato-colique s’abaisse et s’accole en canon de fusil à l’ascendant : tantôt côte à côte, tantôt l’un masquant l’autre.
C'est l’accolement qui fixe les côlons, c’est son imperfection qui les rend mobiles, les ligaments péritonéaux ne jouent encore ici qu’un rôle effacé; toujours passivement modelés sous l'influence des tiraillements exercés par le côlon sur le péritoine, peut-être sont-ils même encore plus nets dans ces côlons mobiles.
C'est surtout le plan pré-colique, dépendance du diverticule droit du grand épiploon, qui s’allonge alors et se plisse. Le côlon tire sur sa partie moyenne, le contraint à dessiner un V ouvert en haut. La branche gauche du V est le ligament duodéno-colique, sa branche droite se tend de la paroi au côlon, oblique de haut en bas et de dehors en dedans : qu'on veuille l’individualiser sous le nom de membrane de Jackson pour les conséquences pathologiques qu’elle peut entraîner, soit, mais elle n’en appartient pas moins aux vestiges épiploïques; M. Leveuf a eu le mérite de le démontrer.
C’est aussi dans ces cas de côlons mobiles que Buy a décrit une lame fixatrice du coude droit qui soude plus ou moins intimement les deux branches de l’angle sur une longueur qui peut varier de 3 à 10 cm. Elle n'a en tout cas aucune personnalité propre : car, ou bien on lui trouve une explication embryologique et elle s'ajoute alors aux replis de la corne droite du grand épiploon (M. Leveuf), ou bien ce n’est qu’une de ces brides pathologiques qui apparaissent dans les péricolites droites.
À côté des images radiologiques très spéciales qu’ils peuvent donner, à côté de leur palpation aisée, des variations de leur siège, ces côlons droits pourvus d’un méso sont importants à isoler au point de vue strictement opératoire : ce sont les côlons que l’on mobilise largement avec un minimum de décollement, ce sont ceux dont l’exérèse, non seulement aisée, mais encore relativement bénigne justifie l’axiome si exact qui affirme que la gravité d’une colectomie est en raison inverse de la mobilité du segment colique.
Rappel anatomique