‹ Le Cancer GingivalChapitre 10 sur 26 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Nous passerons sous silence les diverses méthodes anciennement employées et qu donnent de très mauvais résultats. Ces vieux procédés qui consistent dans l'application de différents caustiques doivent être totalement abandonnés.

Pour nous le traitement dépendra de la manière dont on a envisagé le pronostic. Or comme la tumeur est d'une grande malignité, nous serons loin de préconiser la chirurgie conservatrice. Notre intervention sera non seulement légitimée par l'évolution rapide de la tumeur, mais encore par les troubles fonctionnels qu'elle peut entrainer.

Il est inutile de pratiquer l'opération par les voies naturelles parce qu'elle sera toujours incomplète. Tout au plus pourrait-on faire de cette façon un curetage soigneux de la tumeur, maisle procédé, s'il a l'avantage de moins défigurer le patient, le fait courir au devant d'une récidive certaine et presque immédiate.

Quelle sera donc en premier lieu la thérapeutique à suivre ?

Mr

On fera l'antisepsie de la cavité beucale ; puis on1ira réséquer par la voie externe,soit à la pince coupante,avec de fortes cisailles, soit à la gouge ou au maillet, toute la portion osseuse correspondant au tissu malade. Si la lésion parait minime, on se contente de trancher tout le bord alvéolaire de façon à le déduire dans toute sa hauteur, mais le plus souvent il faudra enlever avec la lésion, tout le plan osseux sur lequel elle repose, sans négliger de sacrifier une large bordure de la muqueuse macroscopiquement saine.

On extirpera les organes Iymphatiques qui sont léses. Mais ici ce ne sont pas les ganglions superficiels qui sont atteints comme dans les lésions cancroïdales des lèvres; les ganglions profonds par suite de leurs connexions avec le système lymphatique des gencives sont seuls dégénérés. Cette situation rend l’extirpation plus diflicile ; ils ne peuvent pas être amenés sur le bord du maxillaire et enlevés par une simple incision du tégument, il faut aller les chercher dans la loge sous-maxillaire et l'intérieur même de la glande. Cette recherche ne présente du reste aucune gravité, les blessures de la glande sous-maxillaire étant aussi bénignes que promptement cicatrisées. On pourra terminer l'opération au besoin par une cautérisation large au thermo-cautère qui arrêtera en même temps l'hémorrhagie.

M. le docteur Morestin se sert du débridement de Jaeger et c'est le mode opératoire de prédilection.

Ce dernier ayant eu à extirper un cancer assez étendu de la langue et du plancher buccal, imagina de

TR Es

faire à la joue une incision transversale qui ouvrit | une large brèche HSHReTtaNt d'arriver facilement sur le

Voici la description de ce procédé :

On fait à la joue une incision allant de la commissure des lèvres au bord antérieur du masséter et intéressant toute l'épaisseur des parties molles, on écarte les deux lambeaux : on excise alors les parties malades puis on procède à la réunion au moyen d’une double suture, l’une simple pour la partie muqueuse, l’autre entortillée pour les parties externes. On enlève, ou bien on épargne la glande sous-maxillaire, on évite si possible de couper les muscles stylo-glosse et hyo-glosse.

On lie les vaisseaux qui saignent.

Pendant tout le temps que dure l'opération, le malade a dormi au choroforme sans qu'on ait eu à en suspendre l'administration.

Tout s'est bien passé, les suites opératoires sont sans gravité sérieuse et le pronostic est relativement bénin.

Après cicatrisation si la perte de substance est large, l'application d'une pièce prothétique sera parfois indiquée.

Les chiffres sont là pour donner plus de poids à l'affirmation de larges ablations.

Sur dix cas d'intervention que nous ayons pu réunir, on a fait cinq fois la résection et la guérison a eu lieu, il est toutetois LCÉTEl DIE que les malades n'aient pas été revus.

Dans deux cas, récidive presque immédiate suivie de mort, l'opération laissant ça et là forcément des mas ses néoplasiques qui ont proliféré de nouveau.

C'est la seule explication qu'on en pue

De par sa nature même le cancer gingival réclame donc une grande intervention ; son évolution justifian pleinement l’ablation la plus complète, il faut toujours faire la résection partielle ou totale de la partie du maxillaire correspondant à la lésion,touten ne craignant pas d'empiéter sur le tissu sain.

Page 1