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Dans son rapport au Congrès de gynécologie de 1904, Cerné (de Rouen) s'écrie : « La malignité des kystes végétants est hors de doute et nous ne comprenons pas bien la phrase de Pozzi, reprise par Bouilly : « Une question pleine d’obs- « curité est celle de la bénignité ou de la malignité des kystes
papillaires »; et dans les conclusions de son rapport il affirme : La forme la plus grave des tumeurs kystiques de l'ovaire appartient aux kystes papillaires).
D'où vient cette divergence entre les auteurs ?
Elle vient de deux causes :
1° Les examens histologiques de ces tumeurs manquent, ils sont insuffisamment poussés et l’on a trop de tendance à déclarer bénigne une tumeur quile paraît au PEN coup d'œil jeté dans le microscope.
2° Les malades ne sont pas suivis pendant assez longtemps après l'opération. Bien des chirurgiens disent: au bout de 9, 7, 8 ans, pas de récidive, donc tumeur bénigne, et rares sont ceux qui continuent à observer leur malade après ce laps de temps.
Etcependant, lorsqu'on examine un grand nombre d’observations, on voit que les récidives se produisent souvent très tardivement : 9 ans dans un cas de Kratzenstein, suivi de mort (cité par Estor et Puech, obs. CXTIT), 12 ans dans un cas cité par Wacquez, suivi de mort; {1 ans dans un autre cité par Cazenave, encore suivi de mort rapide.
C’est à cause des deux faits que nous venons de signaler que la plupart des statistiques ne peuvent être prises en considéralion.
Prenons, par exemple, la statistique de Bouillv : Sur 17 cas de kystes végétants opérés, 11 signale :
7 cas qu'il qualifie de guérisons, le premier suivi 4 ans et S mois, le second 3 ans et 10 mois, ensuite { an, 9 mois, quelques mois.
9 cas encore classés parmi les guérisons qui, ayant récidivé deux ans après la première opération, sont opérés à nouveau et revus guéris quatre ans et deux ans après ; enfin 8 cas avec récidive et mort plus ou moins longtemps après l’opération. | |
Il est certain qu'il est impossible de dire que les 9 cas signalés comme n'ayant pas donné lieu à de la récidive n’ont pas récidivé plus ou moins tardivement, et il est impos 1ble de les classer dans les tumeurs bénignes.
Ainsi donc les statistiques ne sont pas convaincantes, et cela tient uniquement aux causes que nous avons signalées.
Mais bien que certains auteurs insistent sur la bénignité des tumeurs papillaires, la malignité d’un très grand nombre d’entre elles, comme le dit Cerné, ne peut être mise en doute aujourd'hui. « Entre bénignité et malignité il n'y a que l'épaisseur d’un cheveu », et il ne faut pas trop se hâter, en présence d’une tumeur papillaire, de conclure à la bénignité sans avoir pratiqué au préalable un examen approfondi.