‹ LE CANCER ÉPITHÉLIAL PRIMITIF DE L'OVAIREChapitre 25 sur 48 · POS · texte numérisé non relu

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En raison de tous les caractères bien nets de ces éléments protoplasmiques géants, de ces bandes protoplasmiques creusées de cavités sanguines et quiressemblent à s'y méprendre aux cellules vaso-formatives que Ranvier a si minutieusement décrites, Dopter n'hésite pas à donner à ces éléments le nom de « cellules angioplastiques : ». |

Or, si nous lisons attentivement l'observation de F. Michel, observation XVIII, qui est donnée comme une observation type de chorioépithéliome de l'ovaire, nous y voyons les formations suivantes: « Les parties rougeâtres de la tumeur présentent souvent des foyers hémorragico-fibrineux, remplis de sang et de fibrine. Ces zones hémorragico-fibrineuses sont limitées par des traînées conjonctives, et, appliquées contre ces dernières, on retrouve tantôt des cellules polvédriques claires, mais plus souvent les limiles des cellules ne se voient pas, el apparaissent ainsi des bandes proloplasmiques qui entourent tantôt des lumières remplies de sang, tantôt des mailles remplies de fibrine, de leucocytes et de détritus nucléaires. »

Dans l'observation de Pick, observation XIX, nous voyons encore des dispositions analogues à celles décrites par Dopter. « Entre les éléments cellulaires polvédriques et à côté d'eux, on voit un réseau protoplasmique à mailles très nombreuses, que l'on peut comparer à une écumoire ; les mailles de ce réseau sont tantôt vides, tantôt remplies de sang, de cellules rondes lymphatiques, de débris nucléaires. Les noyaux renfermés dans ces masses protoplasmiques creusées de cavités sont très volumineux, parfois isolés, quelquefois groupés, de forme irrégulière, tantôt noirs, lantôt clairs, ete.»

Ces deux variétés de formations que nous venons de décrire présentent une identité absolue avec les formations que Dopter décrit dans son cas de tumeur du testicule. I] porte cependant le diagnostic de sarcome angioplastique, parce que les éléments qui remplissent les alvéoles néoplasiques et

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qui constituent à eux seuls presque la totalité de la tumeur testiculaire primitive lui paraissent avoir un type conjonctif indubitable.

Mais, si on se rappelle que dans certains sarcomes alvéolaires les cellules néoplasiques peuvent prendre une forme polygonale absolument analogue à celle des cellules épithéliales dont il est difficile de les distinguer, et si, d'autre part, dans de telles tumeurs on rencontre des formations telles que celles qui sont décrites dans le cas de Dopter, dans celui de F. Michel et dans celui de Pick, on comprend combien le diagnostic de ces tumeurs avec les tumeurs chorioépithéliomateuses sera délicat. |

Pick atrès bien senti la difficulté de ce diagnostic et il a dit avec raison : « Les observations de chorioénithéliomes doivent être cherchées un peu partout dans la littérature médicale sous les noms divers de sarcome alvéolaire, d’endothé- Home, de sarcome angioplastique, et d’autre part quelques tumeurs décrites comme des chorioépithéliomes doivent être rejetées parmi les tumeurs conjonctives à formations géantes. »

Ici donc, comme dans les autres formes de carcinome de l'ovaire, le diagnostic est quelquefois impossible à affirmer. Cependant, quand on rencontre, comme dans notre cas XVI, ‘des éléments cellulaires qui prennent absolument le type des cellules de Langhans, éléments cellulaires recouverts par endroits par la masse syncithiale comme dans le chorion normal, masse syncithiale qui présente pour les vaisseaux son affinité naturelle, il n’y a pas vraiment d'autre diagnostic à poser que celui de «cancer de l'ovaire à formations chorioépithéliomateuses, »

Pour ce qui est des cellules géantes que l’on observe dans les careinomes purs, leur présence n'indique pas une origine conjonctive de la tumeur. La présence de nombreuses cellu-

PONS les géantes dans les cancers épithéliaux est un fait que personne ne met plus en doute aujourd’hui.

Par ces considérations sur la difficulté du diagnostic des diverses formes de carcinome de l'ovaire qui terminent notre chapitre d'anatomie pathologique pure, nous avons voulu imdiquer que, dans l’immense majorité des cas, ce n’est point par l'étude des formes et des dispositions cellulaires dans les parties centrales des tumeurs que l'observateur arrivera à déterminer nettement le type histologique de ces tumeurs. Ces formes et dispositions cellulaires sont trop variables, trop nombreuses, et ne peuvent, dans bien des cas difficiles, être prises en trop grande considérakion.

Mais ce qu'il ne faut jamais négliger dans loutes ces tumeurs ovariennes, c'est de chercher, au niveau des parties d’ovaire normal que l’on peut rencontrer dans les points périphériques de la tumeur, s’il ny à pas des processus de prolifération des divers éléments épithéliaux de l'organe, et, si on les trouve, rechercher tous les termes de passage entre ces cellules proliférées et les alvéoles néoplasiques proprement dites.

C’est donc l’étude de leur histogénèse qui donne la clefdu diagnostic de ces tumeurs. Dans toutes celles que nous avons étudiées, à quelque type qu'elles appartiennent, nous avons toujours cherché à saisir le point de départ de la prolifération épithéliale; nous n'avons pas loujours réussi à le trouver d’une façon absolument nette, mais nous donnons cependant à la fin de ce travail quelques observations qui montrent les diverses origines que peuvent avoir les tumeurs de l'ovaire aux dépens. des éléments épithéliaux de cet organe.

HISTOGÉNESE

L'histoire du développement de l’histogénèse des tumeurs épithéliales de l'ovaire comporte l'exposé d’un certain nombre de théories qui ont été successivement émises pour expliquer la genèse de ces tumeurs. Nous passerons rapidement en revue chacuné de ces théories, ne pouvant faire ici un historique très détaillé de cette question, et nous montrerons en terminant, nous basant sur les faits récemment observés, et . aussi sur nos propres recherches, quelles sont les idées que l’on doit avoir aujourd’hui sur la genèse de ces tumeurs.

Jusqu'en 1812, on admettait que les kystes de l'ovaire se développaient aux dépens de Phydatide*" de Morgagni. À ce moment Meckel soutint l'idée que ces formations étaient dues à lhydropisie des follicules de Graaf. Cette conception remplaça l’ancienne lhéorie et fut admise par Cruveilhier, Velpeau, Seymour, Négrier, Dugès el Cazeaux. Cazeaux, dans sa thèse d’agrégation en 1844, appelle les follicules de Graaf des kystes en miniature. Cette théorie parut confirmée par Hokitansky qui trouva des ovules allérés à Pintérieur des follicules.

Fox, Klebs, Maynweg, Spregelberg et Büttcher soutinrent encore cette théorie.

Mais les données anciennes élaient purement théoriques, et, basées sur des faits incertains, ne mérilaient pas d'être

prises en grande considération.

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