STE
L’incisive latérale inférieure droite répond alors à la deuxième prémolaire supérieure. Inversement, quand la mâchoire subit un mouvement d’ascension la déviation se corrige spontanément d’une façon presque complète, et la même incisive latérale répond à la canine supérieure.
Le retrait de la partie restante est presque imperceptible. Aussi la mastication peut-elle s'effectuer dans d'excellentes conditions et, sauf les aliments trop durs, le malade peut manger tout ce qu’il veut. Il est obligé de tremper son pain dans un liquide, mais il mâche fort bien la viande. L’élocution est aussi très satisfaisante, ce qui laisse un peu à désirer c'est la prononciation des s. Mais le malade peut débiter sans arrêt et sans peine d'assez longues tirades de vers. En somme, c'est un résultat assez rarement obtenu après les résections aussi étendues de la mâchoire inférieure. La raison en est que dans ce cas la réunion a été obtenue d’une façon. pour ainsi dire immédiate. Le principal facteur des déviations permanentes et accentuées de la moitié restante du maxillaire est la rétraction cicatricielle.
Si la plaie se ferme avec lenteur après une abondante suppuration, la déviation est très accentuée et très gênante. Ici les tissus sont devenus très souples et ne gènent point le jeu de la mâchoire. Il est donc très essentiel d'obtenir, autant que possible une réunion rapide. C'est dans ce sens plus que dans l’application immédiate d’appareils prothétiques qu'il faut, à notre avis, perfectionner la technique, au moins pour les résections latérales, la question étant toute différente pour l'arc antérieur. Notre malade ne porte actuellementr aucune pièce artificielle et ne semble pas en éprouver le besoin. Cette prothèse, après guérison, serait cependant possible sans de trop
grandes difficultés. Le peu de difformité tient surtout à ce que la partie antérieure de la mâchoire a pu être gardée ; la largeur du visage est peu modifiée et son pôle inférieur, la bouche au repos, garde sa régularité; les muscles de la commissure conservant leurs connexions, leurs fonctions sont très peu compromises.
En outre les parties molles n'ont que peu de tendance à s’enfoncer vers la profondeur, à se recroque/iller à cause de la bonne qualité de la cicatrice. ’
Il y a anesthésie de la moitié droite de la lèvre inférieure dûe à la section du nerf dentaire. Le mouvement de torsion que subit la partie restante du maxillaire inférieur quand les deux mâchoires s'écartent, s'explique très naturellement par le point d'insertion des muscles abaisseurs très en dedans par rapport au point d'appui condylien, ces muscles agissant d’ailleurs au moment ou les élévateurs qui auraient pu lutter contre ce mouvement sont précisément relachés. On pourrait croyons-nous au cas où cette déviation serait assez prononcée pour gêner le malade, y remédier par une opération fort simple qui consisterait à déplacer une partie du sterno-mastoïdien, pour l'insérer sur la mâchoire, de manière à faire certains animaux un muscle sterno-maxillaire. Pour que ce muscle abaisseur surajouté pût contrebalancer l'action du digastrique et du génio-hyoïdien, il faudrait lui faire prendre insertion du côté externe de la mâchoire et assez en avant en l’attachant par exemple au bord antérieur du masséter près de son extrémité basse. Opération simple disions-nous ? Très simple.
Le sterno-mastoïdien est tout près de l'angle de la mâchoire qui vient le frôler quand elle s'abaisse.
Une incision courbe contournant cet angle permet de décou-
ne
d'isoler par cette manœuvre, transporter et fixer cette extrémité
lé
DA
he. ra je A a “ vrir aisément sterno-mastoïdien et masséter, Diviser le premier
longitudinalement, attacher en haut le chef que l’on vient
Sur l’aponévrose massétérine par quelques fils, il n'y a là en
vérité rien de difficile, ni de :angereux.
La bénignité certaine de ces manœuvres nous engage à essayer de corriger ainsi la tendance à la déviation du maxillaire dans les pertes des substances latérales, surtout portant sur la partie postérieure de l'os.
La pièce enlevée chez notre malade ne montre rien qui ne fut prévu d’après l'examen clinique. Le néoplasme a pénétré dans les alvéoles des première et deuxième molaires et les
remplit, elles sont d'ailleurs élargies, leurs parois sont résor-
bées en partie et la coulée néoplasique s'enfonce entre les deux tables du maxillaire jusqu'au canal dentaire. L'examen microscopique montre qu'il s'agit d'épithélioma pavimenteux à globes cornés, tout à fait typique, comme c'est d’ailleurs une règle presque invariable daus tous ces cancers buccaux. L'ulcération linguale excisée au cours de l’opération eut été intéressante à étudier au point de vue histologique pour en déterminer exactement la nature, mais cette petite pièce a été
malheureusement égarée