Cf. Hoberg, dans le Kirchenlexicon^, s. h. v
Cantique est également la Synagogue ancienne, bien que ce titre, dit-il, convienne bien plus parfaitement à l'Église (Pars I, distinct, x, cap. iv).
44. — L'évêque Genebrard, au xvi^ siècle, fit beaucoup pour la connaissance de l'exégèse juive du Cantique en traduisant les commentaires de Rashi, dlbn Ezra et d'un rabbin anonyme (n° 42). Dans son propre commentaire il systématise d'une façon assez heureuse les interprétations juives et ajoute des accommodations à l'Église qui sont généralement fort sensées. Ce travail est un des meilleurs qui aient été composés sur le Cantique.
Ederus, fougueux adversaire des protestants, consacre trois pages (pp. 190-192) de son ouvrage Œconomia Biblio- Tum^ à l'analyse du Cantique. Il s'inspire de Lyra, mais plus logique que celui-ci, il applique tout le poème à Israël : de peregrinatione patrum, Thare, Abraham, Isaac, Jacob (1, 1 sq.); de multiplicatione populi (1, 12 sq.); de oppressione ejusiem ab ^gyptiis (1, 15 sq.); de defensione Dei et apparitione, quae Moisi facta est in rubo (2, 3 sq.}; de exitu Israël de iî^gypto (2, 8 sq.); de peregrinatione per desertum (3, 1 sq.); de introductione [in Terram Sanctam] (5, 1 sq.); de delectatione et exaltatione Synagogae (5, 2 sq.); de eruditione et sapientia plebis Israeliticae (8, 10 sq.) ; de sponsi aeterni habitatione in populo Israël (8, 14). Ederus ajoute qu'Israël représente l'Église « d'après Lyranus et le commun des docteurs ».
Soto, 0. P., dans son énorme commentaire (1599), qui témoigne d'une vaste érudition, mais d'assez peu de critique, accepte pêle-mêle les interprétations des Juifs et celles des chrétiens. Il se montre d'ordinaire très bienveillant pour l'exégèse juive (sauf à rejeter avec indignation telle ou telle explication particulière). Il dit, par exemple (p. 51B) : « ... nec enim (Hebraeorum interpretationem) omnino contemnendam esse arbitramur, sed potius nonnunquam magni faciendam... »
1. Œconomia bibliorum sive partitionum theologicarum libri quinque..., folio pp. 714. Coloniae Agrippiuae, 1582.
On peut dire d'une façon générale que les auteurs chrétiens admettent dans une certaine mesure que l'Épouse du Cantique représente Israël ; mais il règne une extrême variété sur la manière dont ils conçoivent ce rôle. Nous noterons, aux notices bibliographiques (§ ix), ceux qui ont admis dans une mesure plus notable l'allégorie juive traditionnelle (Voir en particulier : Ferez de Valencia, Clarius, Orozco, Cathius, Alstedius, Mercerus, Lowth, Keil, Hengstenberg, Meignan, Scholz).
45. Les allégories chrétiennes traditionnelles. — Les allégories qu'on peut qualifier dans un certain sens de traditionnelles se réduisent à trois : celles qui voient dans l'Épouse du Cantique l'âme fidèle, l'Église, et à un degré moindre (cf. n^ 23) la Vierge Marie. Le plus ancien commentateur, Hippolyte, dans le fragment qui nous a été conservé S applique principalement le texte sacré, comme nous l'avons vu (n° 43), à la Synagogue, mais il semble annoncer (3, 5) qu'il appliquerait la suite à TÉglise, Dans la chaîne de Wardan (que Bonwetsch, du reste, refuse à Hippolyte) l'Épouse, au contraire, est ordinairement Fâme, exceptionnellement l'Église. Origène, soit dans ses homélies, soit dans son commentaire, considère bien plus l'âme individuelle que l'Église. L'application à l'âme domine également chez saint Basile, saint Grégoire de Nysse, Nil le Sinaïte^.
46. — Le plus ancien commentaire latin sur le Cantique, attribué par Dom A. Wilmart à Grégoire d'Elvire (mort après 392) ^, voit dans l'Épouse r« Ecclesia ex gentibus, l'humanité convertie, régénérée par le Christ qui en a revêtu la chair » (Wilmart). Saint Ambroise applique le Cantique tantôt à l'Église, tantôt à l'âme, saint Juste d'Urgel (vi® siècle) presque exclusivement à l'Église, Bède à l'Église
t. Édité par Bonwetsch dans les Texte und Uatersuchungen : Neue Folge, t. VIII (1902).