‹ Le cancer [electronic resource]Chapitre 25 sur 56 · CELLULE KP1THKL1 ALE · texte numérisé non relu

CELLULE KP1THKL1 ALE

entourent immédiatement 1»' parasite; an contraire, dans le cas de cancer, nous ne saurions trop le répéter, les cellules d'un territoire envahi par les éléments carcinornateux ne subissent que fort tardivement et d'une manière exclusivement mécanique des lésions inflammatoires, absolument distinctes des phénomènes de reproduction intensive qui se passent dans la cellule cancéreuse.

La différence tient à ce que cette cellule cancéreuse n'héberge pas un microbe venu de l'extérieur, mais constitue elle-même l'agent infectieux qui enflamme et détruit les cellules normales des tissus envahis. Dans le premier cas, en effet, le foyer morbide ne contient que des cellules victimées par le microbe qui les enflamme; dans le second, au contraire, le foyer néoplasique présente, à la fois ou successivement : i° des cellules infectantes, jouant le rôle d'agresseur (cellules cancéreuses), et 2° d'autres cellules victimées (éléments fixes du tissu envahi) dont les altérations traduisent la réaction inflammatoire.

Les tumeurs, certes, peuvent contenir des microorganismes (Verneuil) ; mais ceux-ci y ont pénétré incidemment, la tumeur une fois réalisée et ne peuvent que contribuer à modifier la con-

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sistance du néoplasme en sollicitant, par leur propre vie, des échanges nutritifs qui finissent, soit par détruire la néoplasie, soit par précipiter sa marche e( son dénouement*

Prolifération locale excessive. — Cohnheim suppose aux tumeurs en général une origine congénitale. Pour les tératomes et surtout les kystes dermoïdes, cette hypothèse a reçu sa démonstration ; pour d'autres tumeurs et le cancer en particulier, leur production s'expliquerait, d'après Cohnheim, de la manière suivante:

A un stade i ni liai du développement embryonnaire, il se produirait dans uni' des parties de ,V ébauche fœtale plus de cellules qu'il nen est nécessaire pour la construction de La partie en question; ces cellules en excès sommeilleraient, jusqu'à un moment donné, pour se développer ;i lors avec toute l'intensité de leur nature embrvonnaire, sous l'influence d'une cause banale qui se manifeste, quelles que soient d'ailleurs sa nature et sa forme, par un phénomène circulatoire (hyperhémie ou anémie).

Les expériences de Léopold semblenl donner

raison à cette conception, puisque des fragments de tissus d'un fœtus, excisés pendant la vie intra-utérine, et introduits dans l'organisme d'un animal adulte similaire, ne continuent pas seulement à y vivre, mais s'y multiplient avec une activité surprenante.

L'origine congénitale du cancer expliquerait suffisamment V hérédité de cette tumeur. A cet égard, les statistiques, tout en n'ayant pas une valeur absolue, sont pourtant 1res concluantes.

Il est indubitable que des parents cancéreux peuvent transmettre, par hérédité, le cancer à leurs enfants et les statistiques qui ont semblé infirmer ce résultat ne supportent point un examen approfondi : tel fils succombe à un cancer, alors que le père, mort d'une maladie inflammatoire ou infectieuse, n'a pas pu arrivera Vâge du cancer; voilà Tune des causes d'erreur les plus communes de ces statistiques, qui ne sauraient être utilisées, pour bien d'autres raisons encore. Ce qu'il importe de connaître, c'est 17mtoire d'une famille à cancer et non pas une simple collection de cas disséminés dans la liltérature médicale et signalés au hasard des détails intéressant le médecin qui les observait.

Bullin, qui a essayé de reconstituer l'histoire

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familiale du cancer du sein, est arrivé à la conclusion que l'hérédité s'y rencontre dans la proportion de 1 à 3. L'hérédité s'observe surtout dans les organes qui présentent une affinitéspéciale pour le cancer.

Cette hérédité du cancer, qui se retrouve, toutes les fois qu'on suit le développement pathologique d'une famille, peut sauter une ou deux générations pour se manifester dans nue troisième. Aussi bien pour le cancer, que pour la polydactilie, par exemple, l'hérédité peut être atavique et procéder par saut. Ce fait signifie que, jusqu'à preuve contraire, le cancer également ne saurait être considéré comme une lésion acquise; or, les lésions pathologiques acquises pendant la vie individuelle, ne sont pas héréditaires.

Quant aux maladies infectieuses bactériennes, sauf la syphilis, elles ne le sont presque jamais héréditaires. La tuberculose, le charbon, ne se transmettent pour ainsi dire jamais de la mère à l'enfant pendant la vie intra-utérine. Ce qu'on désignait jadis sous le nom de tuberculose héréditaire, n'est généralement que l'effet de la conta-ion : l'enfant est contaminé par le parent tuberculeux, surtout par la mère, avec laquelle il se trouve en contact incessant.

Exceptionnellement, il est vrai, l'œuf peut

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être contaminé, aomme dans la pébrine, celte maladie héréditaire des vers à soie ; mais c'est jusqu'à présent la seule infection dont le microbe ait été vu dans l'œuf môme. En général, la lésion n'est donc pas, directement et sous sa forme primordiale, transmise par hérédité; s'il en était autrement, des lésions artificielles, connue l'amputation du prépuce chez Les juifs et les musulmans, devraient, à force d'être répétées, depuis tant de siècles, devenir absolument héréditaires : il n'en est rien, et les enfants juifs ou musulmans continuent à venir au monde pourvus de leur prépuce.

L'hérédité de certaines épilepsies expérimentales (Brown-Séquard) ne saurait être invoquée comme un argument en faveur de la transmission héréditaire des lésions acquises. La modification nerveuse, déterminée chez le lupin par la section du nerf sciatique, par exemple, frappe toute la substance organique; ce lapin transmettra son épilepsie, mais ne transmettra pas une mutilation du système nerveux.

Ce qui se comprend, c'est que les lésions acquises modifient la physiologie générale de la nutrition et que cette modification peut avoir un retentissement sur la nutrition des cellules germinatives. Or, la transmission d'un caractère

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