‹ Le Cancer GingivalChapitre 6 sur 26 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE PATHOGÉNIE

L'anatomie pathologique macroscopique faisant aussi bien partie de la symptomatologsie, nous placerons ce qui a trait à la morphologie du cancer gingival dans la partie clinique de notre sujet. |

Examinons donc la constitution histologique de l’épithélioma gingival. Des coupes de tumeurs extirpées par M. Morestin et faites par M. Milan établissent nettement dans les huit premières observations qu'il s’agit d’un épithélioma dont le point de départ est dans la couche profonde de la muqueuse gingivale.

Dans tous ces cas rapportés, la tumeur n'est pas recouverte par l’épithélium superficiel ; l’ulcération de l'épithélium gingival a toujours été notée.

Si pourtant on observe la lésion au début, on doit remarquer sans doute un amincissement progressif de la muqueuse; l'enveloppe épithéliale pavimenteuse qui recouvre d’abord la masse néoplasique est refoulée,

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tendue; les couches épithéliales profondes étant en voie de multiplication désordonnée, tâchent de trouver place, font disparaître la couche unique superficielle et l'on trouve ainsi peu à peu la masse épithéliale profonde, dénudée de tout revêtement. La néoplasie épithéliale a détruit en tous cas la membrane basale et l'on aperçoit dans les mailles du tissu conjonctif une accumulation parfois considérable de blocs cornés, de ces amas cellulaires qui présentent la transformation métatypique. Ces globes épidermiques colorés en jaune par l'acide picrique, se montrent évidemment formés de cellules épithéliales imbriquées les unes sur les autres, très reconnaissables à la périphérie, mais confondues au centre en de véritables perles renfermant des cellules en voie de kératinisation.

La délimitation entre l'épithélium et letissu conjonctit papillaire ne se fait plus, ce dernier laisse suinter un liquide séro-sanguinolent; tous les vaisseaux du tissu sous-épidermique sont béants, à endothélium turgescent, souvent bourrés d'éléments figurés du sang, de leucocytes.

Le tissu osseux paraît rester longtemps indemne, puis le maxillaire est intéressé, les bourgeons épithéliaux toujours progressant finissent par forcer la coque osseuse et par s'enfoncer entre les deux tables du maxillaire.

Les tissus voisins moins résistants sont infiltrés par la néoplasie épithéliale qui gagne ainsi le plancher de la bouche, (obs. VIT) la partie interne de la joue et le palais.

Quant à la pathogénie de l’épithélioma gingival, ou cause première de sa production, elle se confond avec celle des autres néoplasies, puisque nous avons affaire à une tumeur maligne.

On chercha à expliquer de toutes les façons la nature intime des désordres mortels que ce mal opérait chez les sujets atteints.

Ainsi fut établie la fameuse formule de Wirchow omnis cellula ex cellula ou théorie du développement continu. Le cancer avait pour point de départ les corpuscules du tissu conjonctif qui s’hyperplasiaient.

Puis ce fut la théorie de Verneuil sur la diathèse néoplasique.

Conheim chercha à expliquer la genèse du mal par la théorie de l'inclusion fœtale. « Toute tumeur dérive de la prolifération excessive des débris cellulaires embryonnaires persistants chez l’adulte. » Mais cette théorie du savant histologiste s'appliquerait plutôt au cancer adamantin résultant du bourgeonnement désordonné des vestiges épithéliaux paradentaires.

Il y eut la théorie de Thiersch ou « de la rupture d'équilibre entre les tissus conjonctif et épithélial. »

Ce fut la théorie pathogénique de Bard pour lequel « une tumeur est une monstruosité de développement cellulaire ; elle est le fait de la prolifération sans frein de cellules malformées, devenues anarchiques et entrées en quelque sorte en révolte contre la collectivité. » Mais toutes ces théories étaient des hypothèses ; la preuve scientifique restant toujours à faire, elles furent peu convaincantes et tombèrent tour à tour.

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