‹ Le Cancer du Côlon droitChapitre 70 sur 90 · OPÉRATIONS PALLIATIVES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS PALLIATIVES

Dans les cas où toute tentative d’exérèse est rendue impossible par le volume de la tumeur, l'étendue de ses envahissements ou l'existence de disséminations éloignées, on en est réduit à pratiquer des opérations palliatives dont les résultats ne sont guère satisfaisants. Les survies qu'elles donnent atteignent rarement une année, en moyenne 8 à 10 mois. Comme on réserve ces opérations aux cas les plus avancés, à ceux où l’état général est le plus déficient, il ne faut pas s'étonner de les voir s'accompagner d’une haute mortalité. Dans notre statistique, 22 opérations palliatives se sont accompagnées de 10 morts, ce qui est énorme, La cause de la mort a parfois été une désunion des sutures, mais peut être rapportée beaucoup plus souvent à une affection surajoutée : pneumopathie, urémie, défaillance cardiaque. Cette opération palliative consistera dans une dérivation interne qui met le cancer au repos, diminue le nombre des suppurations périnéoplasiques et empêche le développement d’accidents occlusifs. Ce n’est qu’en cas d’absolue nécessité qu’on imposera au malade le considérable ennui d’un anus cæcal.

Si le cancer siège sur le cæcum ou l’ascendant, l’iléo-transversostomie avec exclusion unilatérale paraît le meilleur traitement palliatif. I] serait prudent, surtout chez les malades en état d’obstruction avancée, de faire, en amont, une petite iléostomie à la Witzel qui soulagerait utilement les sutures. Par contre, si le cancer siège au voisinage de l’angle ou de l’anse hépato-colique, une iléo-transversostomie risque trop facilement d’être englobée dans des adhérences ou envahie par le néoplasme : il est alors indispensable de recourir à l’iléo-sigmoïdostomie.

Devant les tristes résultats des opérations palliatives, certains chirurgiens se sont demandés si parfois il ne serait pas possible de faire mieux. On observe, en effet, des cas où la tumeur est encore petite, mobile, où les conditions locales et générales d’une ablation facile et bénigne se trouvent toutes réunies et où la découverte d’un petit noyau hépatique indique, seule, la nécessité d'abandonner tout espoir de guérison. Dans ces cas bien définis, on pourrait, peut-être, tout de même faire une colec-

Cancer du côlon droit

tomie, non dans un but curateur illusoire, mais à la fois à titre d’opération palliative et d'opération de propreté. Par suite de la lenteur de l’évolution des métastases hépatiques, les survies peuvent être longues et, en tout cas, les derniers moments des malades seront moins pénibles et moins douloureux que dans les tumeurs qui ont fini par envahir largement la paroi et déterminent de douloureuses compressions. On a dit que l’évolution de la métastase s'accélère après ablation de la tumeur primitive (loi d’'Ehrlich), mais rien n’est plus discutable. Quoi qu'il en soit, W. Mayo, Turner, Peck, Brunner, ont plusieurs fois pratiqué des colectomies à ce titre, malgré l'existence de métastases hépatiques et ils sont d’avis que toutes les fois où elle est possible, cette opération est le meilleur des palliatifs.

Page 1