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LES RESULTATS

Après avoir passé en revue les différents moyens dont nous disposons pour lutter contre le cancer glosso-amygdalien, après avoir exposé les différentes techniques utilisées, il nous faut jeter un regard d'ensemble sur les résultats définitifs obtenus.

Lorsqu'il s’agit de cancer, il faut préciser ce que l’on entend par guérison. La récidive, quand elle se produit, débute avec le maximum de fréquence, moins de trois mois après l'intervention ou entre un an et deux après. Les récidives tardives, de plus de deux ans, sont relativement rares. On peut donc considérer comme guéri un cancer qui n’a pas récidivé depuis deux ans. Il faut également tenir compte, dans l’appréciation des résultats, du degré d’extension du cancer et surtout de son opérabilité, dans le but principalement d'établir, dans le cas de cancer opérable, un parallèle entre la chirurgie et la curiethérapie.

Nous avons déià fixé les limites d’opérabilité du cancer glossoamygdalien, nous n’y reviendrons pas.

Il est à peu près impossible d'exposer les résultats obtenus par les auteurs dans le traitement du cancer glosso-amygdalien. Il n'existe aucune statistique concernant cette variété particulière de tumeurs. Les statistiques publiées sur le traitement du cancer de la langue n’ont pas d'intérêt pour nous : la localisation est différente et les indications varient suivant la variété anatomique. Nous ne pouvons pas plus faire état des résultats obtenus dans le traitement du cancer amygdalien, ce dernier étant fréquemment de nature conjonctive et, par suite, beaucoup plus radiosensible.

Le cancer glosso-amygdalien, nous l’avons vu, affecte, par suite de sa situation et de son évolution, une gravité toute spéciale : la guérison définitive est obtenue beaucoup plus rarement que dans je cas des autres cancers de la cavité buccale.

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Trois facteurs ont une importance capitale dans l’appréciation des résultats : les risques du traitement, la précocité de la récidive, l'évolution de la récidive. é

Nous allons exposer, à la lumière des observations publiées ciaprès, les résultats obtenus tant par la chirurgie que par la curiethérapie et l'association radio-chirurgicale.

Les résultats du traitement chirurgical

Nous ne reviendrons pas sur la gravité des interventions par voie externe : transpelvienne ou transmandibulaire. La mortalité opératoire est considérable. Les opérés meurent quelquelois de choc et de collapsus dans les 48 premières heures. Le plus souvent, c’est une septicémie aiguë qui emporte le malade dans les huit ou dix premiers jours, septicémie due à la suppuration du champ opératoire qui subit un processus de gangrène plus ou moins profond, ou encore une broncho-pneumonie de déglutition. Quelquelois, les opérés succombent consumés en trois à cinq semaines, par une septicémie lente, ou s’éteignent au bout de plusieurs mois, dans la cachexie et le marasme.

Du reste, si l’opéré survit à cette redoutable intervention, il ne semble pas que le pronostic ultérieur soit amélioré. Malgré un délabrement considérable exercé dans le but d’extirper la totalité des cellules cancéreuses, la récidive survient et les guérisons définitives sont exceptionnelles. C’est pourquoi ces techniques sont abandonnées au profit de l'intervention par les voies naturelles. Si les résultats sont aussi décevants, la mortalité opératoire est bien moindre. Dans presque tous les cas, on assiste tôt ou tard à une récidive. Locale, elle se fait au niveau de la cicatrice opératoire. Ganglionnaire, dans la chaîne carotidienne ou sous-maxillaire, pouvant remonter rapidement vers l’espace sous-parotidien postérieur, Pour certains auteurs, la récidive est un fait presque constant et la guérison d’une récidive, un fait exceptionnel,

Nous voyons donc que le pronostic éloigné d’un cancer glossoamygdalien, traité par la chirurgie, est excessivement grave : on ne peut compter en pratique que sur des guérisons transitoires.

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Les résultats de la curiethérapie

Le pronostic si sombre du cancer glosso-amygdalien, traité par la chirurgie, est-il modifié par l'emploi des agents physiques ?

Nous avons vu que les rayons X ne donnent aucun résultat. Nous n’y reviendrons pas.

Les progrès accomplis dans les procédés d'application du radium ont fait de cette méthode, autrefois palliative, une méthode curatrice. Non seulement le radium sera toujours essayé dans les cas inopérables, mais pour beaucoup d'auteurs, c’est à lui que l’on devra s'adresser systématiquement, tout au moins pour le traitement de la néoplasie initiale, même en cas de lésion minime.

Les accidents du traitement sont peu de choses à côté de la mortalité opératoire importante de la cure chirurgicale.

L'hémorragie peut s’observer au cours du traitement ou dans les quelques jours qui suivent l’ablation du corps radio-actif. Nous avons vu quelles précautions il faut prendre pour éviter la radionécrose du maxillaire inférieur. Les accidents infectieux sont évités si l’on a soin de désinfecter énergiquement la cavité buccale avant toute application intra-tumorale. La radio-épidermite, par contre, est fréquente. Nous avons vu quelles précautions il faut prendre pour éviter les brûlures de la peau et de la muqueuse buccale ou, en tous cas, les rendre bénignes.

Nous voyons donc que les risques du traitement sont négligeables. Il s’agit de déterminer le pronostic immédiat et ultérieur des malades traités par la curiethérapie. Dans la majorité des cas, on obtient une cicatrisation rapide du cancer. La récidive, ici comme ailleurs, est la règle, et dans l'appréciation des résultats, deux facteurs ont une importance primordiale : la précocité des récidives et la rapidité de leur évolution.

Les résultats de l'Association radio-chirurgicale

Améliore-t-on le pronostic en pratiquant l’exérèse chirurgicale des chaînes ganglionnaires et en laissant au radium le soin de parfaire l’œuvre du chirurgien ? Ce point est difficile à fixer, car le fait que l’exérèse ganglionnaire est possible prouve qu'il ne s’agit pas d’une forme trop avancée. La comparaison des résultats fournis

Or

par deux techniques différentes ne peut se faire d’une façon rigoureuse qu'à l’aide de statistiques portant sur des cas comparables, tant au point de vue de la localisation que de l'extension.

Il paraît cependant acquis que ce sont les méthodes associées qui donnent les meilleurs traitements. Il est sage de pratiquer l'ablation chirurgicale de la métastase ganglionnaire. On n’est pas encore absolument sûr du radium et ce dernier venant compléter l'œuvre du chirurgien, on donne au malade deux sécurités au lieu

d’une.

Cette exérèse ganglionnaire n’est pas grave et, en général, bien supportée par les malades. Il convient, dans tous les cas, de pratiquer l'examen histologique des ganglions extirpés, et si cet examen est positif, il faut, sitôt obtenue la cicatrisation de la plaie opératoire, irradier la région cervicale au moyen d’un appareil plastique.

L'étude des observations nous montre que c’est par cette méthode que l’on obtient les meilleurs résultats éloignés.

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