tome, par M. le professeur Gosset. Aïdes : MM. Charrier et Cahen
Anesthésie : éther.
Tncision oblique dans la fosse iliaque droite. On trouve une énorme tumeur du segment droit du transverse qui paraît enlevable bien qu'il y ait quelques adhérences à la vésicule et un prolongement important sur l'épiploon. Une anse grêle adhère intimement à la tumeur et sa libération est obtenue non sans difficultés.
Hémicolectomie avec ablation des 2/3 droits du transverse. Fermeture des bouts coliques et grêle à la soie. Iléo-sigmoïdostomie latéro-latérale sur un S iliaque très mobile et facile à amener au voisinage de l’iléon.
Deux drains dans la zone décollée.
Fermeture de la paroi au catgut chromé.
Suites opératoires : Mort au 2° jour, sans doute par cellulite et choc.
Examen anatomo-pathologique de la pièce (n° 3465).
Examen microscopique. — Épithélioma glandulaire massif, à rosettes. Les cellules ont une différenciation polaire nette et se groupent autour d'une petite cavité. On trouve même souvent une bande de fermeture. Quelques éléments présentent une nécrose discrète. Le stroma est proportionnellement peu abondant.
L'ensemble, par son caractère glandulaire très net, ressemble assez à certains épithéliomas du sein. L'aspect en rosette se retrouve plus accusé encore dans les noyaux essaimés dans le tissu celluleux (PL. II, A).
Observation XXXI.
M. Bouc.., QUARANTE-SIX ANS. — CANCER DE L'ANGLE COLIQUE DROIT. If OPÉRATION : ILÉO-SIGMOÏDOSTOMIE; 2° OPÉRATION : HÉMICOLEC- TOMIE DROITE. — GUÉRISON.
Le malade, envoyé par M. le D' Bensaude, est examiné par M. le professeur Gosset en novembre 1925.
L’affection a débuté il y a 2 ans, par des signes vagues : dyspepsie, digestions lentes et douloureuses. Les seuls troubles intestinaux consistaient en petites coliques sans météorisme et sans constipation. Amaigrissement de 12 kgs. Depuis deux mois, les coliques ont augmenté, les selles sont devenues plus molles et très foncées.
A l'examen de l'abdomen on sent dans l’hypochondre droit, une tumeur
Cancer du côlon droit
du volume d’un petit poing, dure et mamelonnée. Ses limites inférieure et supérieure sont nettes et la tumeur, bien séparée du foie, mobile avec la respiration, est également mobile transversalementt. Elle présente le contact lombaire et est submate à la percussion.
Examens préopératoires.
Azotémie : 0,25 0/00. —— Globules rouges : 4.220.000. — Globules blancs : 7.000. — Hémoglobine : 80 %,.
Les réactions de Meyer et de Rolland, dans les selles, sont positives.
Première opération le 14 novembre 1925. — Iléo-sigmoïdostomie latérolatérale sans exclusion, par M. le professeur Gosset. Aides : MM. Petit- Dutaillis et Seillé.
Anesthésie à l’éther chaud.
Laparotomie médiane sous-ombilicale permettant de trouver un gros néoplasme de l'angle droit du côlon. On pratique une iléo-sigmoïdostomie à la soie. Fermeture de la paroi à la soie. Durée de l'opération :25 minutes.
Suites opératoires. — La ư est de 389 5 le 1°’ jour et descend rapidement à 370 par la suite. Les gaz sont rendus à partir du 4° jour. Le malade se lève le 11° jour.
L'état général du malade s'étant grandement amélioré depuis la 17e opération, on décide d’enlever la tumeur.
Deuxième opération le 23 mars 1926. — Hémicolectomie droite, par M. le professeur Gosset. Aides : MM. Lœwy et Seillé.
Anesthésie à l’éther chaud.
Laparotomie latérale droite permettant d'accéder directement sur la tumeur. Le néoplasme, en partie adhérent, est à la limite des possibilités d’ablation. Résection de la terminaison de l’iléon, du cæcum, du côlon droit et de la partie droite du transverse, après libération difficile de la vésicule biliaire. Par contre, la libération postérieure a été fort aisée. On ferme les deux bouts intestinaux restants avec deux surjets à la soie, un muqueux, un total, après ligature des vaisseaux coliques et drainage de l’espace rétropéritonéal, avec 2 drains et 3 mèches. On suture la paroi au cateut chromé. Durée de l'opération : 45 minutes.
Suites opératoires. — Les gaz sont rendus le 2° jour. La première selle apparaît après purge le 6€ jour. On enlève 2 mèches le 4 jour, la 3e le 6€ jour, le drain le 9€ jour. Le malade sort complètement cicatrisé le 30° jour.
Suites éloignées. — Le malade a été revu en parfaite santé sans aucun trouble digestif ni récidive le 1er octobre 1932. L’anastomose fonctionne bien. Il y à un petit cul-de-sac sur le transverse, Pas de rétro-dilatation du grêle.
Examen anatomo-pathologique de la pièce (n° 4060).
Épithélioma mucoïde largement ulcéré, siégeant sur l’angle droit (fig. 16).I1 s’agit d’un épithélioma cylindrique typique, mais dont la majeure partie est en transformation mucoïde sous forme de grandes nappes visibles à l'œil nu sur la coupe. D'une manière générale la formule cylindrique mucocolloïde n’est pure qu’en profondeur; elle change à la superficie où les cellules cessent d’être cylindriques pour devenir cuboïdes. On observe fréquem-
Observations
ment des aspects pseudo-glandulaires avec ébauches de rosettes. Grosse infiltration inflammatoire de la sous-séreuse par de nombreux éléments plasmo-lymphocytaires groupés en amas, surtout au voisinage des vaisseaux.
Trois ganglions prélevés au niveau de l’angle colique droit sont indurés, montrent une capsule épaissie, une réaction inflammatoire vive, mais aucune trace de métastase.
Observation XXXII.
M. BAU..., TRENTE-NEUF ANS. — CANCER DE L'ANGLE DROIT. — I'® OPÉ- RATION : ILÉO-TRANSVERSOSTOMIE. — 2€ OPÉRATION : HÉMI COLECTOMIE DROITE. — GUÉRISON.
Depuis le mois de décembre 1928, le malade se plaignait de fatigue générale et d’inappétence. Il était très constipé, et avait remarqué fréquemment l'existence d’un ballonnement abdominal après les repas.
Lors de l’examen, en février 1929, on constate, dans la fosse iliaque droite une tumeur de la taille d’un poing, difficile à palper à cause de l'épaisseur de la paroi abdominale du malade; elle est assez dure, douloureuse; ses limites sont imprécises : elle est un peu gargouillante à la palpation. Sa fixité est absolue.
Examen vadiologique (Dr Béclère).
On voit la baryte arriver assez facilement jusqu’au segment droit du transverse où il y a un temps d’arrêt prolongé. La fin du lavement étant donnée en décubitus dorsal, la substance opaque pénètre alors jusqu’au fond cæcal. La région de l'angle sous-hépatique ne s’est jamais montrée à plein calibre. Il existe seulement un passage médian en flamme de bougie. On constate parfois un violent spasme sur la partie haute du côlon ascendant.
Sur 2 radiographies prises en décubitus abdominal on voit le défect au niveau de l’angle droit. L'examen par voie haute montre un retard de l'évacuation de l'iléon.
Examens de laboratoire.
Azotémie : 0,25 0/60. — Globules rouges : 4.400.000. — Globules blancs : 13.000.
Examen des selles : réactions de Boas et de Meyer: positives.
Première opération le 7 mars 1929. — Iléo-transversostomie termino-
latérale au bouton de Murphy avec exclusion unilatérale, par M. le professeur Gosset.
Incision sus et sous-ombilicale. On découvre à la partie postérieure de l’angle droit une tumeur très dure. La lésion paraît très avancée. Elle est complètement fixée et bloquée par des adhérences et semble inenlevable. Iléo-transversostomie au bouton de Murphy. L’iléon est sectionné à 25 cm. de sa terminaison et implanté dans le 1/3 droit du transverse.
Cancer du côlon droit
Les suites opératoires sont simples, les gaz rapidement rendus et afin de tenter une exérèse secondaire, le malade est confié au Dr Ledoux-Lebard en vue de lui faire un traitement radiothérapique.
Traitement radiothérapique. — Du 16 au 29 mars, il reçoit par 4 portes d'entrée, 2 antérieures et 2 postérieures, 12.000 R. (3.000 par porte d'entrée).
Le 1° mai l'examen clinique semble indiquer une diminution appréciable de la tumeur, avec une souplesse plus grande de la paroi.
La veille du 2° temps les examens de laboratoire indiquent :
Globules rouges : 4.220.000. — Globules blancs : 7.850 (donc en diminution).
Deuxième opération le 25 juin 1929. — Hémicolectomie droite, par M. le
professeur Gosset. Aides : MM. Thalheimer, Jean Gosset.
Anesthésie à l’éther.
Incision latérale le long du bord externe du muscle droit. On découvre une énorme tumeur que l’on arrive à mobiliser un peu, ce qui avait été impossible lors du 1° temps. On a l'impression qu’elle est devenue enlevable. On décolle en attaquant le cæcum par son côté externe et on enlève tout ce qui est à droite de l’anastomose. On a pu voir en arrière le duodénum qui ne présente pas d’adhérences avec la tumeur. Fermeture du transverse par 2 surijets à la soie; 2 gros drains et 2 mèches sont placés dans la zone décollée. Paroi à la soie. Durée de l’opération : 40 minutes.
Suites opératoires : les gaz sont rendus le 2° jour. Le malade se lève au 14€ jout.
Suiles éloignées : le malade est revu en mai 1930 en parfaite santé.
Cependant en août 1930, l’état s’est complètement transformé; le malade à rapidement maigri. Il est pâle, cachectique; on sent dans sa fosse iliaque droite une tumeur volumineuse faisant corps avec la paroi. Il s’agit indiscutablement d’une récidive in situ et l'examen radioscopique montre une image lacunaire au niveau de l’anastomose.
On commence un nouveau traitement radiothérapique qui n’est pas poursuivi en raison du mauvais état général du malade. Celui-ci meurt de cachexie à la fin de 1930.
Examen anatomo-pathologique de la pièce (n° 7359).
Examen macroscopique.
Il existe une tumeur annulaire largement ulcérée étendue sur 7 cm. de haut et dont la limite inférieure est à 10 cm. au-dessus du fond du cæcum. Elle est fortement sténosante vers sa limite proximale, tandis qu’en aval la lumière intestinale tapissée de bourgeons néoplasiques s’élargit. La section du transverse porte à environ 3 cm. en aval de la tumeur.
Examen microscopique.
Épithélioma cylindrique typique présentant par places un aspect tubuleux ou végétant, envahissant largement la paroi, la dissociant de la musculeuse, atteignant en un point une épaisseur de 2 em. Il existe une infiltration muco-colloïde du stroma en larges nappes visibles à l'œil nu. En un point, sous une zone de nécrose superficielle, on découvre une région d'aspect angiomateux (PL. IV, B). Stroma-réaction modérée.
Observations
Observation XXXIII.
M. CAI.., QUARANTE-CINO ANS. — CANCER DU CÔLON ASCENDANT. — ITE OPÉRATION : ILÉO-TRANSVERSOSTOMIE. — 2€ OPÉRATION : HÉMICOLEC- TOMIE DROITE. — GUÉRISON.
Le malade, examiné par M. le Dr Charrier, se montre porteur, dans le flanc droit, d’une tumeur palpable et peu mobile, du volume d’un petit poing. Il est extrêmement amaigri, souffre de sa lésion depuis plus d’un an et n'a été vu que récemment par son médecin qui a fait pratiquer des radiographies qui ont montré une sténose très avancée du côlon ascendant. Le cæcum est distendu et il existe un syndrome d’obstruction chronique.
Examens de laboratoire.
Azotémie : 0,41 ©/00. Urines : normales.
Première opération le 17 juillet 1925. — Tléo-tyansversostomie avec exclusion unilatérale, par M. le D' Charrier. Aide : M. Seillé.
Anesthésie à l’éther.
Laparotomie oblique droite.
Cæcum distendu et, sur le côlon ascendant, présence d’une tumeur du volume d’un poing, rétrécissant nettement le côlon. La tumeur est peu mobile sur la paroi postérieure.
On incise l’iléon à 20 cm. du cæcum, après écrasement. Les 2 bouts sont fermés par un surjet total et deux surjets d'enfouissement. Le mésentère est sectionné sur 2 cm. environ pour permettre de porter le bout grêle en haut. D'autre part, le bout périphérique du grêle est rebroussé vers la droite, derrière l’iléon et fixé par deux points à la soie pour tâcher d'éviter son adhérence à la bouche.
On résèque, après décollement, la partie droite du grand épiploon et l’on pratique une iléo-transversostomie sur la partie la plus basse du côlon transverse, à l’union du 1/3 droit et du 1/3 moyen. La bouche est faite antipéristaltique, latéro-latérale, à la soie : 2 plans en arrière, 3 plans en avant. La paroi est fermée au catgut.
Suites opératoires. — Elles furent simples. Les selles sont obtenues le 5° jour et le malade, ainsi préparé et d'autre part désintoxiqué, subit l’ablation de la tumeur dans un 2° temps.
Deuxième opération le 3 août 1925. — Hémicolectomie droite, par M. le D Ciérener, Aide MSG.
Anesthésie à l’éther.
On repasse par la même incision. On rencontre peu d’adhérences et très lâches. Il est assez aisé de les décoller. Cependant la tumeur adhère assez fortement en arrière et l’on doit, pour la libérer, sectionner d’abord le côlon transverse après écrasement et fermeture par 3 plans à la soie. On extirpe la tumeur de haut en bas et pour pouvoir enlever les ganglions palpables, on doit se porter loin en dedans, jusqu’à l’origine des vaisseaux coliques droits. j
Cancer du côlon droit
Au cours du décollement, on voit et on libère l’uretère, les vaisseaux spermatiques et l’angle inférieur droit du duodénum. On termine par l'ablation du cæcum. On referme le péritoine de la fosse iliaque vers le bas, et on draine la zone de décollement par un drain et 3 mèches. Durée de l’opération : 60 minutes.
Suites opératoires. — Elles furent compliquées par la formation, vers le 10° jour après l’ablation du drain et des mèches, d’une fistule stercorale qui diminua très rapidement. Les selles reprirent leur trajet normal et lorsque le malade sortit, il ne présentait plus qu’une petite fistule par laquelle sortaient des gaz.
Suites éloignées. — Il a grossi de 6 kg. Malheureusement, on le revoit au bout de 10 mois présentant une vécidive sous forme d’une masse dure derrière la paroi abdominale droite, sans que le transit intestinal soit gêné. On institue alors un traitement radiothérapique : 3 champs : un antérieur, un latéral, un dorsal: 3.500 R par champ. Résultat à peu près négatif. Légère diminution momentanée du volume de la tumeur. Présentait d’ailleurs un très mauvais état général avec cachexie prononcée. Le malade meurt au bout d’un an de cachexie cancéreuse.
Examen anatomo-pathologique de la pièce (n° 3512).
La coupe montre un vaste cratère ulcéré, à bords surélevés. Tout le fond de l’ulcération est constitué par d’épaisses travées d’épithélioma cylindrique typique, d'aspect glandulaire. Les mitoses et atypies cellulaires sont nombreuses. La plupart des formations pseudo-glandulaires sont remplies d’un exsudat fortement éosinophile et finement granuleux. Une dégénérescence d'aspect caséeux atteint plus de la moitié de la coupe et donne à l’ensemble, quand on l’examine à l'œil nu, un aspect de nécrose pseudo-tuberculeuse. Cette masse nécrosée prend en certains points le safran comme s’il y débutait un processus de fibrose. Des fibroblastes, d’ailleurs, y colonisent et des travées jaunâtres apparaissent dans la masse caséeuse. Toutes les couches de la paroi sont envahies par le néoplasme. La gaine cellulo-graisseuse ellemême renferme quelques travées épithéliales.
Les 4 ganglions péri-cæcaux examinés se montrent complètement envahis par des métastases homotypiques détruisant la plus grande partie du tissu lymphoïde et folliculaire normal. Eux aussi, sur la coupe, ont un aspect caséeux pseudo-tuberculeux.
Observation XXXIV.
Mme CHA.., CINQUANTE-SIX ANS. — CANCER DU CÔLON ASCENDANT. — IT OPÉRATION : ILÉO-TRANSVERSOSTOMIE AVEC EXCLUSION. — 2€ OPÉRA- TION : HÉMICOLECTOMIE DROITE. — GUÉRISON.
Le début, d’ailleurs imprécis, de l'affection se marque en octobre 1931 par un amaïigrissement, une anorexie et une anémie progressivement croissants.
Observations
Le 28 janvier 1932, la malade ressent pour la première fois une crampe vague autant que passagère dans la fosse iliaque droite.
Le 3I janvier 1932, crise de subocclusion avec douleur très intense à droite, ballonnement, gargouillements, arrêt des matières. La crise dure 5 à 6 jours, sans le moindre vomissement, sans nausées. L'application de compresses laudanisées suffit à la calmer. Par la suite, la malade se plaint d’un endolorissement presque continu, siégeant dans la fosse iliaque droite, augmentant à la fatigue. Elle avait déjà noté la fréquence des gargouillements au moment des crises.
Le 15 février, un radiographe pratique un examen, malheureusement par repas baryté, et son résultat absolument négatif rassure la malade.
Cependant, l’état reste inchangé : les douleurs augmentent en fréquence et en intensité; l’amaigrissement s’accentue et atteint 7 kgs.
Le 18 avril, nouvelle crise de subocclusion, débutant par un vomissement, des douleurs très intenses survenant par crises paroxystiques, à type de coliques, siégeant dans la région péri-ombilicale et dans le flanc droit. La crise dure 3 jours et c’est à ce moment que la malade consulte le Dr Petit- Dutaillis. |
Au point de vue intestinal, la malade n’a jamais présenté de diarrhée, au contraire, de la constipation. Elle n’a jamais constaté de sang dans ses selles, jamais présenté d’ictère ni de fièvre. Elle est pâle et de teint jaunâtre.
Son abdomen est partout parfaitement souple. Dans la fosse iliaque droite, dans les environs du point de Mac Burney, on trouve une masse extrêmement dure, allongée verticalement, large d’un peu plus de 2 travers de doigt, longue de 10 cm., bien mobile à la fois dans le sens vertical et transversal. Ses limites, externe et surtout supérieure, sont nettes. Le pôle inférieur aussi est aisé à délimiter. Elle est surtout dure à sa partie supérieure. Ni adhérences pariétales antérieures, ni ascite, ni métastases cliniquement décelables. Au-dessus de la tumeur, l'hypochondre droit est parfaitement libre. Le reste de l’abdomen est tympanique par places. Au cours de l'examen, on n’a pu relever l’existence d'aucune onde péristaltique, mais des gargouillements ont été provoqués.
Radioscopie. — La tumeur est repérée par un fil de plomb; le remplissage du côlon est normal jusqu’à la partie supérieure de l’ascendant et le lavement présente, juste au bord supérieur de la tumeur, un aspect déchiqueté.
Un peu de baryte traverse, en pleine zone tumorale, un étroit défilé et donne un remplissage irrégulier du fond cæcal.
Examens de laboratoire.
Azotémie : 0,22 °/60. — Globules rouges : 4.130.000. — Globules blancs : 8.050. Polynucléaires 7810.
Première opération le 6 mai 1932. — Iléo-tyransversostomie au bouton de
Murphy, avec exclusion unilatérale, par M. le D' Petit-Dutaillis. Aides : MM. Jean Gosset et André Sicard.
Anesthésie : protoxyde d’azote.
Incision médiane sus et sous-ombilicale descendant jusqu’au milieu de
En? 269 E
Cancer du côlon droit
la ligne ombilico-pubienne. On relève le transverse. Le grêle est très nettement distendu. On glisse doucement une main dans le flanc droit et on trouve sur le côlon ascendant une tumeur petite et bien mobile. Le côlon droit ne semble présenter avec la paroi antérieure aucune adhérence.
À 25 cm. environ de la valvule iléo-cæcale, on fore un petit trou dans le mésentère, au droit de l'intestin. :
On lie l'arcade bordante. On sectionne l'intestin après écrasement; le bout proximal est protégé par des compresses et on ferme le bout distal. Dans ce but, on désinsère le mésentère sur 3 à 4 cm.; on ferme par un surjet le bout écrasé et 2 surjets d'enfouissement séro-séreux invaginent complètement la zone écrasée comme dans un enfouissement d’appendice. On replie enfin le bout sur lui-même. On poursuit alors vers le haut, sur 4 à 5 cm., la section du mésentère pour permettre d’écarter l’un et l’autre les 2 bouts grêles et pour éviter mieux encore l’adhérence du bout distal à la zone d’anastomose. Quant au bout proximal, on le recoupe en deçà de la zone écrasée, on vérifie sa bonne vascularisation. On introduit à son intérieur le bout mâle du bouton de Murphy et on le ferme de la même façon que le bout distal.
Sur le côlon transverse, en un point soigneusement repéré, à 6 ou 7 cm. de la limite droite de sa partie mobile, sur sa bandelette inférieure, on pratique un petit orifice dans lequel on introduit le segment femelle du bouton. Un surjet à points perforants le fixe; puis, au thermocautère, on fait un petit orifice latéral sur le grêle par lequel on fait sortir le cylindre du bouton. On en réunit les 2 segments, on fait quelques points séro-séreux supplémentaires d’adossement. Pas d’épiplooplastie complémentaire. Fermeture de la paroi en un plan à la soie, sans drainage. Soies sur la peau.
Suites opératoires. — La malade n’a jamais dépassé 380. Elle a rendu ses gaz le 2 jour. La première selle est survenue au 6€ jour. Dans ces conditions, 15 jours plus tard, on pratique la seconde opération.
Deuxième opération le 20 mai 1932. — Hémicolectomie droite, par M. le Dr Petit-Dutaillis. Aides : MM. Jean Gosset et André Sicard.
Anesthésie : protoxyde d'azote.
Incision oblique para-rectale droite descendant de l'extrémité antérieure de la 10° côte. Il n'existe aucune adhérence entre l’anse sectionnée et la bouche. Au niveau de cette section, le mésentère en présente quelques-unes et surtout le cæcum, au-dessous de la tumeur, est uni à la paroi antérieure par une adhérence d’ailleurs peu serrée qui ne semblait pas exister lors du premier temps. On pratique une hémicolectomie de haut en bas. Décollement colo-épiploïque sur 2 cm., exactement en face de l’anastomose. Ouverture de la corne droite de l’arrière-cavité. Section du ligament gastrocolique, d’abord verticalement, puis transversalement vers la droite, en restant à 1 cm. au-dessous de l’artère gastro-épiploïque droite. L'angle droit est ainsi libéré de son plan ligamenteux superficiel. On sectionne ensuite le péritoine pariétal au-dessus de l’angle colique droit qu’on abaisse. On a ainsi sectionné le plan pariétal profond qui fixe l'angle droit. On voit apparaître dans la brèche, en dedans, le duodénum, en dehors, le rein. Le
Observations
décollement rétro-colo-mésocolique est alors commencé de haut en bas, en prolongeant au fur et à mesure la section péritonéale dans le sinus pariéto-colique droit. On suit ainsi la 2° portion du duodénum jusqu’à l’angle D, D., et, de haut en bas, on décolle l’uretère qu’on a découvert avec facilité. Le décollement se produit ainsi jusqu’au fond du cæcum. On sectionne alors horizontalement le péritoine pariétal, d'abord derrière le fond cæcal, puis le long de la racine mésentérique, jusqu’au niveau de la section iléale de la première opération. Le décollement du méso-côlon a été aisément poussé jusqu’à l'origine des artères coliques droites. Cellesci: iléo-cæco-colique et branche droite de la colique moyenne, sont isolées, liées et sectionnées. On termine en sectionnant le transverse après écrasement à environ 3 cm. à droite de la bouche. On le ferme par un surjet perforant et 2 plans séro-séreux d'enfouissement. Les fils du dernier plan sont conservés longs et passés à travers le bord droit du grand épiploon dont on se sert pour recouvrir la suture colique. On ferme par un point en bourse, l’étroite brèche mésocolique qui persiste; par quelques points au catgut, on ferme les 3/4 supérieurs de la zone décollée et on place, dans l’espace sous-péritonéal, une mèche et un gros drain. On laisse un petit drain intra-péritonéal qui remonte jusque sous le foie. Les deux fils de la suture colique sont noués au péritoine pariétal dans l’angle supérieur de l'incision. Fermeture de la paroi en un plan, à la soie, sauf à l’angle inférieur, au contact du drainage, où on met du catgut. Soies sur la peau.
Suites opératoires : simples, selles au 3° jour. Lever au 20° jour. La malade se porte parfaitement bien en octobre 1932.
Examen anatomo-pathologique de la pièce (11181). — Cancer annulaire peu végétant localisé au côlon ascendant. Le mésocôlon ascendant enlevé a une largeur transversale de 7 cm.
Épithélioma cylindrique typique, envahissant tous les plans pariétaux. Vive réaction inflammatoire du stroma allant, par endroits, jusqu’à la suppuration. Basophilie du protoplasma. Nombreuses mitoses.
On a prélevé 5 ganglions : 1 sur le groupe de l’angle iléo-cæcal, tr sur le groupe intermédiaire iléo-cæco-colique, 1 dans l’arcade para-colique du côlon ascendant, 1 para-colique de l’angle droit et r intermédiaire au droit de la colique moyenne. Tous sont indemnes et ne présentent qu’un léger œdème des sinus marginaux.
Observation XX XV.
M. CHE... SOIXANTE-TROIS ANS. — CANCER DE L'ANGLE DROIT. — ITC OPÉRATION : ILÉO-TRANSVERSOSTOMIE AVEC EXCLUSION. — 2€ OPÉRATION : HÉMICOLECTOMIE DROITE. — GUÉRISON.
Depuis 3 ans, le malade souffre de l'abdomen et, sur un diagnostic sans doute erroné, il a subi, il y à un an, une appendicectomie.
Actuellement, il présente des douleurs sourdes, fréquentes, siégeant dans
Cancer du côlon droit
la fosse iliaque droite, survenant soit la nuit pendant environ 1 heure, soit après les repas : coliques se terminant dans la région cæcale. Pas de vomissements, constipation simple. Amaigrissement de 6 kgs en 3 mois.
L'examen révèle une zone douloureuse dans la fosse iliaque droite, mais pas de tumeur palpable.
L'examen radioscopique par lavement montre un remplissage colique normal jusqu’au transverse droit. En ce point, au niveau de la branche gauche de l’angle sous-hépatique, tout près du sommet de l’angle, il existe une lacune de remplissage constante, avec un étroit défilé médian qui semble traduire l'existence d’une lésion néoplasique à ce niveau.
Première opération le 17 mars 1930. — Iléo-transversostomie au bouton, avec exclusion, par M. le professeur Gosset. Aides : MM. Charrier et Bompart.
Anesthésie rachidienne.
Incision paramédiane droite. On découvre une tumeur aisément enlevable située au niveau de l’angle droit. Le foie paraît normal. On sectionne l’iléon à une vingtaine de centimètres de sa terminaison. On ferme le bout distal par 2 surjets à la soie, et on pratique une iléo-transversostomie au bouton de Murphy sur laquelle on ramène l’épiploon par quelques points à la soie. Fermeture de la paroi à la soie. Durée de l’opération : 25 minutes.
Suites opératoires. — Elles furent simples. Le 29 avril 1930, un examen par lavement montre un remplissage correct du côlon jusqu’à l’anastomose qui est largement perméable. e
Deuxième opération le 31 mai 1930. — Hémicolectomie droite, par M.le professeur Gosset. Aide : M. Charrier.
Anesthésie : balsoforme.
On réincise au niveau de l’ancienne cicatrice, dans la fosse iliaque droite, Il existe surtout entre le bout distal de l’iléon et la bouche d’anastomose des adhérences que l’on doit libérer. On résèque la terminaison de l’iléon, le cæcum, le côlon ascendant, l’angle droit. Fermeture du côlon par 2 surjets à la soie. On met un Mickulicz avec une seule mèche dans la zone décollée. Fermeture de la paroi avec de grandes soies prenant toute son épaisseur. Petite soies sur la peau.
Là aussi, suites opératoires simples : le malade quitte l'hôpital, guéri, le 17 juillet 1930.
Le malade a été revu le 15 décembre 1932, soit 2 ans et 6 mois après son opération. Son état général est excellent, il a engraissé. Il n'existe aucun signe apparent de métastase ou de récidive. Il se plaint cependant de quelques coliques douloureuses. L'examen radiologique montre une difficulté d'évacuation du grêle. Il doit exister quelques adhérences au voisinage de l’anastomose.
Examen anatomo-pathologique de la pièce (n° 8486).
Examen macroscopique. — Énorme tumeur de l'angle droit assez bourgeonnante, siégeant à 13 cm. au-dessus de la valvule. La section du transverse porte à 5 cm. en aval du cancer.
Il faut noter le considérable épaississement des parois intestinales qui paraissent le siège d’un processus scléreux intense.
Observations
Examen microscopique. — Épithélioma cylindrique typique, profondément ulcéré, à bords bourgeonnants. La muqueuse saine qui est à son voisinage est hyperplasiée (PL. XIV).
Envahissement de toute la tunique musculaire, mais non de la sousséreuse qui est simplement épaissie et présente une vive réaction inflammatoire. Il existe là un véritable éfat squirrheux, presque chéloïde. Les artères sont très épaissies. .
Il y a dans le néoplasme des zones où l’on trouve un produit de sécrétion fortement éosinophile. Certains points du cancer sont suppurés et la coupe intéresse deux véritables abcès intra-pariétaux.
Observation XX XVI.
Mme LAF.., CINQUANTE-SEPT ANS. — CANCER DU CÔLON ASCENDANT ET DE L'ANGLE DROIT. — JT OPÉRATION : ILÉO-TRANSVERSOSTOMIE AVEC EXCLUSION UNILATÉRALE. — 2€ OPÉRATION : HÉMICOLECTOMIE DROITE. — GUÉRISON.
La malade, envoyée par M. le Dr Enriquez, entre dans le service de la Salpêtrière le 6 juin 1925.
Elle souffre depuis quatre ans de troubles digestifs : anorexie, nausées. Depuis août 1924, elle a noté, de plus, des crises douloureuses abdominales siégeant dans le flanc droit, accompagnées de sensations de contractions intestinales, terminées par des émissions de gaz. La terminaison des crises est brusque. La constipation est habituelle, sans melæna constatable macroscopiquement. Il existe de l’anorexie sans dégoût électif. La malade a maïgri de 10 kgs en 10 mois et présente un teint légèrement subictérique.
L'examen de l’abdomen permet de constater dans la fosse iliaque droite une tumeur du volume du poing, régulière, plus mobile verticalement que transversalement. L'examen des autres organes abdominaux ne montre aucune trace de métastase. Pas d’ascite.
La radiographie, par lavement, permet de constater le défaut de remplissage de la partie moyenne du côlon ascendant entre un cæcum et un transverse normalement injectés.
Examens de laboratoire.
Azotémie : 0,30 0/00.
Ni sucre, ni albumine dans les urines.
Première opération le 13 juin 1925. — Iléo-transversostomie avec exclusion unilatérale, par M. le Dr Charrier.
Anesthésie rachidienne.
Laparotomie latérale droite oblique, permettant de constater une tumeur du volume d’un petit poing, occupant la partie supérieure du côlon droit et l’angle droit.
Après écrasement, on sectionne l’iléon à 15 cm. du cæcum. On ferme les deux bouts par une double suture à la soie. Le bout proximal de l'iléon,