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ANATOMIE PATHOLOGIQUE DES ÉPITHÉLIOMES

Épithéliome pavimenteux lobulé . —

L'épilhéliome pavimenteux lobulé constitue le cancroïde des anciens auteurs. Il siège au niveau de la peau et des muqueuses à épil hélium pavimenteux et y forme des tumeurs verruqueuses, soit nodulaires, soitlobulées ou papillomateuses. Quelquefois la tumeur est simple, réduite à une induration de la peau, faisant à peine saillie. Ce

ÉPITHjSlIOME PAVIMSNTEUX LOBULE 27

sont, en général, des tumeurs dures, ne donnant pas de suc laiteux au raclage. Les boyaux épi- Ihéliaux, naissant de Ja couche muqueuse de Malpighi, s'enfoncent dans le derme; leur surface de section rappelle l'aspect d'une glande

Fig. I. — Canoroïde de la face. Épithéliome pavimcnlcux lobulô. (Quénu. Traité de Chirurgie).

alvéolaire et est recouverte d'une sorte de substance sébacée constituée par des cellules épil Inhales isolées ou réunies en bourgeons. Ces cellules sont polymorphes. Elles limitent souvent, au centre de l'alvéole, des petits amas sphériques, visibles à un faible grossissement et désignés

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sous le nom de globes épidermiqiies. Ces globes sont formés par des cellules cornées, disposées en bulbe d'oignon et présentant toutes les réactions de la couche cornée de l'épiderme. « Chaque lobule se compose de cellules qui reproduisent, de la périphérie au centre, l'évolution des cellules du corps muqueux de Malpighi : on trouvera donc, tout à fait à la périphérie, des cellules dentelées, puis la couche granuleuse, enfin la couche cornée, représentée par les globes épidermiques. La couche granuleuse est plus épaisse dans les épithéliomes que dans l'épiderme normal, les cellules renfermant des goutteletles d'éléidine plus volumineuses et plus nombreuses » (Quénu).

La néoformation épilhéliale peut envahir les glandes de la peau ou en provenir. Dans un cas comme dans l'autre, leur structure se modifie rapidement. : les cellules glandulaires perdent leur disposition régulière, la lumière de la glande se trouve oblitérée par des globes épidermiques ou, lorsque les cellules ne subissent pas de kératinisation, par des grosses cellules renflées et colloïdes. Ainsi se trouve constituée une rare variété d'épilhéliomc pavimenteux, Vépithéhome muqitcur.

ÉPITHÉLIOME PAVIMENTEUX TU B U L E

Épithéliome pavimenteux tubulé. —

Cette variété d'épi théliome pavimenteux répond aux épithéliomes des glandes sudoripares de Verneuil ; leur aspect est celui de glandes à culs-

Fi(j. 2. — Épithéliome tubulé de la poau (Toupet).

de-sac fortement allongés. Les cellules épithéliales sont disposées en cordons pleins, cylindriques, plus ou moins réguliers, plongeant dans un stroma conjonctif qui peut présenter différentes phases évolutives. Les alvéoles peuvent, en elTcl, être constituées soit par du tissu cou-

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jonctif embryonnaire, soit par du lissu conjonclif adulte, fibreux ou muqueux.

• Lorsque ces tumeurs siègent à la peau, elles ont une marche essentiellement lente. Au col de l'utérus, où il existe assez fréquemment, l'épi théliom'e tubulé forme de véritables tumeurs malignes, lesquelles, contrairement à l'épi théliome lobulé, se propagent très rapidement.

Épithéliome pavimenteux perlé. —L'épithéliome perlé est un épithéliome pavimenteux lobulé d'un aspect extrêmement sec. En raclant sa surface, on obtient des petites productions dures, visibles quelquefois à l'œil nu et auxquelles on donne le nom de perles. Celles-ci sont constituées par une série de lamelles épidermiques cornées, soudées entre elles et entourées d'une seule couche de cellules aplaties à noyaux atrophiés.

La nature néoplasique de ces produits morbides, a été récemment mise en doute. On les rencontre non-seulement sur la peau, mais dans .l'utérus, dans, la trompe, les ovaires, l'iris. M. Quénu, en résumant les détails éliologiques relatifs à l'épi théliome perlé, est enclin à le rejeter du cadre des épithéliomes pavimenteux,

BP1THÉLI0ME PÀVIMENTEUX PERLE .U

pour le classer parmi les néoformalions inllammatoires ; en effet, si la perle rappelle un globe épidermique, révolution et les caractères cliniques de lVpilliéliome perlé paraissent absolument différents de ceux de l'épithélioine lobulé. Ces différentes variétés d'épilhéliome peuvent coexister dans une môme lésion.

Pour mieux démontrer que le carcinome n'est qu'un des stades de l'évolution progressive de la cellule épilliéliale cancéreuse, nous n'aurons qu'à citer l'observation suivante, due àBrault et consignée dans son intéressant mémoire sur « l'origine non bactérienne du carcinome ».

Jl s'agissait d'un cancroïde du front ; dans sa partie superficielle, les globes épidermiques étaient nombreux ; dans la partie moyenne du derme, l'épilhéliome devenait tabulé ; dans la partie profonde, le derme élait creusé de cavilés, remplies de cellules épitbéliales et la tumeur prenait franchement l'aspect carcin ornai eux. L'examen réitéré de la tumeur permit à Brault d'établir la filiation de ces mélamorpboses et « d'affirmer que les alvéoles des parties profondes appartiennent bien au même épithéliome pavimenleux que celui de la surface ».

Quant à Vëpitkélfome calcifié, qui ne doit pas

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rentrer dans le cadre des cancers proprement dits, c'est une tumeur spéciale, décrite pour la première fois par Malherbe, de Nantes. Il présente la structure générale de l'épithéliome pavimenteux lobulé ou lubulé ; mais ses cellules sont, dès l'apparition de la tumeur, envahies en totalité ou en partie par la calcification.

Le stroma est fibreux, dense, peu vasculaire ; les cellules épithéliales sont grises, granuleuses, avec un noyau vésiculeux, clair. Lorsque la calcification est totale, la tumeur s'arrête dans son évolution et devient susceptible d'être éliminée.

Les épithéliomes calcifiés affectent un volume variable. Ils sont essentiellement bénins et n'engendrent jamais de métastases ganglionnaires.

Ce sont des tumeurs du jeune âge, qui occupent surtout la tête et le cou. Pillet, à l'occasion d'un examen microscopique de deux épithéliomes calcifiés (constitués par des alvéoles épithéliaux et un stroma fibreux avec ostéoblastes et lamelles de Havers) attire l'attention sur le siège spécial de ces sortes de tumeurs : elles occupent presque toujours des régions répondant aux fentes branchiales. L'auteur serait fort tenté d'adopter la théorie de Trélat et de considérer ces tumeurs comme des productions dermoïdes

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