LA TIA
actifs dans toute l'étendue du territoire cancérisé et immédiatement autour de lui.
On a reproché aux aiguilles d'offrir les inconvénients suivants : 1° Le foyer radio-actif n'occupe que les deux tiers de l'aiguille, à cause de la pointe à une extrémité et du chas à l’autre, d’où rayonnement secondaire nuisible.
2° La filtration est insuflisante et on ne peut l’augmenter sans accroître par trop le diamètre de l'aiguille.
3° Les aiguilles tiennent difficilement en place.
Le premier de ces arguments est plus théorique que réel, la présence de platine dans, les tissus sains n'étant pas dangereuse.
On peut remédier à la filtration insuflisante des aiguilles en faisant des applications de durée relativement courte : une semaine environ.
Enfin certains artifices de technique permettent de faire tenir les aiguilles dans la région glosso-amygdalienne, malgré sa mobilité et son irrégularité.
Nous décrirons les procédés imaginés dans ce but par Ledoux, de Bruxelles, et par le Docteur Paoli, au centre anti-cancéreux de Marseille.
Ledoux embroche la tumeur d’avant en arrière et d’arrière en avant, en alternant et en opposant les chas, pour permettre la ligature qui doit assurer leur fixation. À
Ces paires d’aiguilles sont solidarisées par de solides fils de lin fixés à la joue par du leucoplaste. L'auteur utilise 6 à 10 aiguilles de 1,3 milligr. de radium et les laisse en place de huit à dix jours. Cette méthode oblige à opérer autant de ligatures que l’on pose de paires d’aiguilles, opération malaisée en un lieu aussi difficile d'accès que la région glosso-amygdalienne.
Le procédé imaginé par le Docteur Paoli permet de maintenir en place toutes les aiguilles au moyen d’un fil unique.
On commence à placer un fil qui, traversant la langue à sa base, ressortira dans le pharynx et sera ramené dans la cavité buccale à travers le voile. Ceci fait, on plante les aiguilles dans la tumeur et on solidarise les fils qui maintiennent chaque aiguille au fil conducteur qui a été précédemment placé. Il suffit de serrer les deux cheîs de ce dernier, pour solidariser toutes les aiguilles et les maintenir solidement en place. On engaine les fils métalliques de
hp à
caoutchouc noir pour éviter le rayonnement secondaire au niveau de la commissure buccale et on les fixe à la joue par des bandes de leucoplaste.
La pose des aiguilles se fait sous anesthésie. L’anesthésie générale a l'inconvénient de déterminer, au réveil, des mouvements spasmodiques qui risquent de déranger les aiguilles. On les réservera aux malades indociles ou pusillanimes.
Mieux vaut pratiquer l’anesthésie locale, soit par infiltration avec une solution de syncaïne ou de scurocaïne à 1 %, soit par simple contact avec une solution de cocaïne à 20 %.
Quand la sensibilité reparaît, le malade accuse une douleur vive pendant 24 heures. Le second jour, il s'habitue à son appareil et le supporte facilement jusqu’à la fin, pouvant s’alimenter avec des liquides. Il faut, pendant toute la durée de l’application, procéder à des soins de propreté minutieuse de la cavité buccale.
Un certain nombre de malades, dont nous rapportons plus loin les observations, ont été traités suivant cette technique.