‹ LE CANCER ÉPITHÉLIAL PRIMITIF DE L'OVAIREChapitre 28 sur 48 · BONE · texte numérisé non relu

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égarés dans les ovaires », inclus dans les éléments normaux de l’organe.

De ces amas de cellules peuvent partir des proliféralions sous la forme de tubes adenomateux tapissés d’épithélium cubique ou cylindrique à cils vibratiles avec ou sans cellules caliciformes, tubes adénomateux qui ne sont que le premier stade de formations plus développées, kystes, tumeurs papillaires ou carcinomes.

Walthard pense que la majorité des tumeurs épithéliales de l'ovaire présentent leur origine dans les éléments embryonnaires que nous venons de décrire.

Glockner prétend avoir retrouvé, sur des quantités d'ovaires normaux quil a étudiés, ces fovers cellulaires, mais jamais il ne les à vus nettement devenir le point de départ d'une proliféralion épithéliale néoplasique.

Avec cette théorie de Walthard nous avons terminé lexposé des diverses doctrines tour à tour enseignées relativement à la genese des tumeurs épithéliales des ovaires.

Que faut-1l conclure de l'étude de toutes cesthéories histologiqueset de l'examen des observationsquiles appuient, etquels sont les faits importants qu'it convient de mettre en relief?

Trois faits principaux sont à meltre en évidence, dont l'énoncé terminera cette étude :

1° Un type histologique déterminé de tumeur de lovaire ne se développe pas nécessairement aux dépens d’un mème élément épithélial, toujours le même, dont la prolifération ne pourrait donner naissance à aucun autre type de tumeur.

Nos observations prouvent nettement que l’épithélium de surface ou que l’épithélium folliculaire peuvent donner naissance aux tumeurs papillaires aussi bien qu'à d'autres types de cancer, et que celles-ci ne se développent pas exclusivement aux dépens de l’épithélium wollfien ou mullerien comme le veulent certains auteurs.

20 Nos observations démontrent encore, et nous sommes en

- cela d'accord avec les conclusions de Glockner, que les points

de départ les plus fréquemment observés de tumeurs épithé-

liales de l'ovaire siègent au niveau de l’épithélium de surface

et au niveau de l’épithélium folliculaire, c’est-à-dire au niveau

des épithéliums dérivés de l'épithélium germinatif de Waldeyer.

30 Une classification logique et rationnelle histogénétique des tumeurs épithéliales de l'ovaire est, d’après les faits que nous venons de démontrer, absolument impossible à l’heure actuelle, Les lignes qui suivent vont encore le démontrer d’une facon plus formelle.

Histogénèse des tumeurs à formations chorioépithéliales.

Dans les pages qui précèdent nous avons surtout voulu faire l'étude de l’histogénèse des cancers de lovaire dont la nature histologique est bien nettement déterminée ; 11 nous semble ulile de dire maintenant quelques mots sur la nature et l’origine des {tumeurs chorioépithéliomateuses de l'ovaire qui semblent constituer une classe à part, peu connue encore, parmi les cancers primitifs de l'ovaire.

Nous avons vu que Marchand divise les chorioépithéliomes en deux grandes classes : 1° les chorioépithélhiomes à formations tératoïdes ; 2° les chorioépithéliomes purs.

Bien des chorioénithéliomes décrits dans l'ovaire rentrent dans le premier groupe ; l'observation de Pick que nous rapportons (Obs. XIX) en est un type très net, et nous avons sous les yeux une autre observation de Pick encore plus démonstralive à ce point de vue, puisque nous voyons que

la tumeur se compose, à côté de tissu nettement chorioépithéhal très développé, de parties mésodermiques sous la forme de tissu conjonctif sarcomateux, de parties entodermiques sous la forme de-:tubes tapissés d’épithélium cylindrique

te Mo) Men

analogue à celui de l'intestin, de parties ectodermiques sous la forme de formations épidermiques et de substance nerveuse-centrale.

Dans l'observation XIX, les seuls éléments tératoïdes qui existent sont constitués par du tissu nerveux embryonnaire en assez grande quantité, et Pick démontre que l’on peul trouver tous les termes de passage, toutes les transitions possibles entre les cellules chorioépithéliales type Langhans et les cellules cylindriques hautes à gros noyaux caractéristiques de l’épithélium neural embryonnaire.

Pick pense que les deux ordres d'éléments, les éléments nerveux et le tissu chorioépithélial, ont une seule et même origine, une origine ectodermique embryonnaire.

Il pense, et avec lui pensent de la même facon Ribbert, Schlagenhaufer, Riesel, Michel pour les tumeurs de l'ovaire, Steinhaus, Chiari, Albrecht, Hansemann pour les chorioépithéliomes du testicule, que ces tumeurs chorioépithéliales qui renferment différentes sortes de tissus sont de véritables embryoïînes, c'est-à-dire des lumeurs, d’origine probablement parthénogénétique, dans lesquelles on rencontre des dérivés des feuillets embryonnaires comme on les rencontre dans tous les tératomes.

On peut parfois rencontrer dans ces Lumeurs des dérivés des trois feuillets, ainsi que Wims l'a montré; parfois on rencontre seulement des dérivés de deux feuillets ; partois enfin ce sont les dérivés d’un seul feuillet embryonnaire qui se développent; si ce feuillet qui a prohféré était le feuillet externe, l’ectoderme, il n°v a rien d'étonnant qu'entre autres productions il fournisse du tissu nerveux et du tissu chorioépithélial et qu'on puisse trouver entre les deux productions des rapports étroits et indiscutables. Tout le monde admet aujourd'hui que l’épithélium du chorion est d'origine fœtale ectoblastique.

Mais, si cette théorie paraît expliquer la formation de ces tumeurs chorioépithéliales à tissus multiples, peut-on lappliquer aussi aux chorioépithéliomes purs tels que nos deux cas personnels (Observations XVI et XVII) et le cas de Michel (Observation XVII) ?

Pick admet que ces tumeurs sont toujours des embryomes, c'est-à-dire que leur origine se trouve dans un corpuseule polaire fécondé ou dans le développement d'une cellule blastomérique isolée. Seulement un seul des feuillets embryonnaires à donné naissance à des productions néoplasiques, el ces productions néoplasiques consistent dans le développement d’un seul type de tissu.

Ce développement des tératomes contenant un seul type de tissu a été étudié par Wilms dans une série de tumeurs du testicule, par Kappeler et par Ribbert ensuite.

Dans une tumeur de l'ovaire décrite par Pick, l'examen histologique montra que toute la tumeur était uniquement constituée par du üissu tyroïdien, et Walthard en à donué une description sous le nom de «tlératome strumeux de l'ovaire ».

I n'est done pas impossible de concevoir que le développement du feuillet externe seul dans un lératome, aboutisse non pas à la formation d’un tissu aussi étrange, mais à la formation exclusive d’épithélium chorial qui prolifère abondamment dans tous les sens, donnant ainsi naissance à une tumeur chorio-épithéliale pure.

On pourrait aussi penser, comme Pick lindique, que, au début du développement de la tumeur, le feuillet externe puisse donner naissance à {ous ou presque lous les tissus qui dérivent habituellement de lui, mais que, pour une cause mconnue, le üssu chorio-épithélial prenant un développement exagéré, englobe et étouffe les autres proliférations pour arriver à constituer une tumeur chorio-épithéliale pure, ne lise. sant plus persister même des traces d'autres tissus.

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