‹ Le cancer [electronic resource]Chapitre 27 sur 56 · ÏW KT10L0G1B DU CANCER · texte numérisé non relu

ÏW KT10L0G1B DU CANCER

soustraire l'individu au cancer qu'il porto dans % son économie.

L'hérédité essentielle du cancer concorde; également avec la coïncidence, ou mieux avec l'alternance entre les grossesses gémellaires et le cancer, que j'ai observée, pour ma part, plusieurs fois. A cet égard, le tableau de la p. i3i est très concluant et démontre, non seulement l'hérédité essentielle du cancer, mais encore son alternance avec la mise au monde d'enfants jumeaux.

Une mère succombe à un cancer du sein, après avoir mis au monde deux jumeaux A et une fille B, qui meurt d'une tuberculose pulmonaire. Les jumeaux succombent tous deux à une affection non cancéreuse, l'un met au monde une fille A' qui esl frappée d'un cancer du sein et dont l'enfant A" est à son tour atteinte de cancer à l'estomac. Cette dernière, engendre une fille E qui meurt de cancer de l'estomac et deux jumelles C,D, actuellement âgées et bien portantes ; une de ces jumelles a mis au monde trois enfants, dont une fille G morte d'un cancer de l'ovaire; la seconde jumelle D n'a pas eu d'enfants. Quanta la troisième fille E, elle esi morte d'un cancer de l'estomac, après avoir donné le jour à un fils E' qui a succombé à un cancer du

HIKOmFS KxMHK YOLOfilQURS

Aïeule morte de cancer du sein

Jumeaux : fille B garçon A, fille A morte de tubercul. pulm.

fille A'

cancer du sein

fille A" cancer de l'estomac

deux filles jumelles fille E fille C li lie D cancer de l'estomac

deux jumelles deux jumeaux

KTIOLOGIE DU CANCER

testicule et à une fille F, qui vit actuellement et qui a mis au monde deux paires de jumeaux très bien portants.

^ Le Docteur Letulle(1) nous a également conûé l'histoire cancéreuse d'une famille, rappelant, à quelques détails près, le tableau que nous venons de tracer.

Ces observations prouvent :

i° que le cancer est héréditaire ;

2° que cette hérédité est esstnlielle et non pas purement prédisposante;

3° qu'il y a une alternance remarquable entre la tumeur cancéreuse et les grossesses gémellaires ;

4° que les jumeaux, tout en faisant partie d'une famille régulièrement cancéreuse, ne sont pas atteints de cancer.

Donc une mère cancéreuse peut engendrer, soit des jumeaux, qui ne meurent pas cancéreux, soit des enfants non jumeaux qui sont très exposés à être frappés, un jour ou l'autre, d'un néoplasme cancéreux.

Nous savons d'autre part, que la gémellité est héréditaire, et cette alternance entre la gémellité

(*) Communication verbale.

THÉOHIES EMBRYOLOGIQUES \66

et la carciaose, peut servir de base à une hypothèse plausible sur la production du cancer :

Des deux ovules qui tombent de l'ovaire, un seul est fécondé. L'autre, non imprégné de la cellule mâle, entre pourtant en segmentation et se perd dans l'ovule fécondé qui s'est transformé en embryon. Cette possibilité, pour un œuf non fécondé, d'entrer en segmentation, a été absolument prouvée par Mathias Duval. Entre autres preuves, le savant professeur cite le cas de Hensen qui a observé un grand nombre d'ovules accumulés, chez une lapine, dans un oviducte dont la lumière était oblitéré dans son trajet ; ces ovules se présentaient à toutes les phases successives de la segmentation puis de la dégénérescence granulo-graisseuse, postérieure à la segmentation. Morel, de son côté, en examinant des vésicules de Graaf hypertrophiées, chez des femmes mortes de péritonite puerpérale, a rencontré plusieurs ovules mesurant un dixième à un septième de millimètre, dans lesquels la segmentation était aussi nettement dessinée que dans les œufs fécondés.

L'espace nous manque ici pour exposer toutes les preuves que nous avons eues sous les yeux, et qui permettent de considérer comme absolument avéré que la formation du blastoderme peut se

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faire en dehors de toute fécondation ; mais celle formation s'arrête, en l'absence de la fécondalion, aux phases préliminaires du développement emb ryo n n ai re . Ces cel lu les blastode n n iques non fécondées sont des éléments embryonnaires extrêmement vivaces, qui peuvent se trouver englobés dans l'ovule fécondé pendant une des phases de son développement normal ; elles y rencontrent le milieu nécessaire, non pas à leur multiplication actuelle (étant donné que l'incitation mâle leur manque), mais à leur viabilité, et ellts y reçoivent des matériaux nutritifs de l'organisme maternel, par l'intermédiaire du fœtus en formation. Ces éléments ne sont pas individualisés, l'individualisation élantune conséquence directe de la fusion du noyau mâle avec le noyau femelle (Fol) ; l'état cpithélioïde, non différencié et propre aux cellules des feuillets périphériques du blastoderme au début, persiste indéfiniment, jusqu'au jour, où, conformément aux considérations développées dans le Chapitre de l'Histogénèse, ces germes inclus se mettent à proliférer dans un sens univoque, qui aboutit régulièrement à la formation de cellules épithéiial.

Dans cette acception, le cancer est donc le frère de l'individu qui le porte; en un mot, il

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