‹ Le candidat: comedie en quatre actesChapitre 25 sur 98 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

ROUSSELIN, MUREL.

ROUSSELIN, se précipite snr Harel, et Tembrassant.

. Ahl mon ami! mon amil mon ami!

MUREL.

Trouvez-vous la chose bien conduite?

ROUSSELIN

C'est-à-dire que je ne peux pas vous exprimer...

MUREL.

Vous en aviez envie, avouez-le?

J'en serais mort! Au bout d'un an que je m'étais retiré ici, à la campagne, j'ai senti peu à peu comme une langueur. Je devenais lourd. Je m'endormais le soir, après le dîner ; et le médecin a dit à ma femme ; « Il faut que votre mari s'occupe! » Alors j'ai cherché en moi-même ce que je pourrais bien faire.

MUREL.

Et vous avez pensé à la députation?

ROUSSELIN

Naturellement! Du reste, j'arrivais à l'âge où l'on se doit ça. J'ai donc acheté une bibliothèque, Tai pris un abonnement au Moniteur.

MUREL.

Vous VOUS êtes mis à travailler, enfin!

ROUSSELIN

Je me suis fait, premièrement, admettre dans une société d'archéologie, et j'ai commencé à recevoir, par la poste, des brochures. Puis, j'ai été du conseil municipal, du conseil d'arrondissement, enfin du du conseil général; et dans toutes les questions importantes, de peur de me compromettre... je souriais. Oh! le sourire, quelquefois, est d'une ressource !

MUREL.

Mais le public n'était pas fixé sur vos opinions, et il a fallu — vous ne savez peut-être pas...

Oui! je sais... c'est vous, vous seul!

MUREL.

Non, vous ne savez pas !

ROUSSELIN

Si fait! ah! quel diplomate!

MUREL, & part.

11 y mord! (iiaut.) Les ouvriers de ma fabrique étaient hostiles au début. Des hommes redoutables^, mon ami! A présent, tous dans votre main!

ROUSSELIN

Vous valez votre pesant d'or I

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