‹ LE CANCER ÉPITHÉLIAL PRIMITIF DE L'OVAIREChapitre 24 sur 48 · SL 4 SR · texte numérisé non relu

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qu'il a vu nettement l'origine de la tumeur se faire aux dépens de l'épithélium de la surface de l'ovaire, et il considère les fines rangées de cellules épithélioides comme des éléments épithéliaux, car,malgré des recherches minutieuses, n'a pu, dit-1l, « démontrer en aucun point d’une façon précise le point de départ de ces éléments dans les cellules de revêtement des fentes conjonctives. »

Encore ici, par conséquent, il convient d’être d'une prudence extrême dans l'interprétation des faits et ne pas poser un diagnostic ferme d'endothéliome lymphatique sans avoir examiné scrupuleusement tous les points de la tumeur et sans avoir fait, ici encore, la part de la réaction conjonctive dans les tumeurs épithéliales.

3° Dans d’autres points encore de ces tumeurs endothéliales on trouve des formations qui paraissent à certains auteurs absolument caractéristiques, et dans nombre d'observations d'endothéliomes lymphatiques quenous avons parcourues, c’est principalement sur la présence de ces détails de structure spéciaux que se base le diagnostic de l’origine de la tumeur.

Dans certaines préparations d’endothéliomes, on ‘voit, à côté des parties conslituées par les formations histologiques que nous venons de décrire, des points dans lesquels on constate la présence de nombreuses lacunes délimitées par une simple assise de cellules plates, parfois cubiques ou analogues aux cellules types de la néoplasie. Ces Jacunes se continuent entre elles, formant un système de cavités logées dans les mailles du stroma.

Que sont ces cavités ? Il ne peut s’agir évidemment que de vaisseaux capillaires, et ce sont bien là des capillaires lymphaliques, car on ne trouve jamais de globules rouges dans leur cavité, et autour d'eux on voit fréquemment des vaisseaux sanguins très nets et souvent très nombreux.

Quoi qu'il en soit, les cellules plates endothéliales typiques

vont subir les transformations successives suivantes : on les voit d'abord augmenter de volume, tandis que leur noyau prend une forme ovalaire et présente bientôt des figures de mitose. La cellule ainsi se divise, donnant naissance à une nouvelle cellule volumineuse, analogue à celle qui lui a donné naissance, el, celle prolifération cellulaire continuant, on aboutit à la stralification de la paroi des capillaires qui se dilatent fortement el à un moment donné apparaissent bourrés de cellules en voie de prolifération ; le lymphatique dilaté forme ainsi un alvéole néoplasique avec ou sans lumière centrale et dont les bords sont tapissés de cellules endothéliales.

La prolifération cellulaire semble ne plus se limiter aux lymphatiques, et dans les mailles du issu conjonctif avoisinant on voit souvent des formations tubulées tapissées de cellules polyédriques, cubiques ou cylindriques hautes qui ressemblent aux cellules néoplasiques étudiées dans la lumière lymphatique.

Beaucoup d’observateurs qui ont vu des formations analogues, qui ont pour ainsi dire surpris ce début de la prolifération de l’endothélium lymphatique dans une tumeur, n’hésitent pas à affirmer le diagnostic de tumeur d’origne endothéliale. C'est sur des formations de cette nature que Brouha, qui rapporte une observation très intéressante d’endothéliome dans son travail paru sur ce sujet dans la Æevue de gynécologie de 1900, s'appuie pour porter ce diagnostic.

Ces formations sont-elles absolument caractéristiques de ce genre de tumeurs et permettent-elles d'affirmer nettement leur origine ?

Nous n’hésitons pas encore à répondre que cela n’est pas toujours vrai, de même que nous l'avons fait pour les dispositions cellulaires précédentes. |

Comment admettre aussi, 4 priori, que la prolifération de

la cellule endothéliale observée est primitive ? Il se peut fort bien qu'une cellule épithéliale cancéreuse pénètre dans le vaisseau lymphatique, comme c'est la règle dans tous les cancers épithéliaux, et, venant se déposer tout contre l’endothéllum lymphatique, joue le rôle d'un corps irritant. L'irritation de la cellule endothéliale se manifeste par son augmentation de volume d’abord, sa prolifération ensuite, prolifération qui aboutit à la formation de ces amas de cellules volumineuses intracanaliculaires. Ces cellules en voie de division très aclive peuvent sortir du vaisseau lymphatique et donner naissance à des formations en tube ou à des alvéoles qui se disposent à côlé d’autres formations de nature plus ou moins nettement épithéliale.

Nous voyons donc que la constatation de ces proliférations de l’endothélium lymphatique, même quand elles sont observées très nettement, ne permet pas toujours d'affirmer le diagnostic d'endothéliome lymphatique, et qu’ilest par conséquent souvent très difficile, pour ne pas dire presque impossible, dans ces tumeurs dont le diagnostic est hésitant, de reconnaître, en présence d'une telle prolifération, si elle est primitive ou secondaire.

49 Enfin, il est un autre caractère que certains auteurs ont voulu mettre en avant pour différencier es carcinomes de l'ovaire de certaines tumeurs d’origine conjonclüve : c’est la présence fréquente de cellules géantes dans ces tumeurs, et notamment certains auteurs interprètent les éléments plasmodiaux que nous avons décrits dans les tumeurs à formations chorioépithéliomateuses, non comme des éléments syneihiaux, d'origine épithéliale par conséquent, mais comme des éléments conjoncüfs, comme des cellules angioplastiques.

Nous voulons dire par cela que le diagnostic différentiel entre « carcinomes à formations chorioépithéliales », et d’autre part « sarcome angioplastique », est quelquefois très

difficile, et nous comprenons fort bien combien la question des chorioépithéliomes de l'ovaire est encore loin d'être résolue, et la différence des opinions des auteurs en présence de telles tumeurs. |

Dopter, en 1900, a publié une tumeur du testicule avec métastase hépatique absolument analogue à la tumeur décrite Jadis en 18T8 par Malassez et Monod, identique aussi à la tumeur du testicule qui servit de base à la commission anglaise pour son rapport sur le chorioépithéliome.

La tumeur de Dopter est constituée par deux ordres de formations macroscopiques, des nodules jaunâtres et des nodules semi-hémorragiques.

Les nodules jaunâtres sont constitués par des alvéoles remplis de cellules néoplasiques volumineuses, quelquefois polygonales, le plus souvent rondes, très nombreuses, possédant un novau central. Ces éléments cellulaires donnent Fimpression que l'on est en présence d’un sarcome alvéolaire ‘ globocellulaire. Dans cet alvéole se voient des plaques protoplasmiques multinucléées.

Mais les nodules hémorragiques sont constitués en certains points par des éléments plasmodiaux multinucléés se présentant sous la forme de bandes protoplasmiques plus où moins anastomosées ; ce protoplasma est creusé çà et là de larges vacuoles dans lesquelles on voit des globules rouges, des globules blancs et quelques détritus nucléaires; la forme de ces cavités est habituellement régulière, arrondie ou ovalaire. Quelquefois ces cavités sont ouvertes et prennent la forme d’un cul-de-sac qui, dit Dopter, s'ouvrent dans un capillaire conduisant dans un réseau angiomaleux.

En.d'autres.points de ces nodules hémorragiques, on voit de véritables lacs sanguins, tapissés plus ou moins régulièrement par ces éléments géants qui baignent sur une plus ou moins grande étendue dans le sang de ces formations vasculaires, libres parfois dans leur intérieur.

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