‹ Le cancer [electronic resource]Chapitre 29 sur 56 · IRRITATION · texte numérisé non relu

IRRITATION

assez eotnmunément atteints de ce qu'on a l'habitude d'appeler le cancer des fumeurs ; au point de vue histologique, il n'y a aucune différence entre ce cancroïde des lèvres elles autres épithéliomes pavimenteux développés sur tout autre point de la peau ; tout ce qui est phénomène inflammatoire est post-épithéliomateux.

Il en est de même du cancer des ramoneurs ou des ouvriers en paraffine. Volkmann reconnaît, lui-même, qu'il ne suffit pas d'être ramoneur ou ouvrier en goudron pour être menacé du cancer scrotal ; il faut pour cela, que les individus, occupés à ces sortes de travaux, présentent une disposition personnelle au cancer.

L'objection basée sur la structure histologique s'appliquerait également aux épithéliomes séborrhéiques qu'on rencontre chez les vieillards.

11 n'y a guère d'organes susceptibles d'être irrités par des causes traumatiques, où l'on n'ait vu un cancer se développer sous l'influence d'irritations successives. On a vu apparaître le cancer clans la vessie après des cystites, dans le foie et les reins à la suite d'irritations dues à des productions ca'culeuses, dans la mamelle à la suite de chocs réitérés, etc., etc. Mais tous ces faits prouvent simplement que des irritations réitérées d'un organe ou d'un tissu, en modifiant, l'état

ICTIOLOGIE DU CANCER

vasculaire et par conséquent La nutrition de ces parties, permettent au germe cellulaire inclus de se développer librement, n'étant plus entravé par la résistance du tissu qui le contient.

L'élément fondamental du cancer est, sans conteste, la cellule épilhéliale. Tout ce qui n'a sur elle que d une façon indirecte et occasionnelle ne peut exercer que l'influence d'une cause déterminante.

Les mêmes considérations s'appliquent aux cancers des cicatrices ; quant à la transformation carcinomateuse de tumeurs bénignes (bistologiquement différentes du carcinome, tel que nous le comprenons), nous ne la croyons guère possible, à moins qu'elles portent dans leur intimité le germe cpithélial, dont la prolifération anarchique est nécessaire pour engendrer le carcinome.

Syphilis. — Les coïncidences fréquentes des lésions syphilitiques avec des proliférations cancéreuses ont depuis longtemps frappé les observateurs ; mais, jusqu'à présent, rien n'autorise à v voir autre chose qu'une simple coïncidence. Cependant Von Esmarch, ne pouvant accepter ni la théorie de Colinlieim. ni la théorie bâcle-

rienne, parait porté à établir un tien de causalité entre la syphilis el les tumeurs eu général : il pense, qu'étant donné l'extrême diffusion de la vérole, celle-ci pourrait engendrer une tendance héréditaire aux proliférations élémentaires, et notamment à celles des éléments conjonctifs ; une pareille pathogénie lui semble admissible pour les sarcomes ; mais il ne saurait faire trop de réserve en ce qui concerne le carcinome.

Le travail de Von Esmarch a au moins le mérite de poser les facteurs d'un nouveau problème. Il contribue, en outre, à dissiper la doctrine de V antagonisme pathologique des diaihèses.

D'après celle-ci, si la syphilis peut coexister avec une lésion cancéreuse, il y aurait, en revanche, antagonisme absolu entre la carcinose et la tuberculose. Ci lté hypothèse, soutenue par Rokitansky, tombe devant les faits, de jour en jour plus nombreux, de carcinomes développes sur des lupus en pleine efflorescence (Raymond) et sur des cicatrices de lupus éteint (Bayba). Waldeyer, qui insiste spécialement sur la malignité du cancer frappant un lupus en plein développement, a montré que la néoplasie semble partie de l'épiderme interpapillaire el finit souvent par détruire le lupus.

ETlOLOGtE DU CANCER

Prédispositions morbides. — Mais la portée de ces observations, quelqu'intéressantes qu'elles soient, ne dépasse guère le cadre clinique du cancer, dont l'évolution peut être favorisée par des lésions inflammatoires chroniques du tissu conjonctif. La question esl de savoir pourquoi, dans le nombre infini d'individus subissant des traumatismes réitérés ou des inflammations chroniques, quelques-uns seulement, sous l'influencé des mêmes causes, deviennent cancéreux.

La réponse a été fournie par l'étude des préci isp o si I ions morbid e s .

Les causes prédisposantes, effectivement, ont joué et joueront toujours un grand rùle en médecine : décelées généralement par l'observation clinique elles ont été démontrées pour les maladies infectieuses, aiguës ou chroniques ; les immunités absolues ou relatives, temporaires ou permanentes, peuvent également être rangées parmi les causes prédisposantes.

Mais, il est indispensable de distinguer entre la cause efficiente et les causes prédisposantes. La cause efficiente et unique; c'est l'agent pathogène pour les infections, c'est la cellule épithéliale pour le cancer ; les causes prédisposantes, au contraire, sont multiples et contingentes.

La recherche de ces diverses causes morbifî-

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