ÉP1THÉL10ME CYLINDRIQUE
et nullement comme des glandes sébacées calcifiées.
Ce sont, en tous cas, des tumeurs congénitales, dermoïdes, apparaissant dès l'âge le plus tendre, et dont l'évolution se termine vite, con- I rairementà ce qui s'observe pour les épithéliomes vrais.
Nous ne comprenons donc pas cette forme de kyste dermoïde parmi les épithéliomes proprement dits.
Épithéliome cylindrique. — Cette forme de cancer siège dans les muqueuses, et notam-
Vig. 3. - Épitfiôliome cylindrique du rectum, examiné à un foible «•■os8.8SB,ne.it (préparation do Brault reproduite par Quénu, dans Je frai te de Chirurgie).
ment dans la muqueuse de l'utérus et du tractus intestinal. L'épithéliome cylindrique forme le
Chitzman — Le Cancer o
terme de transition entre les cancers de revêtement et les cancers glandulaires. Cet épithéliome est constitué par des boyaux de cellules épilhéliales, tubulées ou en doigt de gant, rappelant quelquefois, à s'y méprendre, l'aspect des glandes en tube. Le stroma conjonctif, qui soutient ces cellules, peut être parfaitement organisé et alvéolaire ; mais, le plus souvent, leiissu conjonetif
Fig. 4. — Épithéliome cylindrique du rectum. Même préparation examinée à un fort grossissement (Brault).
prolifère avant ou en même temps que la néoformation épitbéliale ; le slroma est, dans ce cas, soit embryonnaire, soit muqueux.
L'épilholiome cylindrique commence par être un adénome. Cornil et Ranvier l'ont bien vu lorsqu'ils ont décrit les différentes phases de cette néoplasie. Au début, les tubes glandulaires
Kitmiki.ioui: CYUNDRIQUP 35
s'enfoncent dans les tissus et se ramifient ; plus lard, il se forme dans les tubes glandulaires des sortes d'excroissances ou des papilles composées d'ép it h v 1 i u m c y 1 in drique, de sorte que la coupe offre, à la fois, l'aspect d'un papillome et celui d'un adénome à cellules cylindriques.
Cette tumeur peut se propager de proche en
proche et même Se géné- Épitliéliomc de l'ovaire (Brault)
raliser, aussi bien par voie lymphatique que
Fig. 6. — Épitliéliome de l'ovaire (Quénu).
par voie sanguine. Dans l'ovaire, où Pépithéliome cylindriqne existe fréquemment sous
•10 CLASSIFICATION DES NEOPLASIES CANCEREUSES
forme kystique, sa propagation au péritoine est très fréquente. Les cellules cylindriques se délai liant du néoplasme, tombent dans la cavité péritonéale, s'y greffent, démontrant ainsi que c'est bien la cellule épilhéliale qui est le seminium morbi des tumeurs cancéreuses.
L'existence d'un épithéliome cylindrique dans le foie a donné naissance à d'intéressantes discussions au point de vue de sa genèse. Tandis que certains auteurs le font provenir de l'épithélium des canaux biliaires, Hanot et Gilbert n'hésitent pas à le faire dériver de la cellule hépatique elle-même, dont ils ont pu suivre la transformation progressive en cellule cylindrique.
Cylindrome. — Ce néoplasme n'est qu'une variété d'épithéliome cylindrique. Décrit pour la première fois par Robin sous le nom de tumeur hétéradénique à corps oviformes, le cylindrome n'a été réellement classé parmi les épitbéliomcs que depuis le mémoire de Malassez (i883).
Ce sont de petites tumeurs encapsulées, siégeant dans le tissu cellulaire sous-cutané. An microscope, on leur distingue une enveloppe fibreuse et résistante, qui envoie des cloisons à l'intérieur de la néoformation. Celle-ci est ainsi
CYLINDROME
divisée en lobes et lobules, dont le contenu, cavitaire ou comblé par des bourgeons pleins, est essentiellement constitué par des cellules épithéliales cylindriques. Au centre de ces amas cellulaires, se trouvent des petits corps réfringents, indépendants de La formation épithéliale, dont
Firj. . — Cyliadrome do la parotide (préparation de Darier reproduite par Quénu).
la structure révèle une membrane conjonctive et dense, porlant un certain nombre de vaisseaux. Ces détails histologiques prouveraient, d'après Malassez, que les corps oviformes ne sont que des bourgeons myxomateux du stroma conjonctif, qui pénètrent dans les formations épi— théliales pour y constituer des amas réfringents.
Les cylindromes sont des néoplasies le plus
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souvent bénignes ; pourtant il existe des cas, où, au lieu de refouler mécaniquement les tissus, ils les ulcèrent, se comportant en cela comme un véritable cancer, avec des généralisations ganglionnaires, hépatiques, pulmonaires, etc.
Ces faits très rares, il est vrai, prouvent une fois de plus, que toutes les tumeurs épithéliales présentent une tendance à s'infiltrer et à se transformer en carcinome; il suffit que le tissu qui les hospitalise présente une moindre résistance, pour que cette transformation se réalise.