OBSERVATION I
ncer à point de départ gingival, par M. le D' Morestin. (Bullelin de la sociélé anatomique, 26 octobre 1900).
Le malade était un homme de 5$ ans, venu, pour me consulter le 1° mai 1899. Difficile à interroger étant complètement sourd; il nous a appris néanmoins qu'il était grand fumeur, et que l'affection dont il était atteint remontait seulement à quelques semaines. Il avait perdu depuis longtemps toutes ses molaires d'en bas, d’un côté comme de l’autre. Or, sur la gen- | cive inférieure gauche, dans la partie dépourvue de dents existait une ulcération longitudinale, en ruban, étendue depuis la branche montante du maxillaire, jusqu’à la canine qui persistait, | | ulcération granuleuse, à fond tourmenté, couvert de bourgeons, rouge violacé, irréguliers, avec ça et là des détritus blanc
grisâtre.
Unléger bourrelet dur entourait cette plaque ulcérée immo
men pe
bile sur le bord libre du bourrelet gingival. Un liseré d’un blanc de lait lui formait une bordure incomplète, mais nettement visible en dedans et en dehors.
C’étaient les restes d'une plaque ieucoplasique, qui avait été sans aucun doute l'origine de l'épithélioma. Il eut été très facile d’extirper cette lésion avec quelques chances d'obtenir
un résultat favorable ; mais cet homme très pusillanime, s’en-
fuit dès qu’on essaya de lui faire comprendre la nécessité d’une
opération,
OBSERVATION Il
Cancer à point de départ gingival, par M. le D' Morestin,
(Bullelin de la sociélé anatomique. 26 octobre 1900)
Il s’a-it d’une femme de so ans, M. D. qui m'a été adressée par Leredde et qui est entrée le 24 août 18099 à Saint-Louis. Isolement n° 16.
Cette femme présentait du côté droit de la bouche, une ulcération occupant la gencive supérieure et empiétant sur la voûte palatine. Le début apparent remontait à deux mois. Une dent cariée depuis longtemps, était brusquement devenue douloureuse. On en avait fait l'extraction, mais les souffrances loin de diminuer avaient paru augmenter encore, en même temps que l'ulcération, dont la présence avait été constatée lors de l'extraction, s’étendait vers le palais.
Au moment de l'entrée À l'hôpital cette ulcération pouvait
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être évaluée aux dimensions d’une pièce de 1 franc ; par sa
forme elle rappelait une écaille d'huitre dont la partie externe
moins étalée, répondait à l'emplacement de la dent enlevée qui était la deuxième molaire et entourait un chicot vestige de la première. Ce chicot était encore assez solidement implanté, d'où l'on pouvait conciure que +on alvéole était encore probablement respectée.
L'ulcération était superficielle, sèche, très graruleuse, entourée d'un très léger relief indiquant un mince bourrelet, saignant facilement au toucher, indolente à la pression.
C'était un cancroïde de la gencive, il avait pris naissance au voisinage immédiat de la dent, au niveau de la sertissure de
cette dent et s'était de là propagé surtout du côté de la mu-
queuse.
L'exploration de la gencive du côté externe était négative, il n’y avait de ce côté, ni saillie anormale, ni changement de coloration, ni douleur à la pression, rien qui indiquât une modification de la portion alvéolaire du maxillaire supérieur, de la fibro-muqueuse qui la recouvre, ni du sinus d'Highmore.
Pas de ganglions. Etat général excellent, rien ailleurs. santé antérieure irréprochable.
Le 25 août, j'opérai cette malade, en m'’aidant du débridement de la joue à la manière de Jaeger. Je fis l'extraction du chicot, puis traçai autour du néoplasme une incision passant à 8 millimètres à peu près tout autour, décollai avec la rugine courbe de dedans en dehors la muqueuse du palais osseux et constatai que la face profonde de cette membrane était de bonne apparance, puis réséquai avec la pince gouge le bord alvéolaire, de façon à le déduire dans toute sa hauteur, bien que dès le premier coup de pince on pôt constater que le tissu néopla-
Le Ar na
sique ne pénétrait pas dans l'intérieur de l'os. Je voulus réséquer encore la portion palatine adjacente.
La dernière molaire n’existait plus, j'avais détruit le bord alvéolaire depuis sa partie postérieure jusqu'à l'implantation de la deuxième prémolaire, et l'intervention semblait dépasser très largement les limites du mal. La palatine postérieure tranchée par un coup de gouge nous donna du sang, mais on sait que les hémorrhagies de cette artère un instant gènantes, s'arrêtent très vite malgré la violence du premier jet. Il suffit de comprimer et d’attendre un instant, l'hémorrhagie s'arrête presque toujours. C’est ce qui arrive chez ma malade ; après quelques minutes je pus recoudre la joue en toute tranquillité. Les fils furent enlevés le 1#° septembre, le débridement génien étant parfaitement réuni. Du côté de la bouche la plaie bourgeonna rapidement, prit un aspect très satisfaisant et la cicatrisation fut complète vers la fin de septembre.
La cicatrice extérieure était peu visible, les mouvements de la mâchoire à peine gènés.
Mais cet état satisfaisant dura bien peu ; la récidive survint presque immédiatement, envahissant d’autres parties de la gencive et la muqueuse palatine et la malade entra de nouveau à Saint-Louis, Isolement n° 32 le 14 novembre 1890.
Elle fut réopérée dès le lendemain 15 novembre, l’intervention consista comme la première fois dans l’extirpation du tissu malade et d’une zone saine autour de l’ulcération.
Les deux prémolaires furent sacrifiées ; ce qui pouvait rester du bord alvéolaire, une bonne partie du palais osseux, furent détruits à la pince gouge.
Le débridement commissural avait rendu ces manœuvres
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