RÉSUMÉ. — COMPARAISON AVEC D'AUTRES STATISTIQUES
J'ai opéré en ville, ainsi que je l'ai dit plus haut, 57 malades, chiffre qui ne représente qu'une fraction du nombre total de cas sur lesquels j'ai eu à donner mon avis. La mortalité a été nulle. D'ailleurs,
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parmi toutes mes opérées de l'hôpital, qui sont nombreuses, depuis près de trente ans, je n'en ai vu mourir que deux : l'une, en 1877, a succombé en huit jours à une septicémie aiguë, l'autre, âgée de 74 ans, vers 1885, au shock traumatique en quelques heures.
Après élimination de 4 opérées, pour des raisons diverses, il est resté 53 cas qui se partagent en : opérées mortes : 36, soit 67,92 0/0; opérées survivantes : 17, soit 32,07 0/0.
Pour l'ensemble de ces 53 cas, la moyenne de la survie, à partir de la première opération, a été de
4 ans 4 mois 15 jours. Pour 26 (49,05 0/0), la survie a dépassé 3 ans. Pour 19, elle a dépassé 3 ans sans récidive ni généralisation.
Pour les 36 opérées mortes, la moyenne de la survie a été de 3 ans 6 mois 15 jours. Pour 16 (44,44 0/0), la survie a dépassé 3 ans. Pour 5, elle a dépassé 3 ans sans récidive ni g-énéralisation.
Les causes de la mort ont été :
Maladies intercurrentes sauf réserve pour un cas: 5. Pour ces 5 opérées, la moyenne de la survie a été de
5 ans 4 mois 14 jours.
Récidives locales après une ou plusieurs opérations : 13 (36,11 0/0).
Piécidives locales et généralisations simultanées ; 12 (33,33 0/0).
Métastases ou généralisations sans récidive locale: 6 (16,66 0/0).
La durée des intervalles entre les interventions et les récidives s'est montrée ordinairement d'autant plus grande que le mal devait être moins redoutable. Pour les 1 7 opérées survivantes, la moyenne de survie est de 6 ans 1 mois 27 jours, soit 6 ans 2 mois. Pour 10 d'entre elles (58,82 0/0), la survie a déjà dépassé 3 ans; elle atteint en moyenne 9 ans 5 mois. Sur ces 17 opérées, 3 ont eu des récidives et subi plus d'une opération. L'une d'elles, réopérée 3 ans après la première opération, a joui, depuis celle-ci, d'une survie de plus de 13 ans, et depuis la seconde, d'une survie de plus de 10 ans.
Les conditions dans lesquelles toutes, sauf deux, ont été opérées, permettent d'espérer pour elles une longue prolongation du bon état actuel.
Pour l'ensemble des 53 cas, sans distinction des époques où les opérations ont été pratiquées , le nombre des récidives locales a été de 28, soit 52,83 0/0 ; sur ces 28 opérées, 3 sont vivantes et restées g'uéries depuis la dernière opération, qui date, pour l'une, de 2 mois et demi, pour la seconde, de 18 mois et demi, et pour la troisième, de plus de 10 ans.
Voyons maintenant ce que donnent les autres statistiques, et spécialement celles qui ont été publiées
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récemment. Je me reporterai pour cette comparaison aux chiffres et aux conclusions commentés par M. Cestan, et, comme mes cas ne sont pas très nombreux, je les ferai entrer tous en ligne de compte, sans établir de catégories suivant les dates des interventions.
La reproduction, à la page suivante, des deux tableaux de M. Cestan permettra de mieux saisir la portée de mes réflexions.
Antérieurement à l'emploi des procédés récents d'extirpation des cancers du sein, la moyenne admise pour les récidives locales était de 66,8 0/0 (statistiques de Gross). La moyenne pour mes 53 cas échelonnés, je dois le rappeler ici, sur une période de 22 ans, est de 52,83 0/0. Ce chiffre est notablement supérieur aux 38,2 0/0 de Banks, aux 23 0/0 de Butlin, aux 20 0/0 de Rotter et surtout aux 10,4 0/0 de Halsted. Seulement ils sont tous établis sur des groupes privilégiés d'opérées ayant atteint oit dépassé 3 ans de survie sans récidive. Les 26,2 0/0 de Halsted calculés sur tous ses cas ont une signification plus exacte. Le perfectionnement de l'acte opératoire semble donc avoir déjà produit des fruits ; mais il y a un fait digne d'attention qui ressort des tableaux de M. Cestan, c'est que, en même temps que le nombre des récidives locales diminue, celui des morts sans récidive locale, par métastase ou généralisation, augmente.
1. AMPUTATIONS AVEC CURAGE AXILLAIRE, SANS ABLATION SYSTÉMATIQUE DES PECTORAUX
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