‹ Le Cancer et la GuerreChapitre 11 sur 13 · DR RE · texte numérisé non relu

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La mort survint au bout de 2 mois z

À l’autopsie gliome du volume d'un marron d'Inde occu-

pant dans les deux hémisphères les régions sous-thalamiques et pédonculaires. ;

Le volume de la tumeur trouvée à l’autopsie, ainsi que le temps écoulé entre le traumatisme, l'apparition des premiers

symptômes et la mort (2 mois À) montrent qu'il ne saurait être établi ici de rapport de cause à effet entre l’accident et le développement de la tumeur (1).

Les relations entre le traumatisme aigu et le cancer restent encore plus obscures que ce que l'on à bien voulu Île

dire, les chiffres montrent que c’est dans des cas très rares.

seulement, si on les CORRE bien, et à peine dignes d’être

notés si on les compare à à l'énorme quantité de tr'aumalisés.

quel le cancer a suivi un traumatisme aigu.

Quant aux traumatismes chroniques et aux irritations cutanées, leur rôle dans cette guerre comme facteur cancerigène est aussi de minime importance. Tous les soldats, je parle de ceux qui ont fait Ja guerre et qui connaissent les tranchées de première ligne, ont eu les ue ments ‘ICS par les bretelles de leur sac, ou de leur fusil, par les charges plus où moins lourdes qu'ils ont transportées. a ou pres-

que tous ceux qui ont vécu dans les cagnas ou dans les bara-

quements fréquemment occupés ont eu des poux, beaucoup se sont grattés, se sont écorchés, ont eu des ulcérations de la peau, et nous n'avons pas trouvé un seul cas pourtant dans lequel la dermatose, la contusion chronique, les lésions irrifauves du tégument cependant si extrêmement fréquentes chez les soldats, aient vraiment engendré le néoplasme. S'il est vrai que le manque de soins, de propreté, l'exposition aux intempéries irritent la peau et favorisent son épaissis-

sement corné ainsi que le développement de plaques

(1) Roussy et Cornir. — Société de Neurologie, 6 juin 1918.

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séborrhéiques, nous ne devons pas oublier que cette nanifestation cancéreuse, (la crasse sénile) est l'apanage des vieillards surtout, et non d'hommes relativement jeunes comme la plus part de nos oldats.

Pour ce qui est de quelqués cas de cancer développés sur des trajets fistuleux et des cicatrices, des recherches sérieuses ont montré que presque toujours c'était sur de vieux foyers ostéo-myélitiques, vieux de trente ans et plus, ou bien des cicatrices de vieilles brûlures que le cancer s'était montré et toujours chez des personnes ayant atteint l’âge de haute fréquence du cancer. Mais combien nos fistules et nos cicatrices de guerre sont différentes de celles-là ! Elles sont surtout portées par des hommes jeunes. Nous ne pouvons pas affirmer, étant donné l'état actuel de nos connaissances sur l'étiologie du eancer, que ces trajets fistuleux, ces cicatrices ne deviendront pas le point de départ de proliférations néoplasiques. Actuellement, en tout cas, rien ne nous permet de le prévoir. | La syphilis, dont le nombre des cas s’est tellement accru pendant cette guerre ne paraît pas avoir augmenté le chif-

fre des cancéreux. Si l’on a pu voir le cancer se localiser

sur la langue ou les muqueuses d’un soldat svphilitique, on trouvait en général réunis sur le même individu les facteurs de tabagismes, d'alcoolisme et surtout l'âge que l'on pouvait avec aulant de raison incriminer.

Un point nous reste encore à envisager : ce sont les conditions d'alimentation et de régime des soldats aux armées. Comme nous l'avons dit däns le chapitre précédent, le fond même de l'alimentation du combattant est la viande. Si nous en croyons les partisans de la théorie de l'alimentation carnée comme facteur cancergène indéniable, ne devrions-nous pas nous attendre à. voir ce processus morbide croître encore en fréquence et ce dans des proportions considérables puisque tous nos soldats mangeaient de la viande et presque uni-

LPO | si quement de la viande. Mais la guerre vient de prouver que la valeur de l'alimentaion carnée comme facteur cancerigène est bien minime. D'autres études antérieures avaient d'ailleurs montré que le cancer n'était pas l'apanage exclusif des pays où l’on mange beaucoup de viande, mais que les pays végétariens payaient aussi leur tribut à ce terrible fléau.

Nous voyons donc que malgré la multiplication des fac-

teurs auxquels on attribue une part souvent même énorme dans la production du cancer, qu'ils soient les traumatismes, les infections, les trajets fistuleux les conditions même d'existence des soldats, etc., le nombre des cancéreux ne s'est pas accru comme on aurail pu sy attendre. Qu'est-ce, en effet, que 486 cas de cancer reconnus, puisque tel est le nombre

des dossiers examinés, si on les compare aux centaines de.

mille blessés, aux millions d'hommes à qui les soins de propreté ont manqué, qui ont mangé beaucoup de viande, bu pas mal d'alcool, fumé beaucoup de tabac ! Bien peu de chose certes ; et nous pouvons dire en terminant que la guerre, si elle n’a pas diminué le nombre des cancéreux, ne l’a pas accru non plus. Si nous trouvons des cancéreux dans l'armée, n'oublions pas que ce ne sont plus uniquement des jeunes gens de 20 à 22 ans qui la composent, mais que tous les âges, Jusqu'à la soixantaine, Y sont représentés.

Il nous reste un dernier point à envisager : celui de la jurisprudence qui s'est établie au point de vue de l’attribu- Hion de ces faits de cancer aux circonstances de guerre, Mais à-ce sujet nous pouvons mieux faire que répéter ce que dit M. le professeur Forgue dans son rapport déjà cité plus haut :

«Il s'est produit, dans les décisions du Service des pensions, une évolution radicale : autrefois il était de règle d'exclure toutes relations de cause à effet entre le cancer et les faits de service. Depuis la guerre, cette doctrine rigou-

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RE PA reuse à fléchi : une interprétation bienveillante à prévalu, qui admet soit comme cause directe, soit surtout comme cause d'aggravation, l'action possible des divers facteurs étiologiques que nous avons étudiée plus haut, c’est-à-dire le traumatisme, l'alimentation défectueuse, et même les fatigues. -

Sur 7 dossiers de malades cancéreux réformés, 6 ont été admis, dont 5 avec une retraite de cinquième classe, et un avec retraite de sixième classe.

Les dossiers de veuves qui ont été examinés sont au nombre de 479. Un assez grand nombre, près de la moitié (182) ont été rejetés pour défaut de pièces d’origine, les documents fournis n'ayant pas paru suffisants pour établir que le cancer était imputable, directement ou par aggravation, à des faits de service. |

Mais dans 279 cas cette responsabilité a été admise : dans 19 de ces cas, le cancer a été considéré comme pouvant être rattaché à un traumatisme ; dans 278 cas il a paru avoir été occasionné ou aggravé par des circonstances de service en dehors de tout traumatisme.

Par cette interprétation large, ne tenant pas compte des incertitudes théoriques qui continuent à obscurcir le problème du cancer, l'Etat affirme une disposition bienveillante, humaine à l'égard de ces malheureux et de leur famille. »

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