ÉMTDROCPIES EME TR SN
Pohnaciéeires Aie NUL,
Grands mononucléaires et quelques placards endothéaux.
Le 20 mars 1904 — Laparotomie. La tumeur ovarienne développée aux dépens de l'ovaire droit, du volume d’une grosse tête d'adulte, est liberée des adhérences très nombreuses et très vasculaires qu'elle à contractées avec la vessie, le rectum, l'intestin grêle; elle ne peut être enlevée qu’en pratiquant l'hystérectomie supravaginale. L’ablation de la tumeur est praliquée et un drain abdominal placé dans le cul-de-sac de Douglas.
Suites opératoires bonnes. La malade sort un mois et demi après l'opération, complètement guérie et en bon état général. |
Mais bientôl après les douleurs reparaissent : l’ascite se montre à nouveau et M. le professeur Forgue la revoit en 1905, un an après l’opéralion, en pleine récidive cancéreuse, le petit bassin rempli de masses dont l’extirpation est impos-
sible.
Examen macroscopique. — La tumeur, du volume d'une tête d'adulte, est constituée par un kyste arrondi, lisse, du
volume d’une tête d'enfant, et par une masse papillaire du même volume. La tumeur est développée sur les parties latérales de l'utérus, et l’on voit très nettement le point de péné- {ration de la trompe dans la tumeur papillaire.
Si l’on fait une coupe lotale dans la partie kystique, on voit que la paroi du kyste est épaisse, remplie de mucus, el immédiatement au-dessous de cette paroïon voit ane tumeur solide formée par des travées conjoncetives limitant des cavités remplies exactement par des masses papillaires. Certai-: nes masses papillaires ont perforé la paroi du kyste pour devenir libres dans sa cavité, et y subir une dégénérescence mucoïde.
Une coupe faite en plem dans la tumeur papillaire montre que les masses papillaires de la tumeur solide ont perforé la paroi lisse de la tumeur primitive, pour donner naissance aux gros bourgeons papillaires qui constituent la volumineuse tumeur papillaire.
Examen microscopique. — La tumeur est formée par un stroma conjonctf du type ovarien ou lamelleux, ou en transformation myxomateuse, et de formations épithéliales papillaires qui envoient des culs-de-sac dans tous les sens, recouvertes d’un épithélium à cellules cylindriques, disposées. en plusieurs couches et reposant directement sur le {issu conjonetif. Ces cavités se rejoignent et forment ainsi des kystes plus où moins remplis par des formations papillaires dont le revêtement épithélal pénètre et réduit de plus en plus les travées conjonctives.
Il s’agit donc d'un adéno-carcinome papillaire, à cellules cylindriques.
À la périphérie, existent des cavités toutes petites bordées d'épithélium eubique, ayant l'aspect de petits follicules et qui s’agrandissent progressivement pour constituer des cavi-
tés irrégulières, au niveau desquelles l'épithélium prolifère et revêt progressivement l’aspect de kystes papillaires tels que nous les avons décrits.
L'origine de la tumeur est donc très vraisemblablement folliculaire.
Les tubes que nous venons de décrire, bien qu'ils ne présentent pas dans leur cavité de cellule ovulaire, élément caractéristique des follicules, ne peuvent ètre interprétés d’une facon différente : on ne saurait alors comment les expliquer, étant donné que leur épithélium ne présente pas les caractères des proliférations épithéliales nées aux dépens d'un épithélium de surface, ni même ceux des épithéliums wollfiens.
OgBservATION IV
(Inédite. Due à l'obligeance de M. le professeur Forgue)
Adéno-épithéliome de l'ovaire d’origine folliculaire. — Récidive deux ans après l'opération.
Marie Malavialle, âgée de 48 ans, exerçant la profession de ménagère, entre le 15 août 1908, dans le service de M. le professeur Forgue, salle Jean-Louis-Pelit, n° 9.
Antécédents héréditaires. — Mère morte à 68 ans d'une pleurésie.
Antécédents personnels — Réglée à 14 ans et depuis régulièrement jusqu’à il y a 6 mois environ. Mariée à 21 ans, elle a eu quatre enfants dont deux sont bien portants ; des deux autres, l’un est mort d’une angine diphtérique, l’autre d'une
fluxion de poitrine à l’âge de 3 ans.
La malade fait remonter le début de son affection au commencement du mois de mai 1903. Elle a ressenti à ce moment des douleurs dans le bas-ventre, irradiées aux aimes et aux membres inférieurs tout entiers.
Quelques jours plus tard, elle s'aperçoit que son ventre augmente de volume d’une façon rapide.
Le 15 mai 1903, elle entre à l'hôpital où elle fait un séjour de neuf jours,
Peu de temps après qu'elle est rentrée chez elle, les douleurs ont augmenté d'intensité, la démarche est devenue impossible par suite de l'augmentation du volume de l’abdomen. Le décubitus dorsal provoque une gêne respiratoire considérable : la nuit elle est obligée de rester assise. Pas de troubles urinaires.
Elle rentre à nouveau le 15 août 1903 à l'hôpital. A l'examen, on constate la présence d'une légère lame d’ascite, et sur la ligne médiane, au-dessous de l’ombilic, la main palpe une tumeur nodulaire dont certains nodules sont durs, les autres rénitents ou dépressibles.
Par le toucher vaginal on perçoit dans le cul-de-sac de Douglas des masses polvkystiques qui viennent bomber fortement.
Laparotomie le 20 août 1903. On enlève une volumineuse tumeur de l'ovaire gauche, en partie dure, nodulaire, en partie rénitente ou fluctuante, et qui donne l'impression d'une masse polykystique à parties sohdes. On enlève l'utérus auquel la tumeur est adhérente et l’ovaire du côté opposé augmenté de volume.
Les suites opératoires sont très Énra et le 25 septembre
1903 la malade sort de l'hôpital, guérie.
Elle à été revue par M. le professeur Forgue le 11 septembre 1905. Depuis deux mois seulement, l’état général de la malade s'était considérablement altéré. Elle élait très amai-
grie et depuis quelques jours présentait de l'ictère. La palpation abdominale faisait reconnaître dans l'hypogastre un large gâteau adhérent, ulcéré, manifestement de nature cancéreuse : de même, on percevait des nodosités dures dans l’hypocondre droit et dans la région iliaque; l’ictère que présentait la malade faisait aussi penser à une métastase hépatique. Cette femme était done, exactement deux ans après l'opération, en pleine récidive et généralisation cancéreuse.
Les renseignements qu'a bien voulu nous donner depuis son médecin traitant nous ont appris que cette femme était morte dans un état de cachexie complète en décembre 1905.
Examen macroscopiqi'e. — La tumeur est du volume d’une tête d’adulte. On voit la trompe qui, partie de l'utérus, vient serpenter sur la tumeur étalant son pavillon à sa surface ; le lgament tubo-ovarien est nettement apparent.
A la coupe, la tumeur est formée par une grosse cavité pseudo-kystique, à paroi épaisse, remplie de masses bourgeonnantes d'aspect papillaire, etconstituée par la dégénérescence des parois conjonctives dont on constale les restes.
Une partie de la tumeur est solide et constituée par un tissu dense, creusé par de petites cavités dues à un processus dégénératif, à bords irréguliers, et au nivean desquelles on voit débuter un bourgeonnement papillomateux.
L'ovaire du côté opposé est augmenté légèrement de volume, induré, et bosselé avec des sillons profonds et parfois étoilés. En plusieurs points de sa surface on note de petites saillies verruqueuses du volume d’un grain de chènevis surmonté d'une petite touffe de villosités ; l'une de ces formations est du volume d’un pois chiche, dure et couverte à son sommet de papilles allongées.
A la coupe, l'ovaire est compact, de couleur rougetre, tres dur, renfermant de gros corps jaunes en résolution et dans
un tissu compact, des formations arrondies kystiques, du volume d’une tête d'épingle à une lentille et à un petit pois, remplies de végétations fines et blanches.
Les végétations papillomateuses de la surface, coupées dans leur milieu, présentent un tissu en continuité avec une masse blanchâtre, comme si elles dépendaient de l’extériorisation d’un de ces petits kystes papillaires.
Examen microscopique. — La tumeur est constituée à la périphérie par des masses épithéliales de type papillaire constituant des bourgeons volumineux avec des couches épithéliales d'une très grande épaisseur, s'implantant sur un pédicule de lissu conjonetif embryonnaire, qui devient rapidement muqueux et dégénère au fur et à mesure que la pro- lifération épithéliale forme de volumineux champignons.
Il s’agit d’un épithélio-carcinome papillaire à prolifération épithéliale très mtense et à dégénérescence rapide, aboutissant à la formation de cavités kystiques irrégulières.
Au niveau d'une coupe de la tumeur aueun détail de structure ne permet de se rendre compte quelle peut être l’origine de la néoformation.
L'examen de l'ovaire du côté opposé, qui est également au début d’une évolution épithéliomateuse, montre l'existence de proliférations épithéliales papillaires à couches épaisses, constituant un épithélioma papillaire tvpique formant par endroits de larges placards, ou s'infiltrant sous forme de tubes, ou de trav ées plus ou moins minces dans le stroma ovarien.
Si l’on recherche l’origine de la prolifération, il semble en certains points qu'elle dépend de l’épithélium de surface trouvant en particulier son point de départ au niveau de dépressions d'anciens corps jaunes.
Mais l'étude attentive de plusieurs préparations laisse penser bien plus volontiers à une origine folliculaire.
On trouve en effet en certains points des follicules de Graaf très augmentés de volume, de forme ovalaire régulière, constitués par un ovule indubitable, plus ou moins dégénéré, entouré par une épaisse couche de cellules épithéliales en voie de prolifération, couche séparée par une lumière d’un revêtement épithélial plus périphérique.
Nous n'avons pas pu établir une relation absolument précise entre ces petits kystes folliculaires et la lésion épithéliomateuse, mais tout nous porte à croire à une origine folliculaire de la tumeur.