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Que de fois nous est-il arrivé dé voir à notre poste de secours des hommes avec les épaules meurtries par les lourdes charges qu'ils transportaient chaque jour. |
Nous trouvons quelques exemples de ces tumeurs dus à des traumatismes répétés que nous empruntons à M. Bérard:
1° Un soldat de 33 ans présente à la tête une ancienne cicatrice de brûlure. Au point de cette cicatrice irrité par le
frottement du casque se développe un épithélioma de cuir.
chevelu ;
2 Un autre, âgé de 26 ans, présente un fibro-sarcome périostique de l’omoplate qui s'est développé au niveau d'un foyer de contusion chronique entretenu par la pression des courroies du sac ; ;
3° Chez un troisième soldat, âgé de 33 ans, après extraction d'un éclat de grenade, il apparaît sur la cicatrice cutanée un petit nodule qui est ulcéré par la pression du casque, qui est opéré à deux reprises et qui, à la fin de la troisième année, aboutit à la formation d’un ostéo-sarcome du frontal inopérable et du volume d’une demi-orange. |
Comment se produisent ces néoplasmes ? La théorie admise le plus souvent est la suivante : Les modifications des épithéliums qui se rencontrent dans les inflammations chroniques de chaque organe ou tissu, modifications imputables aux actions mécaniques où chimiques, aux troubles circulatoires ou nutritifs ,aux entraves fonctionnelles, ont pour résultat des proliférations néoplasiques après les stades successifs de
l'hyperplasie simple des formations adénomateuses, des épi- :
théliomes envahissant et enfin atypiques,
Mais il faut faire une place à d’autres facteurs qui rentrent, d'ailleurs, dans ce chapitre. Nous voulons parler du manque de soins de propreté, dont ont tant souffert les poilus, des poux, de l'exposition aux intempéries. Il est un fait établi,
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c'est que la-malpropreté des téguments amène le développement de plaques séborrheiques. Les poux et le grattage qu'occasionnent ces compagnons peu agréables amènent des plaies et des ulcérations cutanées sans cesse renouvelées et entretenues. véritables portes d'entrée pour le parasite du cancer (si l'on admet la théorie parasitaire de ce processus morbide). Et chacun sait que bien peu parmi nos soldats ont échappé à ce fléau des tranchées et des abris.
Des irritations cutanées plus banales encore, les verru- cosilés, les crevasses de la peau, du visage et des mains dues à l'exposition constante aux intempéries peuvent êlre mises en cause, de même que les irritations chroniques des muqueuses, surtout de la muqueuse buccale soit par la pipe, la cigarette ou les dents mal entretenues.
Et toutes ces irritations chroniques de la peau ou des muqueuses, quelle que soit leur nature, sont l'origine de néoplasie, et de néoplasies malignes en relation intime avec l'inflammation chronique provoquée par ces irritants : car il n'y a pas seulement relation de fréquence, mais encore relation de lésions, les formes inflammatoires bénignes et banales se continuent par transitions graduées avec les néoplasies et les formes malignes. 5
Les trajets fistuleux, les cicatrices semblent bien aussi être des facteurs qui ne sont pas à dédaigner en ce qui concerne les soldats. Voyons comment ils peuvent intervenir dans la formation des néoplasmes. Pour les trajets fistuleux, ils se tapissent à la longue par extension graduelle d'un épithélium de formation nouvelle el dérivé de revêtements cutanés ou muqueux au niveau desquels s'ouvrent leurs ‘orifices et peuvent aussi devenir le point de départ d'un épithélioma. Or nous savons que nombreux sont les-blessés porteurs de fistules qui ont continué à couler pendant de longs mois, voire même des années.
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Au niveau des cicatrices se produisent des phénomènes
d'irritations chroniques continues des épithéliumas englobés :
dans le tissu fibreux de formation nouvelle, isolés en îlots hétérotopiques, pertubés dans leur nutrition et leur fonction.
La vie en commun sans aucune préoccupation hygiénique
pourrait être, pour les partisans de la contagion du cancer, un facteur cancerigène de tout premier ordre parmi les soldats.
D'aucuns ont voulu incriminer l'aliméhntation carnée, l’alcoolisme, et si ce facteur avait une grande valeur cancerigène il semble bien qu'il devrait être mis dans les premiers,
la nourriture du soldat étant essentiellement ou presque, dE
la viande. ’ Mais cet exament des due facteurs réputés cancerigènes n'est point terminé et. il nous reste à étudier les rapports de la syphilis et du cancer. Cette maladie a, en effet, fait des progrès vraiment effrayants au cours de cette guerre,
et l'étude des relations entre le cancer et la syphilis est inté-.
ressante à coup sûr. Les lésions et ulcérations syphilitiques peuvent aussi être le point de départ de cancers soit à la peau, soir sur les muqueuses, ou même dans les viscères. On admet, en général, ‘que les lésions de la syphilis prédisposent au cancer mais, en réalité, il ÿ a indépendance entre l'agent pathogène de la syphilis et l'agent cancéreux. Ce dernier profite des lésions syphilitiques pour pénétrer dans les tissus profonds (cela, bien entendu, en admettant la théorie parasitaire du cancer). On voit, en effet, le plus souvent le cancer se localiser sur la localisation même de la syphilis, ainsi le cancer de la cavité buccale est-il plus fréquent chez
les syphilitiques parce que la région buccale est un lieu de
prédilection pour les accidents secondaires et tertiaires. Pour ceux qui nient le parasilisme du cancer, ils admettent cependant l'action de la syphilis sur la genèse du cancer. Le tréponème pâle, aidé de ses toxines, a pour principale fonction de
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bouleverser la contexture générale des tissus.el par suite des organes. La syphilis favorise de la sorte l'évolution anarchique des épithéliums :et leur vitalité anormale au sein du tissus conjonctivo-vasculaire, phénomène qui est précisément la caractéristique histo-pathologique du cancer épi-: thélial. <
Tels sont les principaux facteurs cancerigènes qui, par
‘leur fréquence pendant la guerre, pourraient être mis en
cause dans la formation des tumeurs.
Mais leur rôle a-t-il été aussi important que ce que l'on pourrait l’imaginer ? Il ne le semble pas et nous allons xaminer quelle est la part réelle que l’on peut attribuer à chacun de ces facteurs tant mullipliés par là guerre dans la
pr oduction des néoplasmes. ù