CAUSES DÉTERMINANTES
La théorie de Cohnheim, constituant un système étiologique incomplètement développé et la théorie microbienne s'étant trouvée dès le début fortement ébranlée, on s'est rejeté, à maintes reprises, pour expliquer la genèse du cancer, sur diverses causes déterminantes auxquelles on a voulu successivement attribuer le rôle de causes efficientes.
Irritation. - - Parmi ces causes générales, qui servent trop souvent de sauvegarde à L'insuffisance actuelle de nos connaissances, les causes inflammatoires n'ont pas manqué de fournir la base de théories pathogéniques du cancer. Dans cet ordre d'idées, le cancer n'est plus un produit dont la fatalité est commandée par des lois embryologiques, mais une production inflammatoire, naissant sous l'influence d'irrilations variables, importantes par leur répétition prolongée plutôt que par leur intensité. Pour soutenir celte hypothèse, Schuschard s'est appuyé sur deux arguments princi-
ÉTIOLOGIE du cancer
paux, concernant le cancer des fumeurs et le cancer des ramoneurs, ou celui des ouvriers en .paraffine.
Le cancer du fumeur est connu. 11 s'agit d'un épilhéliome, siégeant presque toujours sur la lèvre inférieure et dont la production serait due, d'après les anciens chirurgiens, à la persistance d'une cause irritative : la pipe à tuyau court.
La néoplasie est précédée, dans la plupart des cas, de psoriasis buccal ; c'est un épilhéliome pavimenteux siégeant sur un derme infiltré et dur. L'inflammation concomitante du cancer est due à l'ulcération de celui-ci et à son infection par des microorganismes préexistants, en grand nombre, au niveau des lèvres et du vestibule de la bouche ; la vascularisation excessive de cette tumeur est également produite par l'inflammation secondaire de l'épithéliome, qui, dans ces conditions favorables aux infections, arrive très souvent à se sphacéler et à suppurer abondamment.
.Mais la théorie palhogénique tirée de celt-j forme d'épithéliome n'est pas soutenable. D'abord, étant donné le très grand nombre de fumeurs, ce cancer devrait être extrêmement fréquent; or, il est relativement rare. D'autre part, des individus n'ayant jamais fumé sont