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CHAPITRE VII

Observations

OBSERVATION 1 (Résumée).— Cancer des deux capsules surrénalés avec noyau métastatique du cervelet.—Mort subite,par MM. Weinberg etTurquet (Bulletin de la Société anatomique de Paris.

Mme G.…., couturière, 86 ans. Pas de renseignements sur les antécédents héréditaires. Au point de vue des antécédents personnels, on ne trouve aucune maladie dans l'enfance. Pas de syphilis ni de tuberculose. La malade a été opérée, il y a 2 ans, pour une tumeur dusein droit sur la nature de laquelle on n'a pu avoir aucun renseignement. La cicatrice était souple, sans aucune induration et les ganglions de l’aisselle paraissaient indemnes.

Un mois avant son entrée à l'hôpital, lamaladie débute brus-

Quement par des douleurs vives à la région lombaire et au

creux épigastrique avec perte d’appélil. La malade a des étourdissements dès qu'elle veut se tenir debout. Anorexie très marquée. Douleurs lombaires, diarrhée avec signes de dilatatation gastrique.

Quinze jours après céphalée généralisée avec paroxysmes nocturnes arrachant des cris à la malade, cris aigus d'apparence méningitique. Vomissements fréquents, pupilles égales. On prescrit de l'analgésine, de l'aconitine cristallisée sans amélioration. Le traitement antisyphilitique ne donne aucun résullat,.

NRR QT ES

A son entrée à l'hôpital St-Denis céphalée occipilale sous forme de douleur lancinante ou continue avec paroxysmes nocturnes. Vomissements rares, anorexie complète. Slation verticale impossible à cause de la titubation. Cris aigus pendant la nuitetle matin. Décubituslatéral en chien de fusil. Photophobie.

Organes thoraciques et abdominaux normaux. Urine sans albumine. La céphalée esttoujours aussi intense malgré le traitement anlisyphilitique. Pas de douleur à la pression surle cuir chevelu etla région occipitale. Pas de raideur de la nuque.

Pas de paralysie des muscles de la face, des yeux, de la langue.

Température 380 à l'entrée et pendanttrois jours, puisnormale.

Mort survenue rapidement par arrêt de la respiration, Six semaines après le début de la maladie, alors que la cachexie, quoique déjà assez avancée, ne laissait pas prévoir une terminaison si rapide.

Autopsie 24 heures après la mort. Dans le cervelet on trouve une tumeur occupant toule l'épaisseur du vermis inférieur. Elle était du volume d’un œuf, de consistance molle, sans limites bien nettes. Un examen microscopique extemporané des éléments de raclage de la surface a montré que cette tumeur était d’origine épithéliomateuse.

On trouve aussi un néoplasme primitif des deux capsules surrénales.

La capsule surrénale droite présente au moins trois fois son volume normal, adhère fortement aux organes voisins, pèse 25 grammes et de son extrémité supérieure part un chapelet ganglionnaire cancéreux qui longe sur une certaine étendue la colonne vertébrale.

La capsule surrénale gauche est également augmentée de volume, pèse 15 grammes etestentourée de quelques ganglions cancéreux.

L'examen histologique prouve que les deux capsules surrénales sont simullanément atteintes d'épithélioma primitif.

Dans le lobe moyen du poumon droit, aussi bien que dansle lobesupérieur du poumon gauche, nous avons trouvé quelques rares nodules probablement cancéreux.

| Les autres organes sont normaux. Un peu d'hypertrophie du corps thyroïde, P. 50 gr., et du corps pituitaire : P.6 décigr. 1/2

ao

OBSERVATION 2. — Cancer primitif des deux capsules surrénales, par Klebs (Hanbuch der pathologischen anatomie, page 580).

Jean Luthi 11 ans, mort le 15 janvier 1868, à l'hôpital Jenner, de Berne, présentait un grand amaigrissement, une peau très pâle.La région buccale était un peu œdématisée, la trachée était pâle et remplie d'écume. Cœur en bon état, un peu hypertrophié à gauche ; on trouve dans son intérieur quelques noyaux fibrineux. Sur la plèvre gauche, uombreuses granulations miliaires. Dans le tissu pulmonaire, quelques nodules de consistance ferine, de couleur gris blanc, de la grosseur d’un pois. Glandes pulmonaires légèrement hypertrophiées. Le foie, un peu augmenté de volume dans son diamètre perpendiculaire. présente à sa surface de nombreux nodules qui s’enfoncent dans son tissu. Les plus gros sont placés dans le lobe gauche et ont 2 pouces de diamètre. Dans l'épaisseur du foie, on voil desnodules plus petits. Le reste de la substance hépatique paraît sain.

- La capsule surréuale droite est changée en une tumeur de la grosseur du poing, globuleuse, de consistance ferme et fibreuse. La capsulesurrénale gauche est transformée en une tumeur de la taille d'une pomme de terre. Elle est très adhérente au pancréas et à la rate. Dans la première on trouve encore, au centre, un léger reste de substance normale. bans le mésentère et l'intestin grêle, on trouve de nombreuses gra-

nulations miliaires, À la partie inférieure de la seconde, se

trouvait une tumeur de 2 pouces 1/2 de diamètre ; le petit bassin était rempli par une tumeur sphérique ayant i pouces de haut et 3 de large, ayant pris naissance dans le péritoine de l'espacc de Douglas. Cette tumeur repoussait la vessie à droïte ; l'uretère droit était fortement dilaté. Les reins, la rate, l'intestin étaient sains. Le cerveau, pâle, anémié présentait dans le lobe postérieur, un foyer de 2 cent. de diamètre formé de substance plus jaune. Ventricules dilatés, la corne postérieure droite était soulevée et détachée par un kyste de la grosseur d’une noisette. Toutes ces tumeurs se composaient d'une masse dureet fibreuse, Dans leurs mailles sont incluses des masses de cellules très délicates, rondes et un peu anguieuses.

Le siège primitif du néoplasme était dans les capsules sur-

rinales, avec propagation au péritoine et généralisation dans le foie et le poumon.

OBSERVATION 3 (Résumée). — Epithélioma primitif des «deux capsules surrénales, par Chaillous (Bulletin de la Société anatomique de Paris, 1897 page 931).

G... 27 ans, typographe, entre à l'hôpital Broussais, le 2 novembre 1897, avec des tumeurs multiples de la peau et surtout pour exophtalmie droite.

Er juillet dernier, sans cause apparente, il s'aperçoit qu'il portait un peu au-dessus du mamelon gauche, une imduration rouge de la peau, de la largeur d’une pièce de 5 francs ; vers la même époque, il sent dans l’aisselle gauche une masse roulant sous le doigt, peu volumineuse et peu douloureuse.Puis de nouvelles indurations apparaissent près du mamelon droit, à deux travers de doigt au-dessus du pubis, à la parlie supéroexterne du creux poplité droit, à la face externe de la jambe gauche.

I! entre à St-Louis, où on lui enlève les ganglions de l'’aisselle gauche et les différentes tumeurs disséminées sur le thorax et les membres inférieurs. En septembre, récidive dans la cicatrice de la région hypogastrique. En octobre, la joue droite grossit, l'aile droite du nez se dévie en dedans, la peau devient rouge, la tuméfaction gagne la paupière inférieure et bientot l'œil fait saillie. Un médecin ordonne de l'iodure de potassium et des frictions mercurielles. Aucune amé lioration ne se produit. Le 2 novembre, le malade entre à l'hôpital Broussais. On constate chez lui une asymétrie considérable de la face. Tout le côté droit est tuméfié, la peau a des teintes variant du rose au rouge violacé, séparées par des intervalles de peau saine.

L'œil, très projeté en avant, est recouvert avec peine par les paupières œdématiées, la conjonctive est rouge etla paupière supérieure sillonnée de veines bleuâtres.La commissure labiale est déviée du côté gauche et le nez repoussé du même côté.: Par la narine droite, largement ouverte, s'écoule continuellement un liquide séreux. Au-dessous de la paupière inférieure la peau présente une induration violacée, indolore, de la largeur d'une pièce de 2 francs ; au-dessous encore, noyau violacé qui

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