SAUCES
Cette théorie séduisante, qui assimile les tumeurs à formaüons chorio-épithéliomateuses aux embryomes, rend bien compte non seulement de la formation de ces tumeurs dans l'ovaire ou le testicule, mais encore de certains cas comme celui de Lubarsch où l’on constate chez une fillette de 13 ans le développement d’un chorioépithéliome utérin, sans coexistence de grossesse ou d’avortement.
Cette opinion de l’origine embryonnaire de ces tumeurs n'est pas admise intégralement et pour tous les cas par tous les auteurs, et Pick lui-même, qui cependant est un de ses défenseurs les plus ardents, signale deux autres théories qui nous paraissent devoir être prises en considération et capables d'expliquer le développement de certaines de ces tumeurs.
Ce sont:
1° La théorie de l'embolie. — Dans la grossesse nous avons vu l’affinité vasculaire étonnañte des éléments épithé- Baux du chorion, que nous retrouvons non seulement tapissant les lacs sanguins placentaires, mais encore libres dans leur cavité, que nous retrouvons dans les lissus maternels, dans la caduque, dans la musculeuse utérine et enfin dans les veines de la sérotine sous la forme de masses plasmodiales plus ou moins importantes. On peut très bien penser, supposer, que de là des fragments syncithiaux seront entrainés dans le torrent circulatoire et pourront aller se localiser dans un viscère quelconque, le poumon, le foie, ou l'ovaire de préférence, qui a des rapports vasculaires étroits avec l'utérus, pour proliférer plus ou moins tardivement et donner naissance à une tumeur chorioépithéhomateuse.
Nous n'avons malheureusement retrouvé aucune observation qui paraisse appuyer ou démontrer celte théorie, qui nécessite la coexistence ou tout au moins l'existence d’une grossesse ne remontant pas à une époque trop éloignée.
RO re
Dans une de nos observations personnelles la dernière grossesse remontait à 25 ans, dans l'autre à 20 ans.
Quant aux trois autres observations que nous rapportons, il s'agissait dans un cas d'une fillette de 9 ans, dans les deux autres de jeunes filles de 16 et 24 ans n'ayant jamais eu d'accouchement ni d'avortement.
20 La théorie du développement d'un chorio-émthéliome après une grossesse ovarienne.
L'existence de grossesses ovariennes est un fait aujourd'hui mcontesté. Elle a été suffisamment démontrée par les travaux de Herzfeld en 1891, de Tussenbræck en 1899, de Léopold, de Füth, de Franqué en 1900, de Mayo Robson, de Mendes de Léon en 1902, de Michohtsch en 1904.
Ces auteurs ont bien montré que grossesse ovarienne signifie grossesse développée dans un follicule de De Graaf dans l’intérieur duquel l’ovule à été fécondé.
Dans ce follicule l'ovule fécondé subit la même évolution qu'il subit dans la trompe ou dans l'utérus; l’embryon se développe, les enveloppes fœtales se forment, et parmi elles le chorion.
Mais la grossesse n'arrive pas ainsi à une période bien avancée, car les parois du follicule de Graaf, ainsi que Tussenbræck l’a montré, ne subissent pas la transformation que subit, même en pareil cas, la muqueuse tubaire, la métamorphose déciduale. Le développement de l'embryon ne peut se faire, la circulation et les échanges sont défectueux, une hémorragie se produit, .s'accompagnant ou non de réaction péritonéale el de phénomènes douloureux.
Le cas de Tussenbræck nous a paru être, de tous les cas publiés que nous avons parcourus, celui où l'évolution de la grossesse est arrivée le plus loin, puisqu'on trouvait dans l’ovisac dilaté et ouvert un fœtus déjà formé entouré de toutes ses membranes recouvertes partout de villosités choriales.
Mais dans la plupart des cas, comme dans ceux tout à fait Lypiques de Micholitsch, on ne retrouve plus dans l'ovaire qu'un caillot sanguin entouré d'une capsule fibreuse renfermant avec de la fibrine des restes d’amnios et de chorion. Micholitsch décrit un cas tout à fait intéressant où l’on ne retrouve que des caillots sanguins parsemés de petites taches blanchâtres de forme étoilée que l examen histologiqne montra être des villosités choriales.
Il est donc vraisemblable que dans bien des cas une grossesse ovarienne peut ne se manifester par aucun symplôme extérieur, donner naissance ainsi à des résidus qui demeurent dans l'ovaire, et qui renferment des éléments choriaux; ceux-C01, à un moment donné, pourront entrer en prolifération active et donner naissance à une véritable tumeur chorioépithéliomateuse. k
Cette théorie est séduisante: malheureusement nous n'avons trouvé aucun fait publié qui permette de l’asseoir d’une façon ferme, et noscas personnels ne nous présentent, ni dans les observations cliniques, n1 dans les descriptions anatomiques, aucun fait qui nous permette de penser à une telle origine.
Nous voyons ainsi que si le diagnostic de chorio-épithéhome de l'ovaire est difficile, parfois impossible à poser, la question de la genèse de ces tumeurs est loin d’être résolue. et elle: appelle encore de nombreuses recherches.
Peut-être à la vérité faut-il chercher moins loin l’origine de ces tumeurs compliquées.
Les cellules épithéliales quise trouvent normalement dans l'ovaire, c’est-à-dire les cellules de lépithélium de recouvrement ou bien celles des épithéliums folliculaires ne pourraientelles pas, en proliférant activement, arriver à donner naissance, par les divers processus que nous avons indiqués, à des cellules géantes, qui, à leur tour, pourraient, par une
TOURS série de transformations, arriver à prendre un type véritablement syncithial.
Nous avons examiné avec soin tous les points de nos préparations de chorioépithéliomes pour essayer de dépister une telle origine.
Dans notre tumeur XVIT qui est une tumeur chorioépithéliomateuse pure, nous avons trouvé, en un point, des follicules de De Graaf, renfermant un ovule net dans leur cavité; l’épithélium de ces follicules prohfère; ceux-ci arrivent à former de petits kystes dans lesquels nous voyons apparaître parfois quelques formations papillaires épithéhales ; 1l semble que l'on ait sous les yeux le début de la tumeur. Malheureusement nous n'avons pu trouver des formes cellulaires de passage entre ces épithéliums tapissant les dilatations kystiques et les alvéoles néoplasiques à cellules géantes et à formations syncithiales.
Cependant ce fait doit attirer l'attention, il appelle d’autres recherches, et si l’on arrivait à voir nettement un lel point de départ, cela simplifierait considérablement la question si obscure encore de la genèse dans l'ovaire de ces formations analogues aux formations épithéliales du chorion fœtal.