‹ LE CANCER ÉPITHÉLIAL PRIMITIF DE L'OVAIREChapitre 10 sur 48 · AD ANS · texte numérisé non relu

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ment interne présentent d’ailleurs, même dans une seule cavité kystique, les formes les plus variées.

L'épithélium ordinaire est prismatique; toutefois, dans presque tous les cas, à côté de cellules cylindriques ou prismatiques plus ou moins hautes, s’observent des cellules caliciformes (Malassez) ; fréquemment aussi l’épithélium est vibratile. Cet épithélium est en général disposé sur une seule couche, mais parfois aussi il est stratifié : c’est le véritable épithélioma kystique de Malassez.

Telle est la structure typique de la paroi d’un kyste ovarien.

Nous savons que, si au lieu de se borner purement à une sécrétion muqueuse abondante, l’activité des cellules se manifeste par leur prolifération, on voit les stades suivants se succéder : l’épithélium bourgeonne ; de sa surface on voit naître des enfoncements en doigts de gant pénétrant peu à peu dans l'épaisseur du stroma conjonetif. Ces bourgeons épithéliaux creux, se dilatant peu à peu, peuvent s’isoler du kyste qui leur à donné naissance et constituer des kystes secondaires.

Si ce processus continue avec une grande activité, on peut arriver à la formation de kystes multuloculares à loges extrèmement nombreuses et à cavités de plus en plus réduites.

Déjà cette formation de cavités multiples par bourgeonnement cellulaire marque une tendance de l'épithélium à une prolifération très active et n’est souvent que le premier stade de la dégénérescence cancéreuse vraie.

Celle-e1 a été fort bien étudiée par Poupinel, et c'est à lui que nous empruntons la description suivante :

On peut voir naître du revêtement épithéhal kystique, outre les bourgeons creux qui donnent à la tumeur l'aspect adénoïde (adénome cylindro-cellulaire des Allemands), des bourgeons épithéllaux pleins qui sillonnent le stroma de la.

DENOR Ve tumeur dans divers sens. Si ces masses épithéliales pleines sont très nombreuses et très développés, elles donnent à la tumeur tous les caractères microscopiques des carcinomes : travées fibreuses formant des cavités alvéolaires, et dans les cavités amas de cellules épithéliales métaltypiques.

La nature épithéliale de ces cellules carcinomateuses paraît indéniable à MM. Malassez et de Sinéty : 1° en raison de la continuité de tissu qu'on peut constater entre les amas de cellules carcinomateuses et des revêtements de kystes franchement épithéliaux ; 2° en raison de l'existence dans ces masses carcinomateuses de petites cavités qui ne sont nullement dues à une dégénérescence quelconque de cellules et qui sont tapissées par des éléments nettement épithéliaux. C’est là la transformation carcinoïde des épithéliomas kvystiques ordinaires.

« Cette dégénération cancéreuse atteint aussi bien les kystes uniloculaires que les kystes mulüloculaires, moins fréquemment cependant, et peut se montrer de très bonne heure dans la néoformation. Les kystes ainsi dégénérés ne le cèdent en rien comme malignité à aucun cancer.

» Certains cas présentent une effrayante malignité et une tendance irrésistible à la récidive, bien que la dégénération ne soit que peu étendue » {Cohn).

Tels sont les caractères anatomiques et histologiques principaux de cette forme de cancer ovarien que lon peut résumer de la facon suivante : Tumeurs pouvant atteindre un volume très considérable, pédiculées ou non le plus souvent, fréquemment incluses dans les ligaments larges, s’accompagnant d’un épanchement ascilique dans le péritoime bien moins considérable, bien moins important que celui des tumeurs papillaires, quelquefois manquant totalement, et se montrant constituées à la coupe par des masses cancéreuses solidés en grande quantité et par des agglomérations de

OU ee

petits kystes extrèmement serrés et à parois épaissies el infiltrées de telle sorte qu'il semblent avoir été creusés au sein même d'une masse solide.

Pour terminer l'étude de cette forme de néoplasme ovarien un point nous reste encore à signaler : c'est la fréquence des mélastases et des phénomènes de généralisation dans ces lumeurs.

Il est un fait aujourd’hui certain et que la thèse de Poupinel déjà ancienne a contribué à nettement établir, c’est que les kystes mucoïdes simples sans dégénérescence carcinoma teuse peuvent donner naissance à des productions métaslatiques. Poupinel dans sa thèse en cite quatre cas absolument typiques. Hadgès cite de même plusieurs observations que nous ne pouvons reproduire ici, mais qui ne laissent aucun doute à cet égard. Ces tumeurs secondaires se rencontrent surtout dans l'abdomen, mais on les a trouvées dans nombre de cas dans d’autres points de l'organisme très éloignés de l'ovaire, le poumon dans un cas de Baumgarten, les ganglions du médiastin dans un cas d'Hadgès ; elles ont une structure adénoïde simple.

Ainsi done on peut penser à fortiori que les cas de généralisation seront infiniment plus fréquents, quand on aura affaire à une tumeur en partie solide, présentant des masses de dégénérescence cancéreuse. Iln'y a pas de raison pour que le cancer de l'ovaire mette plus à l'abri de cette terrible complication que les cancers des autres organes, de l'intestin ou de l'estomac, par exemple.

Ces métastases, quel que soit le point de l’organisme où elles apparaissent, présentent loujours une structure carcinoïde analogue à celle de la tumeur qui leur à donné naissance. Ceci n'est qu'un fait particulier de la loi qui préside à la généralisation dans les cancers.

Quels sont les sièges les plus fréquents de ces métastases ?’

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