‹ Le cantique des cantiques avec traduction spéciale sur l'Hébreu et commentariesChapitre 59 sur 90 · Tota pulchra es, amica mea, e macula non est in te · texte numérisé non relu

Tota pulchra es, amica mea, e macula non est in te

lesquelles une âme droite et pure réfléchit la lumière incréée.

C'est pour cela que le lit de Salomon resplendit de Péclat de l'or, de l'argent de la pourpre et de plusieurs autres couleurs qui se croisent, pour tirer un charme nouveau de ce contraste,

Rien n’est beau, en effet comme la combinaison des beautés partielles, d’ou résulte l’ordre qui est la beauté du tout. L'ordre a sa racine en Dieu même, dans la distinction de ses personnes, ramenées à lPunité de leur principe, et à l’unité de son essence. L'ordre est aussi le cachet de toutes ses œuvres.

Quand le Créateur vit chacun de ses ouvrages à part, il le trouva beau; quand il les vit tous ensemble, il en fut comme saisi d’admiration, et leur donna cette louange, qu'ils étaient très beaux (4). Il en devait être de même jci ; il fallait un éloge particulier pour l’ordre parfait et la régularité merveilleuse dont l'épouse offre le spectacle. Ce n’est rien qu'un cheveu; mais, tous ensemble, les cheveux font lornement de la femme; ils servent de voile à sa modestie, et en reflètent l’image au dehors. Combien d'éléments déliés et presque imperceptibles doivent se coordonner pour obtenir cette composition exacte, sage, harmonieuse de tout l'extérieur, qui “appelle Ja modestie! Comme les flancs escarpés de la montagne de Galaad disparaissent sous le tapis noir et luisant d'un nombreux troupeau de chèvres aux formes sveltes et à la marche élancée, ainsi l'épouse se dérobe-t-elle aux regards sous les boucles ondoyantes de sa longue chevelure. Ou, pour parler sans figure, tout est empreint chez elle, du sentiment délicat des convenances les plus exquises. Ce sentiment règle dans leurs moindres détails le port et le geste, les

{1) S. Thomas.

mouvements de la tête, des yeux, de le bouche, du corps et des membres. C’est là le manteau qui la couvre, la pare, et l’enveloppe tout entière dans ses plis serrés avec grâce. Fee Faut-il être surpris qu'une seule boucle pendante sur ses épaules, qu'un seul trait de cet ensemble harmonieux, blesse le cœur de l'époux et le ravisse ? | Une pensée analogue ressort.de la comparaison qui suit. Les dents blanches, fines el régulières, sont un agrément auquel tous les

peuples, et surtout ceux qui vivent plus près

de la nature, sont fort sensibles. Il n’est rier que les Arabes célèbrent plus volontiers dans leurs chants. L'époux sacré ne dédaigne pa; cette image pour peindre au vif lexcellént mérite d’une vie pure, toujours éga'e et toujours remplie, parce que tous les moments

en sont réglés, et que les bonnes actions s’y

succédent, sans y laisser aucun vide. Pour nous rendre plus attentifs à cette figure, il la relève même par une comparaison pleine d'innocence, de fraicheur et de charme.

Comme un troupeau de brebis récemment tondues, dont la peau blanche et polie, brille au sortir du bain, ainsi brille entre les lèvres de l’épouse la nacre de ses dents. Leurs rangs pressés et leur symétrique ordonnance ont leur parallèle dans la marche serrée du trou: peau, groupé par couples de brebis jumelles:

Aimons cette, vie paisible, unie, dont lassujeltissement aux devoirs d'état, et une cons: tante fidélité aux petites choses, font ie principal mérite : la constance suppose la force, et la force procède d’un grand amour, dont le cachet est celui de la perfection.

Réglons tout le menu de nos œuvres, autant

que la justice et la charité le permettent.

Réglons tous nos pas ; mais réglons surtout notre langue ; la nature l’a mise, comme à

- l'abri, derrière un double rang de dents, pour

0 NES CL CPR

| 8. Veni de Libano, sponsa mea,

[veni de Libano; veni, coronaberis de capite Amana, de vertice Sanir et Hermon, de cubilibus leonum,

(de montibus pardorum.

9. Vulnerasti cor meum, soror mea, sponsa, vulnerasti cor meum

in uno oculorum tuorum, et in uno

crine coli tu.

Page 1