ACTE I, SCÈNE XI
MUREL, h part.
Je n'en demande pas tant!
ROUSSEL IN, le contemplant.
Tenez! vous êtes pour moi... plus qu'un frère!. . comme mon enfant !
MUREL, avec lenteur.
Mais... je pourrais ,. l'être.
ROUSSELIN
Sans doute ! en admettant que je sois plus vieux.
MUREL, avec un rire forcé.
Ou moi... en devenant votre gendre. Voudriezvous?
ROUSSELIN, avec le même rire.
Farceur!... vous ne voudriez pas vous-même!
MUREL.
Parbleu! ouil
ROUSSELIN
Allons donc! avec vos habitudes parisiennes!
MUREL.
Je vis en province!
ROUSSELIN
Eh! on ne se marie pas à votre â^el
MUREL.
Trente-quatre ans, c'est l'époque !
4i LE CANDIDAT.
ROUSSELIN
Quand on a, devant soi, un avenir comme le vôtre !
MUREL.
Eh! mon avenir s'en trouverait singulièrement...
ROUSSELIN
Raisonnons; vous êtes tout simplement le directeur de la filature de Bugneaux, représentant la compagnie flamande. Appointements : vingt mille.
Plus une part considérable dans les bénéfices!
ROUSSELIN
Mais Tannée où on n'en fait pas? Et puis, on peut très bien vous mettre à la porte.
MUREL.
J'irai ailleurs, où je trouverai...
ROUSSELIN
Mais vous avez des dettes! des billets en souffrance! on vous harcèle !
MUREL.
Et ma fortune, à moi I sans compter que plus tard. ..
ROUSSELIN
Vous allez me parler de l'héritage de votre tante? Vous n'y comptez pas vous-même. Elle habite à deux cents lieues d'ici, et vous êtes fâchés!