Israël est infidèle a l'amour de son Dieu. Jého
VAH QUITTE LE TEMPLE ET ABANDONNE ISRAEL. GeLLE-CI, REPEN- TANTE, SE MET A LA RECHERCHE DE SON ÉPOUX. — Au VerSCt
5,2 commence un tableau entièrement différent du précédent. L'auteur, qui choisit dans l'histoire d'Israël un petit nombre de situations principales, toutes relatives à l'union de Dieu avec son peuple, à la présence de Jéhovah parmi les siens, passe soudain de la dédicace du temple de Salomon et des joies qui marquèrent cette période d'exceptionnelle fidélité aux jours d'infidélité qui contraignirent finalement Jéhovah à abandonner sa demeure et à châtier Israël par l'exil babylonien. La faute et le châtiment qui la suivit, sont réunis par le poète en un tableau unique. La dramatisation allégorique du morceau est assez transparente pour ne laisser aucun doute sur les réalités visées par l'auteur. Jéhovah, en butte aux infidélités d'Israël, est sur le point de l'abandonner; il fait cependant une dernière tentative : il frappe à la porte en suppliant; il donne à l'Épouse les doux noms d'autrefois, tout comme si elle n'était pas coupable. L'Épouse, insensible, l'éconduit. Bientôt cependant, prise de remords, elle se lève pour ouvrir. Mais c'est trop tard ; le châtiment arrive : Jéhovah se retire; Jérusalem est détruite; Israël est chassée de son pays et emmenée en exil. — Le petit drame, très poétique, se meut dans un certain clair-obscur; la faute de l'Épouse, en particulier, est indiquée d'une
façon extrêmement voilée (Introd., 70). — L'infidélité de TÉpouse, suivie de la disparition de l'Époux, ne peut répondre, dans l'histoire d'Israël, qu'à l'idolâtrie et aux crimes qui amenèrent la ruine de Jérusalem et du temple. Jéhovah qui avait disparu une première fois, lors de la prise de l'arche par les Philistins, disparait une seconde fois, lors de la ruine du temple. Ces deux disparitions de l'Époux sont une particularité caractéristique du poème. La comparaison des deux incidents est instructive. Dans l'épisode de l'arche prise par les Philistins (3,1-4), l'Épouse fidèle sort spontanément à la recherche de l'Époux; les gardes qu'elle rencontre ne lui sont pas hostiles ; à peine les a-t-elle passés qu'elle retrouve son bien-aimé. Dans le second récit, au contraire, l'Épouse est coupable : l'Époux est absent et elle ne va pas à sa recherche : elle dort. Quand il se présente et fait un tableau émouvant de ce qu'il souffre, elle l'éconduit. Le remords cependant la force bientôt à se lever; mais il est trop tard. Les gardes sont au courant de sa faute : elle n'ose les interroger, et eux, sans lui dire un seul mot, la frappent, la blessent, lui enlèvent son voile. — La tradition juive, si préoccupée cependant d'interpréter le Cantique « à la gloire d'Israël » (Introd., 70), n'a pu s'empêcher de voir dans notre passage la grande infidélité qui amena la ruine totale et l'exil babylonien. (Pour le détail, voir aux différents versets). — Les exégètes naturalistes, méconnaissant le caractère allégorique du poème, sentent pourtant combien notre passage est en dehors des réalités ordinaires de la vie. La plupart essaient encore ici de se tirer de la difficulté en disant que l'Épouse raconte un songe, solution aussi simple qu'arbitraire. C'est faire violence au texte, dans lequel pas un seul mot n'indique un rêve. — Notre récit s'inspire des nombreux passages où les prophètes exhortent le peuple au repentir s'il ne veut pas attirer sur lui l'abandon de Dieu et la ruine totale. Il semble qu'il y ait des réminiscences d'Is. 65,12; 66,4; Jér. 7,13 (où Jéhovah menace Israël de détruire le temple). Le parallélisme avec Prov. 1,24-28 est frappant.