RENE
1° La cellule va sécréter uniquement, les cavités se distendre et se fondre les unes dans les autres, et l’on aura le kyste uni ou pauciloculaire de l'ovaire.
Quelquefois la sécrétion plus modérée se combine avec une prolifération suivant le type adénoïde des cellules qui forment le revêtement des cavités primitives : on aboutit ainsi à la formation de kystes secondaires suivant le mode si bien établi par Waldeyer, Klebs, Wilson Fox, Malassez et de Sinéty. La tumeur sera un kyste multiloculaire.
20 Une deuxième modalité de la prolifération épithéliale aboutit à la formation des tumeurs papillaires de l'ovaire.
Ici, l’épithélium qui revêt les cavités kystiques initiales prohfère dans l’intérieur même de la cavité, et cette prolifération aboutit à la formation de papilles essentiellement constiluées par un axe conjonclivo-vasculaire tapissé par une couche de cellules cubiques ou cylindriques, ciliées où non. Ces végétations croissent avec une très grande rapidité, distendent souvent les parois de la cavité qui les renferment, et qui ne tardent pas à se rompre, et les masses végélantes font alors de toute part saillie au dehors, donnant cet aspect spécial en «chou-fleur » caractéristique de certaines tumeurs papillaires.
Ce qu'il est essentiel de dire, c'est que la vieille distinction considérée comme essentielle par Malassez et de Sinéty, acceptée par Quénu, et reproduite encore plus récemment par Cazenave, ne doit plus exister aujourd'hui.
Ces auteurs établissaient une différence capitale entre les « kystes glandulaires » d’un côté etles « kystes prolifères papillaires » de l’autre. Dans le premier cas, disaient-ils, le fait essentiel est la prolifération épithéliale ; dans le deuxième, au contraire, ce qui domine le tableau c'est la prolifération du stroma conjonctif.
Pfannenstiel a été un des premiers à démontrer la faus-
HO seté de ces assertions. On doit admettre avec lui que le fait important dans la formation de ces tumeurs, c’est la prolifération épithéliale : c’est par l'épithélium que la prolifération néoplasique a commencé, el c'est l'épithélium qui, en proliférant, a entraîné un tractus de tissu conjonctif sous-jacent.
Donc la différence entre les kystes glandulaires et les kystes papillaires ne réside plus que dans ce fait, que dans le premier cas la prolifération épithéliale se fait en dehors des tubes primitifs, revêlant un aspect glandulaire, adénoïde, tandis que dans les tumeurs papillaires la prolifération se fait dans l'intérieur même des cavités kystiques sous forme de bourgeons plus ou moins nombreux, plus où moins volumineux.
Les rapports étroits qui unissent ces deux formes du {umeurs épithélales de lovaire sont encore mis en évidence par ce fait bien montré déjà en 1836 par Poupinel, que les formes glandulaires pures ou papillaires pures sont tout à fait exceptionnelles.
La plus souvent un kysto-adénome de l'ovaire est extrèmement compliqué dans sa texture,et l’examen,toujours fort long, doit en être fait avec beaucoup de soin ; mais une mvestigation soigneuse restera bien rarement sans amener la découverte de quelque point intéressant, différant par sa structure et son évolution spéciales du reste de la tumeur.
Il est des cas nombreux où la prolifération se combine, se mélange dans une tumeur ovarienne à la prolifération glandulaire, mais presque toujours 1l arrive un moment où l’une des deux lemporte sur l’autre, étouffe et fait disparaître complètement la première, el finalement donne à la tumeur une allure toute spéciale qu'elle n'aurait point eu si le mode de prolifération avait été différent.
En effet, pour si analogues, identiques que soient ces deux ordres de lumeurs au point de vue de leur origine et de
leurs stades initiaux, il n’en reste pas moins qu'arrivées à leur état adulte, on trouve un grand nombre de caractères anatomiques et cliniques qui permettent de les distinguer bien nettement ; tous les auteurs ont ainsi été naturellement: conduits à étudier séparément, d'un côté les kystes glandulaires purs, de l’autre les kystes ou tumeurs papillaires.
Cette distinction nous la conserverons dans ce travail, car il serait impossible sans elle d'établir une classification nette des cancers de l'ovaire.
Nous pouvons dire, en effet, que les cellules épithéliales qui, par leur prolifération, constituent ces deux ordres de tumeurs, sont capables dans certains cas de proliférer avec une activité inaccoutumée, et de donner naissance à des . masses de cellules épithéliales atypiques, plus où moins irrégulhèrement disposées, cellules qui ont tous les caractères des éléments cancéreux.
Cette tendance peut se marquer d'emblée dès le début de la néoformation épithéliale, ou bien la dégénérescence cancéreuse peut attendre des tumeurs évoluant depuis longtemps déjà d’une façon bénigne.
Nous voyons donc ainsi apparaitre clairement à nos yeux les deux premiers types de cancer de Povaire que nous aurons à envisager :
19 Les cancers dus à la dégénérescence maligne des kystes ovariens non paprllaures.
2° Les lumeurs papillaires malignes.
Si maintenant, après avoir exposé ces faits comme il était nécessaire de le faire pour la compréhension de notre élude ultérieure, nous revenonsen arrière elnous considérons à nouveau lestade primitif des proliférationsépithéliales de la glande génitale de la femme, l’adénome ovarien, nous pouvons dire que, dans un #roisième cas, l'activité de la cellule épithéliale va
Lao
se manifester pour donner naissance à une nouvelle forme de tumeur épithéliale maligne d'emblée, et qui constituera une troisième variété de cancer de l'ovaire.
3° C’est le carcinome solide non papillaire de l'ovaire dont nous décrirons plusieurs formes histologiques.
Tels sont les trois types de cancer ovarien que nous aurons à envisager successivement tout d'abord dans notre étude au point de vue de leur structure, de leurs formes histologiques et de leur histogénèse.
Mais ils ne constituent pas à eux seuls la totalité des cancers primitifs de l'ovaire d’origine épithéliale.
Une dernière variété de cancer épithélial primitif de l'ovaire sur laquelle nous insisterons tout particulièrement a été décrite sous le nom de :
‘4e Chorio-épithéliome de l'ovaire.
Nous avons eu la bonne fortune de rencontrer deux cas de ces intéressantes tumeurs parmi les pièces qu'a mises à notre disposition M. le professeur Forgue ; nous les avons étudiées aussi complètement que possible et nous tàcherons de tirer de cette étude des conclusions qui contribuent à éclairer la nature et le mode de développement de ces formations encore bien incomplètement connues.