Si vous ne vous connaissez pas
Ô la plus belle d’entre les femmes,
DEUXIÈME ACTE (suile).
L’épouse montre bien qu’elle ne s ‘inquiète guère de la persécution des hommes, puisqu’à peine en a-t-elle dit un mot à sa compagne pour prévenir le scandale qu’elle en aurait pu recevoir, elle se retourne vers le bien-aimé, et l'appelle de ses vœux les plus ardents.
Elle veut savoir où il se retire pour donner le frais à ses brebis dans la chaleur étouffante du midi. Elle n’est point présomptueuse, et craint de s'égarer dans des, voies détournées, à la suite d’autres pasteurs que ceux qui travaillent pour son époux. C’est ainsi, ce me semble, qu’il faut entendre le terme de compagnons en cet endroit. Rien n'est plus périlleux, en effet, que les voies extraordipaires pour les âmes qui ne sont pas soiidement établies dans l'humilité. C’est la leçon que nous donne la réponse de lépoux. Il
nous enseigne à aimer la voie commune, à suivre les traces du troupeau, à consulter les pasteurs de l'Eglise, et à ne nous point éloigner de leur conduite. Ainsi seulement l’âme éprouvée par l’absence retrouvera son époux qu’elle semblait avoir perdu.
Ce troupeau ici nommé, est donc le troupeau de Jésus-Christ, et les pasteurs qui en prennent soin, Sont ses ministres, bien différenis de ces compagnons qui ont été nommés plus haut. Si on voulait les confondre, comme ont fait beaucoup de commentateurs, 1l serait difficile de trouver de la suite et de la liaison dans le dialogue.
. Ces paroles adressées à l'épouse, sont pour elle une instruction et non un reproche.:ll est vrai que la Vulgate, au lieu de si ignoras tiba, a mis : Se ignoras le, terme plus dur en apparence ; mais il faut le ramener au même sens. D'après le contexte, s’ignorer, c'est ignorer sa voie et craindre de s’égarer; ce
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sortez, allez à la suite des troupeaux, paissez vos chevreaux près des tentes des pasteurs.