‹ Le cancer [electronic resource]Chapitre 9 sur 56 · APERÇU CLINIQUE SUR LES KPITHÉUOMRS · texte numérisé non relu

APERÇU CLINIQUE SUR LES KPITHÉUOMRS

Le cancer de la peau, qui peut servir de type à cette description clinique, se présente sous deux formes principales ; lepilhéliome superficiel et l'épithéliome profond.

L'épithéliome superficiel n'est, au début, qu'une légère plaque indurée, s'ulcérant assez rapidement; l'ulcération produite est toute en surface; elle suppure très légèrement et, au contact de l'air, on la voit sê recouvrir d'une série de lamelles croûteuses, jaunàlres ou brunâtres ; la surface ulcérée repose toujours sur un fond dur. Les bords de l'ulcère sont tantôt

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renversés, tantôt taillés à pic; le pourtour est induré et présente des dilatations vasculaires. Le fond de l'ulcère peut être lisse ou hérissé de végétations en chou-fleur. En pressant la néoformation on peut déterminer la sortie, surtout au niveau des bords, de filaments blanchâtres; ceux-ci sont constitués par des cellules épithéliales, mélangées à de la matière sébacée.

Lorsque l'épi théliome se propage en profondeur, il envahit successivement toutes les couches sous cutanées, et son évolution devient identique à celle de l'épithéliome profond.

Cette seconde variété du cancer de revêtement débute dans l'épaisseur de la peau ou des muqueuses à épithélium pavimenteux; il affecte Ja forme de nodules plus ou moins volumineux, qui émettent des prolongements indurés dans toutes les directions. Ces nodosités finissent par ulcérer la surface de la peau qu'elles amincissent ; il en résulte un orifice en cratère, par lequel s'échappent les détritus puriformes de l'épithéliome ulcéré.

L'épithéliome profond ou tubéreux est infiniment plus grave que l'épithéliome superficiel. L'infection ganglionnaire y est précoce et les généralisations, quoique peu communes, sont moins rares que dans l'épithéliome superficiel.

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L'épitfaéliome reste bénin s'il n'intéresse que la superficie de la peau. Dés qu'il pénètre dans la profondeur, il évolue d'une manière grave, comme tout épithéliome profond; s'il siège à la face, il s'étend rapidement en largeur et en profondeur, s'attaque au squelette et aux cavités de cette région pour y déterminer des déformations d'autant plus graves que l'individu est pins jeune.

L'âge joue au point de vue de l'évolution des cancers en général un très grand rùle. On voit, en effet, chez les vieillards, des épithéliomes superficiels qui évoluent avec une extrême lenteur ; ils mettent plus d'une année à ulcérer deux à trois centimètres de peau et leur durée varie en moyenne entre six mois et quatorze ans. Cette forme d'épithéliome porte le nom d'ulcus roclens et siège principalement à la face, sur l'aile du nez.

L'épi thé! iome adénoïde des glandes sudoripares ou des glandes sébacées présente également une marche torpide.

Les cancers de revêtement ne sont pas douloureux par eux-mêmes ; ce n'est qu'au moment de leur ulcération qu'ils peuvent le devenir. Cette douleur sera d'au la ni plus intense que le cancer intéressera un organe plus riche en

filets nerveux; il est facile de concevoir qu'à cet égard le siège a son importance : empêchant le fonctionnement d'un organe, la langue par exemple, el exposé au contact de liquides irritants, le cancer peut affecter une forme extrêmement douloureuse.

En même temps que les phénomènes douloureux, apparaissent les infections ganglionnaires. Une glande se prend d'abord isolément, devient dure, augmente de volume et finit par fusionner avec les ganglions voisins également envahis. Celte tumeur ganglionnaire est généralement plus grave que le néoplasme primitif qui lui a donné naissance. En s'ulcérant, l'épi théliome ganglionnaire devient une source d'infection. Les douleurs augmentent, quelquefois d'une manière excessive, et l'individu succombe à cette seconde greffe, avant que la première ait terminé son évolution.

La cachexie cancéreuse, avec des caractères que nous lui assignerons ultérieurement, fait son apparition ; elle tue le cancéreux, si celui-ci n'a pas déjà été emporté par des complications suppuratives ou par l'immobilisation absolue ou relative d'un organe essentiel à la vie. Des hémorrhagies répétées, mais peu abondantes, peuvent être une cause de mort; les cas de

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mort foudroyante par l'ulcération d'un gros tronc artériel sont relativement rares.

Lesépilhéliomes superficiels, étant donné leur marche torpide, sont d'un pronostic bénin; divers médecins ont vu ces cancers superficiels de la peau guérir spontanément ou sous l'influence d'un traitement purement médical. Au contraire, les épithéliomes profonds, ceux des muqueuses notamment, comportent un pronostic bien plus grave, d'autant plus que leur extirpation opératoire est presque toujours suivie de récidive.

L'épithéliome cylindrique affecte et la forme el les allures d'un carcinome ; la description clinique que nous ferons de celui-ci s'appliquera donc à cette variété de cancer de revêtement.

Quant au cyiindrome, il se distingue par son siège et par sa marche. Les régions qu'il affecte spécialement sont la parotide ou la région parotidienne ; on peut aussi le rencontrer, pins rarement il est vrai, soil à la main, soit au périnée. Sa marche est progressive, mais lente ; encapsulé et mobile d'abord, le cyiindrome fte larde pas, dans certains cas, à se comporter comme un carcinome vrai, sauf la généralisation, qui est extrêmement rare.

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il CANCER DÉVELOPPÉ AUX DÉPENS DE L'ÉPITHÉLIUM GLANDULAIRE

Généralités sur les épithéliums glandulaires. — L'origine des glandes se trouve dans I7'|iilln'lium de revêtement ; ce sont des in vagi-* nations creuses de la couche épilhéliaîe dans le tissu conjonctif sous-jacent. On dislingue, d'après leur forme, les glandes en tubes et les glandes alvéolaires. (Slohr). Elles peuvent être simples ou composées. Réunies en groupes, elles sont entourées presque toujours d'une enveloppe conjonctive résistante ; celle-ci contient, en outre, des vaisseaux qui pénètrent dans la glande par des cloisons provenant de l'enveloppe externe, et qui divisent les glandes en plusieurs lobules.

Chaque glande est constituée par deux parties : le corps glandulaire, organe sécréteur, et le conduit excréteur, dont le rôle consiste seulement à amener les produits du fond de la glande vers La surface du tégument externe ou interne. Toutes les glandes possèdent un conduit excréteur, quelque rudimentaire qu'il soit. Deux glandes font pourtant exception à celte règle :

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l'ovaire, et le corps thyroïde dont le conduit excréteur disparaît à un moment donné.'

Les cellules glandulaires, implantées sur la membrane propre du corps glandulaire, affectent des formes et des aspects variés, suivant la phase de leur fonctionnement. Les cellules glandulaires au repos ont, dans la plupart des glandes de r économie, une forme cubique, c'est-à-dire que la bailleur de ces cellules égale leur largeur.

La vitalité de ces cellules est considérable. En renouvellement incessant, elles sont aptes à se multiplier à l'infini et à réparer de cette manière les brèches qu'une insulte Iraumatique ou antre a pu créer dans le revêtement du corps glandulaire.

La destruction du tissu hépatique, par exemple, provoque une prolifération qui intéresse aussi bien les cellules hépatiques que l'épithélium des canaux biliaires ; les cellules prolifèrent, dans ce cas, même en des points très éloignés du foyer traumatisé.

Mécanisme des néo-formations glandulaires.—Les plaies glandulaires sont fermées par le tissu conjonctif néoformé, dans lequel on rencontre des né o for mat ion s glandulaires en plus

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