‹ Le cancer [electronic resource]Chapitre 24 sur 56 · KTI0L0GIK DU CANCER · texte numérisé non relu

KTI0L0GIK DU CANCER

liales de La maladie de Page t, comme des pso rospermies.

La thèse de Wickham sur lamaladiede Paget résume aussi clairement que possible les idées régnantes: les cellules malpighiennes des environs du mamelon entrent en prolifération active, dans la maladie de Paget. Darier figure, dans ces cellules, des corpuscules arrondis, pourvus d'une capsule et d'un protoplasma très granuleux, qui peut se trouver dénué de noyaux. W ickham distingue dans la maladie de Paget trois stades : épaississement de la peau, ulcération et transformation carcinomateuse. Le cancer du sein consécutif à la maladie de Paget serait donc, d'après Wickham, provoqué par des sporozoaires,et,en procédant par analogie, il admet également pour les autres cancers une pathogénie semblable, d'autant plus que des corpuscules identiques à ceux décrits dans La maladie de Paget ont été signalés dans les épithéliomes d'autres organes. Ces résultats furent confirmés par Sjobring, Russel et quelques autres anatomopathologistes.

La méthode de coloration de Russel (fuchsine) permit à Steinhaus d'émettre des doutes sur la aature de ces corpuscules; pour cet auteur, il s'agirait plutôt de fragments nucléolaires : Klien,

THÉORIES PARASITAIRES

imbu des idées d'AUmann sur le rôle des granulations protoplasmiques dans la vie et les échanges cellulaires, a entrepris de démontrer que les corpuscules de Russel sont des dérivés des granula adipogènes d'Altmann. Ce ne seraient donc pas des microorganismes, d'autant plus qu'on les rencontre aussi bien dans le carcinome que dans les tubercules et dans les atrophies iullammatoires.

Ce travail marque le commencement d'une série de recherches, tendant à prouver que les corpuscules de Darier et de Russel, ne sont que des aspects variés de la cellule épi théliale. Pilliet identifie ces figures cellulaires aux corpuscules de Hassal qu'on rencontre dans le thymus en dégénération, et dans les cellules épitbéliales du gland du nouveau-né ; il s'oppose à toute interprétation parasitaire, en leur donnant la signification de dégénérescences cellulaires. Klebs, de son côté, engage à attendre une démonstration plus convaincante de la nature parasitaire des corpuscules en litige, que Ribbert considère comme des cellules épitbéliales modifiées.

Le mémoire de Soudakewitch, paru quelques temps après, n'a pas apporté de résultats péremploires, et, malgré l'autorité de Metchnikoff,

Critzman — Le Cancer r

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Fabre>DoinerguG n'hésita pas, tout en reconnaissant la parfaite exactitude des observations en question, à considérer les figures données par Soudakevvitch, non pas comme des coccidies, mais comme des cellules épithéliales modi liées ; « entre les inclusions coccidiformes et (a cellule cancéreuse typique, dit cet auteur, il existe tous les termes possibles de transition, qui ne permettent point d'isoler les premières et de les rattacher à une forme parasitaire quelconque ».

Ainsi, le parasite du cancer, le microbe du cancer n'est pas encore trouvé. Les descriptions si contradictoires des auteurs, l'impossibilité d'isoler l'agent en question, le fait surtout que des modifications cellulaires ont pu être prises pour des parasites, même par des esprits non prévenus, n'est pas sans inspirer des doutes profonds sur la nature parasitaire du cancer, c'eslà-dire sur l'envahissement organique d'un être vivant, par un autre être venu de l'extérieur.

Sans doute, il n'y a rien de plus satisfaisant pour l'esprit qu'une explication immédiate, tangible, et ridée de la nature microbienne du cancer, en portant la lumière sur une affection qui épouvante l'humanité entière, devait fatalement susciter des travaux destinés à mettre en

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évidence l'agent pathogène. Or, ces travaux ont échoué. Echoueront-ils toujours? La réponse nous semble difficile, mais tout ce que nous connaissons des infections, comme sources extérieures de maladie, nous permet de douter, à cet égard, de l'efficacité des recherches modernes.

Cellule épithéliale. — Virchow, il est vrai, ne pense pas qu'on puisse repousser purement et simplement la possibilité d'un bacille cancéreux ; mais il ne le croit pas indispensable à la compréhension du cancer. Les cellules animales et humaines possèdent, en effet, aussi bien que les bactéries, l'aptitude d'influencer les mutations chimiques des éléments et de sécréter des toxines actives. On ne saurait contesterai cellules cancéreuses, qui ont tous ou presque tous les caractères des cellules glandulaires, cette aplilude à jouer le rôle de microbe pathogène, L'infectiosité du cancer le prouve manifestement : les tumeurs épithéliales se propagent par continuité et par contiguïté; elles forment des métastases k travers les voies sanguines ou lymphatiques, aussi bien que les autres sortes d'infections les mieux caractérisées. Enfin, certains auteurs vont jusqu'à les considérer comme contagieuses, étant inoculables. Cette dernière question de la conta-

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giosilédu cancer doit nous arrêler ici quelque temps.

La greffe cancéreuse a été netlement mise en évidence par Virchow.

A l'occasion d'un cancer de l'estomac, on peut rencontrer une éruption carcinomateuse du péritoine, dans les culs-de-sac les plus déclives, en des poinls où les cellules cancéreuses, glissant sur les parois lisses de la cavité abdominale, ont une tendance naturelle à se collecter. Mais, si, dans ce cas, les voies lymphatiques peuvent être incriminées, il n'en est pins de même des propagations à distance du processus cancéreux.

En faisant l'autopsie d'un épithèliome pavimenteux de la muqueuse linguale, Klebs trouva, au niveau de la muqueuse de l'estomac (dont les épitnéliômes primitifs sont cylindriques), un épithèliome pavimenteux absolument identique à celui de la bouche. Dans un autre cas, Beck a vu un Cancer de l'œsophage perforer la trachée et déterminer, dans les lobes inférieures des deux poumons, l'apparition d'un épithèliome pavimenteux. N'est-ce pas la cellule épithéliale pavimenteuse qui, dans ces deux cas, a joué le rôle d'agent pathogène, de même que le bacille de Koch dans la tuberculose ?

CELLULE ÉPITHÉlIALE

Un èpitkéliome cylindrique, lorsqu'il se propage à une muqueuse à épithélium pavimenteux donne-t-il naissance à un èpithéiiome pavimenteuœï Nullement. Kraske a publié une observation remarquable, à ce point de vue : clic concerne un épithétiome cylindrique de la partie supérieure du rectum, qui provoqua à une dislance de 10 centimètres, au milieu de la muqueuse anale, tapissée de cellules aplaties et totalement dépourvue de glandes, deux noyaux de carcinome alvéolaire à cellules cylindriques type.

Ne s'agit-il pas ici, de même que dans les observations citées plus baut, d'une véritable implantation? La cellule cancéreuse, tombant de la bouche dans l'estomac ou de l'œsophage dans le poumon, s'implante dans ces organes, s'y multiplie à l'excès comme dans un milieu de culture extrêmement favorable à sa pullulalion et détermine, par l'accumulation des cellules pavimenleuses, une lésion nécrosique subinflammatoiie des cellules épithéliales cylindriques envahies. Elle agit au milieu de ce tissu comme un véritable microorganisme pathogène. Il n'est • loue pas étonnant qu'on ait pu transplanter un cancer d'un sein à l'autre sur le même individu (Hahn, Cornil, Bergmann), ou d'un animal li l'autre (Nowinsky, Weha, Hanau).

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Les inoculations de Hanan, dont j'ai eu l'occasion d'examiner les préparations, sont fort remarquables. Or, Hanau, qui est peut-être lèpremier à avoir réussi une inoculation cancéreuse, se prononce contre la théorie bactérienne du cancer, en tant qu'infection d'origine extérieure. En faisant l'autopsie d'une ratle blanche, cet auteur à trouvé un carcinome vulvaire avec matastase; des inoculations furent faites, avec des fragments de ce cancer, dans le scrotum (suc péritonéal) de deux vieux rats. L'un de ceux-ci mourut un mois et demi après l'inoculation, et l'autopsie démontra une carcinose péritonéale, étendue surtout au grand épiploon ; le second fut sacrifié huit semaines après l'inoculation et l'on trouva deux noyaux cancéreux au niveau du gubernaculum Hunteri et de la queue de l'épididyme. Il s'agissait, dans ces deux cas, d'un épithéliome pavimenteux papillomateux, identique à la tumeur inoculée.

Os cas, et bien d'autres encore, prouvent que le cancer est inoculable d'animal à animal ; mais Hanau n'admet pas que cette transmissibilité soit due à des microbes venus de l'extérieur. Cette sorte de greffe cancéreuse est essentiellement provoquée par les cellules morbides : d'ailleurs, la viabilité exagérée de la cellule eau-

CELLULE ÉPITHKLIALE 1 1 9

céreuse m concorde nullement avec la présence d'un parasite dans son intimité. Le parasitisme ne peut se comprendre, dans ces conditions, qu'en considérant la cellule cancéreuse elle-même comme l'agent parasitaire.

Le chirurgien français qui, chez une carcinomateuse, inocula pendant la narcose, un fragment de cancer du sein dans le sein opposé, ne lit que ce que le cancer fait lui-même : une métastase.

Tant qu'il s'agit d'animaux de même espèce, les inoculations cancéreuses semblent réussir, et le succès a été démontré dans cerlains cas. Il n'en est plus de même lorsqu'on veut prouver la transmissibilité du cancer en opérant son passage de l'homme aux animaux; depuis l'injection de suc cancéreux humain aux chiens, pratiquée par Peyrilhe en 1774» jusqu'aux dernières expériences de Duplay et Cazin, ou de Geissler en 1893, les résultats ont toujours été nuls. Actuellement, il est impossible de reproduire le cancer humain en l'inoculant aux animaux. On a pourtant tout mis en œuvre : des fragments frais et des fragmenta utilisés seulement quelque temps après l'ablation, conformément à la théorie do Metchnikoff, supposant que les parasites du cancer produisent peut-être des spores en dehors de

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l'organisme, ont été inoculés aux animaux et n'ont fait que démontrer à nouveau l'inanité de ces expériences.

Mais, ce fait que le cancer de l'homme n'est pas inoculable aux animaux de nos laboratoires, ne saurait infirmer l'infectiosilé réelle du cancer; car la théorie de l'immunité ou de la nonréceptivité de certains animaux pour des maladies à microbes bien caractérisés pourrait, à la rigueur, servir d'explication à ces faits négatifs : la fièvre typhoïde, par exemple, n'a pas encore trouvé son réactif animal type.

D'autre part, la transmissibilité démontrée du cancer, d'un animal à un autre de la même espèce, ne saurait non plu? impliquer sa nature bactérienne.

Les greffes épithéliales de Paul Bert, les transplantations épithéliales de Reverdi n ne sont pas moins merveilleuses que les greffes épithéliales cancéreuses; toutes ces greffes démontrent que des cellules vivantes, transportées sur un organisme identique ou semblable à celui dont elles proviennent, peuvent vivre et proliférer, mais elles ne sauraient prouver la nature microbienne du cancer.

De fait, la cellule épithéliale, caractéristique du cancer, en est également la cause; effectuant

CELLULE ÉP1THÉLIALH 1^1

sa division autrement que les cellules épithéliales normales, la cellule cancéreuse est une cellule épithéliale tératologique dont la prolifération donne naissanceà un tissu épithélial monstrueux, pouvant se greffer par apposition et par généralisation.

Elle garde parle-ut ses caractères primitifs, immuables; envahissant les ganglions lymphatiques, la cellule cancéreuse se multiplie alors que le tissu ganglionnaire proprement dit ne présente ni divisions cellulaires, ni formes de transition entre les cellules lymphatiques et les cellules cancéreuses.

Un cancer vient-il à se développer à la surface de la peau, on trouve, au niveau du point atteint, des formes de transition ininterrompues entre la cellule épithéliale normale et la cellule cancéreuse ; au contraire, lorsque le cancer se développe dans la profondeur de la peau, en envahissant la surface, il se coiiïe de l'épilhélium qu'il rencontre et le détruit mécaniquement ou chimiquement, sans qu'à aucun moment, ces cellules superficielles, pourtant de même nature que les cellules cancéreuses, mais indépendantes du cancer végétant, n'entrent en prolifération carcinomateuse, comme cela devrait être si le cancer avait pour cause un parasite microbien*

KTIOLOOIR OU CANCKK

Les métastases cancéreuses sont d'une structure toujours identique à la tumeur à laquelle elles doivent l'existence : un épithéliome de l'estomac, en se propageant au foie, y forme une sorle de seconde tumeur gastrique et Les cellules hépatiques semblent absolument indifférentes au processus carcinomateux; leur destruction n'est qu'inflammatoire ou mécanique. D'autre pari, Raymond et Hauser insistent sur celte observation déjà connue, que toutes les fois qu'un cancer siège sur un point limitrophe entre deux épithéliums différents (cardia ou anus), il est toujours constitué par une seule sorle d'épithélium, alors même qu'il envahit le second territoire épithélial.

L'apparition simultanée de plusieurs cancers primitifs, dans un certain nombres d'organes, ne saurait être invoquée non plus en faveur de la théorie microbienne; dans ces cas, d'ailleurs rares, il serait très difficile de faire la part de l'implantation ou de l'infection cancéreuse.

Il existe, en outre, des différences histologiques très nettes entre les affections bactériennes et le processus cancéreux : lorsqu'il s'agit d'un microbe, le foyer infectieux primitif, de même que les foyers secondaires, se caractérise surtout par des proliférations des éléments beaux qui

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