Amputation du sein gauche pour carcinome. Gué
rison.
Madame E., 49 ans, opérée le 12 décembre 1896. Mal réglée depuis trois ans ; apparition de la tumeur depuis un an environ. Celle-ci, de médiocre volume, siège en bas et en dedans, au voisinage du bord du sternum et des cartilages costaux. Elle fait corps avec les téguments, mais se prolonge dans la mamelle.
Ablation large, portion du grand pectoral, périchondre et périoste costal compris. Extraction de deux petits ganglions axillaires, et curage complet. La plaie est suturée, sauf la
partie interne. J'y place trois points de suture à distance. Drains axillaires. Suites normales.
Il persiste pendant plusieurs mois une assez grande raideur de la cicatrice et de la gêne des mouvements du bras.
Récidive limitée dans la cicatrice, un peu plus de deux ans après. Deuxième opération le 29 avril 1899. Ablation large, plaie de 0m, 10 de longueur, elliptique. Réunion immédiate.
il janvier 1900. Un peu de névralgie de la cicatrice, une côte un peu saillante au-dessus; circonstances suspectes.
1er octobre 1900. En pleine récidive. Gonflement œdémateux dur des tissus de la cicatrice. Deux plaques fermes menacées d'ulcération, sternum envahi. Morte le 17 décembre 1900 (notes personnelles).
Survie totale de 4 ans.
45. Amputation totale du sein gauche pour noyau carcinomateux interne et supérieur. Guérison.
Madame J., 59 ans, opérée le 6 janvier 1897, avec le D1 Legros. Ménopause à 52 ans. Petite tumeur dure, périphérique, grosse comme l'extrémité d'un doigt, située à la partie interne et supérieure du sein, sans la moindre adhérence à la peau, rattachée à la glande mammaire. Pas de ganglions perceptibles. Début apparent il y a trois mois. Ablation large, y compris les fibres superficielles du grand pectoral, curage complet de l'aisselle ; pas de ganglions dégénérés. Eu égard à l'âge de la malade, j'avais diagnostiqué une tumeur maligne au début. Examen anatomique confirmatif du diagnostic. Suture, drainage axillaire ; réunion immédiate. Excellent état maintenu jusqu'à ce jour (lettre du Dr Legros).
Survie sans récidive de 4 ans et 6 mois.