‹ Le Cancer Primitif des Capsules SurrénalesChapitre 21 sur 34 · REY EN · texte numérisé non relu

REY EN

agagné l'aile droite du nez et la partie correspondante de la lèvre supérieure. On observe aussi une petite tumeur àla partie postéro-interne de la cuisse droite, une autre à là partie supérieure du creux poplité droit, deux autres plus petites à la surface externe du mollet gauche.

Chacune de ces petite masses est incluse dans la peau,ne fait point saillie et n’adhère pas aux parties profondes. Elle sont toutes dures, indolores, arrondies et violacées.

Rien dans la bouche, palais normal. Quelques ganglions peu volumineux, indolores et sans caraclères roulent dans les aisselles ou au pli de l’aine.

Le malade ne se plaint pas de sa difformité, il] a conservé bon appétit, n'a pas trop maigri, et demande qu'on le débarrasse‘de sa tumeur. Les jours suivants, l'œil devient un peu plus sallant et, malgré cela,le malade n'accuse de ce côté aucun trouble fonctionnel. Tous les soirs, la température monte à 39 degrés et s'approche parfois de 40. On ne constate aucun troubie soit du côlé du cœur, soit du côté des poumons; les urines ne contiennent ni sucre ni albumine.

1 novembre. — Chémosis considérable de la conjonctive. Depuis deux jours le malade dit avoir perdu l'appétit et ne boit dans la Journée que quelques tasses de lait.

8 novembre. — Tempé.ature 3906.

9 novembre: — Température 3808 le matin et 3909 le soir.

10 novembre. — Température 3808 le matin et 4002 le soir. L: malade à déliré toute la nuit. La langue est sèche, l’haleine fétide.

11 novembre, — Ledélire augmente, on est obligé d’attacher le malade. :

Température 3904 le malin et 396 le soir. Pouls 140, faible.

Respiration 28. Lèvres desséchées.

12 novembre. — Température 3904 le matin el 4004 le soir. Pouls 128. Respiration 34. Dans la soirée le malade est un peu agité, l'œil est moins saillant, et l'asymétrie faciale a beaucoup diminué.

13 novembre. — Le malade a passé une nuit assez calme. Température 3902 le matin, 3904 le soir. Pouls toujours rapide. Langue rôlie, lèvres desséchées, haleine fétide. Dans l’après-

midi il peut répondre à quelques questions el dit CUuNRSe trouve bien.

[Il meurt la nuit suivante, douze jours après son entrée à l'hôpital.

Autopsie. — L'asymétrie faciale est moins nette que le jour. de l'entrée à l'hôpital. Il n'existe pas d’autres indurations que celles décrites plus haut. On enlève la petite tumeur cutanée da creux poplité. Cœur, cerveau et poumons ne présentent aucune altéralion. Le foie, un peu congestionné, pèse 1.90 grammes et la rate, ramollie, 375 grammes.

Les capsules surrénales sont remarquables par leur poids et leur volume, La gauche pèse 265 grammes et le rein correspondant 135 grammes. La capsule droite pèse 195 grammes.

Au-dessus du rein gauche et le coiffant.tout en empiétant sur la face postérieure, on voit une masse tranguiaire, aussi volumineuse que le rein et revêlue d'une enveloppe cellulo-adipeuse. On la décolle facilement du rein auquel la rattache un pédicule vasculaire.A la palpation,la tumeur est mollasse,avec un noyau plus dur à la partie inférieure et interne. Quand on “a décapsulé la lumeur, on voit qu'elle a l'aspect d'un caillot organisé, Leinté de noir, avec un fond grisàtre.

Sur une coupe médiane, traversant la tumeur dans son grand axe, on voit qu'elle se compose d'un noyau central, blanc, dur, strié et d'une envelnppe épaisse d’un demicentimètre. La face inlerne de cette enveloppe est irrégulière, présente des anfractuosités dans lesquelles viennent se loger de pelits caillots de sang noir. La masse périphérique s'écrase sous le doigt, le noyau central résiste à la pression. La capsule surrénale droite,plus petite, présente le même aspect intérieur el la même configuration.

Les reins ne présentent aucune lésion macroscopique. Le maxillaire supérieur contient une sorte de boue gélatineuse qui le remplit entièrement; ses parois ne sont pas altérées.

Examen microscopique — Les pièces ont été fixées par l'alcool, paraffinées, colorées à l’'hématoxyline et à l’éosine.

Sur une première coupe, on voit nettement se dessiner deux masses: l'une représente le caillot, formé de globules irré-

guliers pressés les uns contre les autres etne conservant presque rien de leur aspect primitif. L'autre masse se compose à

ro RER Kx

son tour de deux parties qui se confondent peu à peu.La région périphérique est formée de cellules disposées en séries régulières,séparées par des travées également en rayons réguliers: Mais bientôt cette régularité disparaît, les cellules se disséminent, se mulliplient,se séparent les unes des autres tandis que s'épaississent, au contraire, les travées qui les séparent.

Sur une seconde coupe, les travées régulières manquent partout, et les cellules de néoformation ont tout envahi.

Sur une coupe des noyaux indurés de la peau, on aperçoit la partie profonde de ces noyaux remplie de cellules polygonales. Ces cellules commencent à envahir le derme, mais en petit nombre. Foie normal et rein légèrement sclérosé.

M. Gombault, après examen des capsules surrénales et des tumeurs de la peau, a conelu à l'existence d'un épithélloma primitif des capsules surrénales avec localisations secondaires de la peau.

OBSERVATION 4 (Résumée). — Cancer primitif des capsules surrénales (British medical Journal, 5 octobre 1889, p. 766), par le Dr Aïllan Perry.

GC. M..., 23 ans, entre à l'hôpital le 4 juin 1887. Elle avait la peau jaunâtre, mais non franchement bronzée. Elle se plaignait de souffrir depuis plusieurs mois d’une forte douleur: abdominale localisée au niveau de la vésicule biliaire et vers le creux épigastrique. Sensibilité spéciale au niveau des der-

‘nières vertèbres dursales. Vomissements constants, diarrhée

fréquente et sueurs profuses ; la température s'élève légèrement jusqu'au 14. Elle redevient normale el reste telle jusqu'à la mort. 15 jours après l'entrée à l'hôpital, l'état s'aggrave ; on donne des sédalifs légers mais sans résullat. Faiblesse extrême. Pouls très faible, peau moite; l'état devient de plus en plus mauvais. Mort avec délire le 13 juillet.

Autopsie. — Augmentation de volume des capsules surrénales. La droite pèse un quart d'once et la gauche une once. Struc-

‘ture de la capsule droite ferme; la surface de section présente un

grand nombre de nodules jaunâtres allant de la grosseur d'un grain de millel à celle d'une noix. Ceux de la capsule gauche étaient les plus gros. II y avait, à la face antérieure, une ou-

verture étoilée qui paraissait être le résultat de l'ouverture

d'un de ces nodules.

Autres organes normaux.

Examen microscopique. — Les noduies ont l'aspect de sarcomes à cellules fusiformes.

OBSERVATION 5 (Résumée).— Cancer bilatéral des capsules surrénales avec néphrite. — Observation de Fraenkel (Archives de Virchotv, 1886, livre 103, page 214).

Minna Rose, 18 ans, entre,le 11 décembre 1884, dans la clinique de Fribourg. Pas d’antécédents héréditaires. A 14 ans, elle eut probablement la scarlatine, trois mois après elle eut une maladie des yeux dont elle souffre encore. Réglée à 14 ans et régulièrement depuis jusqu’à l’année 1884. où elle eut des règles irrégulières, survenant tous les quinze jours ou toutes les trois semaines.

Début de la maladie actuelle en hiver 1883. Brusquement, vers 9 heures du soir, violentes palpitations, angoisses, vertiges et douleurs de tête. Cela dure quelques minutes puis tout rentre dans l’ordre; quatre mois après nouvelle rechute. Troisième rechute en été 1884. A partir de ce moment, la situation s'aggrave, Ccéphalée et vomissements, douleurs dans les articulalions du membre inférieur.

Depuis quatre semaines: faiblesse de la vue, céphalée, vertiges, vomissements avec un peu de fièvre. Elle se couche, sonétat s'aggrave, elle entre à l'hôpital.

A l'entrée : constitution moyenne, teint pâle. Elle se vlaint d'avoir un brouillard devant les veux. Elle a aussi de la céphalée, des vertiges et des palpitations. Tempéräture normale, pouls augmenté de fréquence : 112. Tension artérielle un peu augmentée, néanmoins les artères ne sont pas dures. Pouls fort et régulier. Respiration augmentée de fréquence. Rien aux poumons. Rétinile albuminurique caractéristique aux deux yeux. Pupilles égales. Dans les urines beaucoup d'albumine, peu de cylindres et d'épithélium, Sels de chaux amorphes et cristallisés.

Cœur normal, régulier, cependant un peu d’éréthisme cardiaque. Pulsation épigastrique. deuxième bruit éclatant à l'aorte et à l’orifice pulmonaire. Le premier bruit est un peu soufflé à

l'orifice pulmonaire. Les bruils du cœur se propagent très loin à droite. Pas de pouls veineux. Le pouls carotidien est apparent; légère pulsation de la jugulaire.

Foie normal. Pas d'œdème ni d'épanchements dans les séreuses. Ra!e normale. Hypertrophie du corps thyroïde.

La langue est peu chargée el la figure a une expression de souffrance.

14 décembre. — Dans la soirée du 13, malaises puis vomisserments.Pendantun examen ophtalmoscopique;syncope,sueurs froides suivies de vomissements. A 1 heure du matin, brusquement, violentes palpitations. La céphalée, qui avait débuté dans la soirée, augmente d'intensité ; la malade devient pâle. Pouls petit, un peu irrégulier, très fréquent. Cyanose et connaissance altérée. Agitation extrême. Le lendemain elle est abattue mais la céphalée adiminué. Pouls variable : 120 à 180 pulsations, assez pelit eL mou. Faible quantité d'urine contenant beaucoup d'urates. On lui donne de l'infusion de digitale. Le soir elle se porte mieux, faibles douleurs de tèle, pouls toujours fréquent, assez fort el régulier.

45 décembre. — Peu de sommeil, vision voilée. Palpitations, vertiges et céphalée continuent. La pulsation cardiaque est plus forte, petit souffle systolique à l’orifice pulmonaire. On donne du bromure de potassium.

16 décembre. — Nuit meilleure. Les urines ont augmenté. 1,200 centimètres cubes. I1y à plus d'albumine. Les selles ne se produisent qu'à l’aide de lavements.

17 décembre. — Epistaxis, vomissements, douleurs slomacales, sensibilité à la pression dans la région stomacale. Céphalée violente qui diminue un peu dans la soirée. Pouls fréquent malgré la digitale, vomie en partie, mais régulier, éclatant, plein. Respiration irrégulière, plus fréquente. Pupille gauche plus dilatée que Ja droite. Toutes les deux réagissent bien à la

. lumière. Fente palpébrale moins large.

18 décembre. — Nuit agitée dont le malade n'a pas souvenance; nouveaux vomissements. Plus d’albumine danslesurines qui deviennent claires le soir. La respiration devient alors normale.

19 décembre. — Urine : 800 centimètres cubes. D — 1017. Pouls petit et fréquent = 120. Vomissements teintés de hile.

20 décembre. — Urine:600 centimètres cubes. D —1015. Beaucoup d'albumine et d'acide urique. Cylindres hyalins abondants, peu de globules sanguins, un peu d'épithélium rénal. La malade présente un peu d'ædème des malléoles. Pouls moins fréquent : 120 pulsations. A la radiale, pouls faible, dépressible. Le choc de la pointe s'élargit et se perçoit dans le 4e espace à deux doigts en dedans delaligne mammaire, plus faiblement dans le 5e et encore plus dans le 6e. La matité cardiaque n'atteint pas tout à fait la ligne mammaire ; elle est absolue jusqu'au bord gauche du sternum, elle s'étend jusqu’au 4e cartilage costal. Les bruits du cœur sont normaux. Léger souffle extracardiaque systolique sur le bord gauche dusternum. Douleurs à l'angle de la mâchoire inférieure à droite. Une pression dirigée vers les amygdalesest douloureuse. Pas de rougeur normale. La luette est tn peu tirée à droite et en avant. Nouveaux vomis- .sements vers 9 heures du soir. Digitale toutes les trois heures.

sera vation des phénomènes ophtalmoscopiques.

Diagnostic. — Néphrite chronique, probablement interstitielle.

Injection de pilocarpine qui est suivie de dépression cérébrale et de douleurs thoraciques ressemblant à des coliques. Sueurs et salivation abondantes. Pouls moins fréquent. plus fort mais devenant par moment presque imperceptible et très fréquent. Respiration troublée, 40 à 50 par minute. Dyspnée. Une heure après l'angoisse a diminué. Pouls petit, fréquent : 150, mais régulier. Respiration calme, régulière. Douleurs dans le cou. Puis les sécrélions diminuent, le pouls conserve les mêmes caractères. La malade se plaint de douleurs dans le cou résultant probablement des efforts de vomissements. Ceux-ci repren-

nent. Douleurs au cœur. Sensation de mort prochaine avec

plaintes et troubles dans les idées. Nouveau vomissement, puis la malade se couche sur le côté, se refroidit et meurt.

ù Température Pouls Respiration 11 décembre » 21 » » » »

Page 1