‹ Le Cantique des CantiquesChapitre 61 sur 81 · Mon bien-aimé a passé la main par Touverture (de la · texte numérisé non relu

Mon bien-aimé a passé la main par Touverture (de la

[serrure),

3. — i2t27D se dépouiller de^ l'opposé de tîTlS (Lév. 6,4). — njriD tunique^ robe : le vêtement principal. Conclure, comme Siegfried, qu'on couchait nu et qu'on se couvrait avec le nSail? (Ex. 22,26) est bien aventureux. Les Orientaux dorment d'ordinaire habillés. Les Arabes d'avant l'islam revêtaient pour dormir une sorte de robe, dite mifdal (cf. G. Jacob : Bas Leben der vorislam. Beduinen [1893], p. 45). On remarquera que, dans notre passage, la nuit est plutôt froide, à en juger par la rosée abondante du v. 2. — roDiK se trouve seulement ici et Esth. 8,6. Le mot est composé de "îK interrogatif et hdd aiîisi; la nuance est probablement emphatique : comment donc; comment (pourrais-je) bien? — hapax legoraenon : mot emprunté à Taraméen. — Les prétextes futiles opposés par l'Épouse aux raisons touchantes de l'Époux mettent bien en relief son ingratitude et sa dureté. Le poète donne ainsi habilement à entendre que le véritable motif du refus de l'Épouse, c'est l'infidélité de son cœur. — Spécimens d'interprétation : Targum : « La communauté d'Israël répondit aux prophètes : J'ai secoué le joug de ses commandements et j'ai servi les idoles des nations : comment aurai -je le front de revenir à lui? » Le Midrash (p. 135) voit ici Israël dépouillé par Nabuchodonosor « des deux grands vêtements, celui du sacerdoce et celui de la royauté ». Rashi : « Le sens est : J'ai appris depuis longtemps d'autres voies; je ne puis plus revenir à toi... C'est la réponse d'une femme adultère qui ne veut pas ouvrir la porte à son époux. » Lyra : Israël refuse de se convertir. Scholz : « le châtiment de l'Épouse ne permet pas de douter qu'elle ne se soit rendue coupable. »

4. — nin trou. Il s'agit d'un trou pratiqué dans la porte, contre laquelle l'Époux a frappé inutilement; en passant la main par ce trou, on pouvait atteindre la serrure intérieure. L'Épouse ne voit pas la main, puisqu'il est censé faire nuit,

et mes entrailles ont frémi.

mais elle entend le bruit de la main qui essaie d'ouvrir. « Le mode oriental de fermeture des portes auquel il est fait ici allusion diffère notablement du nôtre. La serrure consiste en un morceau de bois creux, attaché à la porte, et dans lequel glisse un pêne. Aussitôt que le pêne a été tiré pour fermer la porte, un certain nombre de chevilles tombent dans des trous pratiqués dans ce pêne et destinés à les recevoir. Lever ces chevilles de manière à permettre au pêne de glisser de nouveau en sens contraire, c'est ouvrir la serrure. On le fait d'ordinaire au moyen d'une clef; mais, souvent, on peut accomplir cette opération avec les doigts, préalablement trempés dans une pâte ou une autre substance adhésive. C'est pour ce motif que le Bien-aimé insère dans la serrure ses doigts, enduits préalablement de l'onguent précieux qui coulera bientôt (v. 5) sur les mains de l'Épouse, lorsqu'elle se lèvera pour ouvrir » (Fillion). Dans une histoire d'Apulée (lib. IV) il est question d'un trou analogue à celui de notre passage : un voleur ayant ainsi passé la main par le trou pour atteindre la serrure, le maître de la maison, s'avançant en silence, cloua la main contre la serrure. D'après Budde, le bien-aimé passe la main par le trou non pour essayer d'ouvrir, ce qui, d'après lui, serait impossible, mais pour verser de la myrrhe sur le verrou, comme un hommage à la bien-aimée. — aijra parties intérieures a un sens très étendu (cf. 5,14). Ici, il s'agit des entrailles en tant que siège de la pitié ou de la douleur; ce mot, ainsi que nan, ne s'emploie jamais en parlant d'émotions agréables, comme l'amour, la joie (contre Brown, Siegfried). — nan ici : frémir^ comme Is. 16,11 : « mes entrailles frémissent au sujet de Moab » nxlaS; Jér. 13,20 : « mes entrailles ont frémi pour lui » lS. — TtSy : avec beaucoup de MSS,

Saadia v^o,-U v^'j^^t), Kwald (mein Inneres tobte mir zu sehr), Dalman, je lis ^Ss; contre moi, comme Ps. 42,6 et

parall., où nan a plutôt, il est vrai, le sens de gémir. La traduction courante de "^hv-, dans cette expression et dans

5. Je me suis levée pour ouvrir à mon bien-aimé, et de mes mains a dégoutté la myrrhe, de mes doigts la myrrhe exquise sur le loquet de la serrure.

les expressions analogues, en moi n'est pas exacte; voir, en particulier, Brown s. v. II, 1 d. Le sens dans est clairement exclu par les exemples où il s'agit d'une opération extérieure : Ps. 42,5; Job 30, 16; Dan. 10,8. En moi ne se dirait pas "îSîr, mais '^2 ou "îilpi. Je vois dans ce une sorte de dativus incommodi (rarement dativus commodi : Ex. 18,20; 22,3) analogue au S du dativus commodi (rarement dativus incommodi, v. g. ''iS "iS nain mon cœur frémit, Jér. 4,19). "îSy signifie donc, dans ce cas, contre moi, c'està-dire à mon détriment, à ma douleur, de même que "h signifie pour moi, c'est-à-dire à mon avantage; souvent du reste ce du dativus incommodi, comme le S du dativus commodi, est à peu près explétif et ne peut guère se traduire en français. Les LXX, la Peshitto, le Targum, ne traduisent jamais par dans. — Si les entrailles de l'Épouse ont frémi de douleur, c'est que l'action de l'Époux a été interprétée par elle comme un geste d'impatience ou de colère : elle sent qu'il est irrité de sa réponse blessante et elle craint qu'il n'ouvre lui-même. — Spécimens d'interprétation : Targum : Dieu étend sa main contre les tribus de Ruben , Gad et Manassé et les livre à Sennachérib, qui les emmène en Assyrie. Rashi et Lyra voient également ici Dieu châtiant Israël.

5. — iJX Tiap : cf. § 135 h ; cette addition pléonastique du pronom séparé immédiatement après le verbe est un indice de basse époque (Introd., 107). — niynïN doigts s'emploie comme synonyme de main (cf. Prov. 7,3; Ps. 8,4; 144,1 etc.). — 135? na désigne une qualité supérieure de myrrhe. — llj? qui passe, qui traverse : soit parce que la meilleure myrrhe exsude spontanément de l'écorce sans qu'on ait besoin de faire des incisions, soit parce qu'elle résulte d'une opération de filtrage (cf. aTaxTo;) ; comparer n?2 nn, Ex. 30,23. — s]D indique un objet qui ressemble à une

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