‹ Le Cantique des CantiquesChapitre 64 sur 81 · Ses yeux sont des colombes, sur le bord des eaux · texte numérisé non relu

Ses yeux sont des colombes, sur le bord des eaux

gloire. — "Trnïlp : cf. v. 2. — DiSnSn, hapax legomenon. Le sens de rameaux de palmier que donnent au nmot les LXX et la Vulgate reste assez probable (voir cependant Brown). La forme du mot rappelle diStSt rameaux chargés de grappes, nlboSo (sens analogue), qijdjd (Gant. 7,9) rameaux de palmier. Cependant, 't\ pourrait peut-être désigner les cheveux dans un certain état, dans une certaine disposition. Graetz y voit des boucles ondulantes et cite, en faveur de ce sens, Nedarim 9 b : □''SnSn lS nnilD Vmï'npl, où 'n semble en effet avoir ce sens. Je rapprocherais aussi le néo-hébreu SdSd friser (v. g. Pesiqta R. 26; éd. Friedmann, p. 129 a, 1. 22 : vnlïnp Soboa : « il est en train de friser ses cheveux » ; les 'n pourraient donc être des frisures, des cheveux frisés. Dans ce cas, n serait à l'accusatif d'état : « ses cheveux, qui sont à l'élat de cheveux frisés, sont noirs comme le corbeau »; cf. § 118 q. — iii^D avec l'article de Yespèce, dans une comparaison, § 126 /, o. — Les cheveux de l'Époux sont noirs comme le corbeau, ceux de l'Épouse noirs comme les chèvres (4,1). — Spécimens d'interprétation : Tête d'or pur : la divinité du Christ (Théodoret) ; le trône de Dieu (Ibn Ezra).

12. — Ses yeux sont des colom.bes, comme ceux de l'Épouse 1,15 (4,1) où nous avons admis que la comparaison porte sur la colombe elle-même, et non sur ses yeux. Selon le procédé constant du poète, les détails ajoutés après l'image principale se rapportent à celle-ci, et non au sujet : ici, par conséquent, c'est directement aux colombes qu'il faut rapporter les trois circonstances : près des eaux etc. (Introd., 76). — □"'piDt^ désigne proprement le lieu qui contient les eaux (de pSN* contenir, retenir), et se dit ordinairement du lit des eaux courantes, mais on le trouve une fois (2 S. 22,16 = Ps. 18,16) en parlant du lit de la mer. Dans Ps. 42,2, les LXX traduisent Tryiyaç. Le sens étant assez général, la traduction ruisseaux, dans Gant. 5,i2, paraît trop précise : il pourrait s'agir aussi bien d'un bassin, d'un étang ou d'une source. — 2hn2 : dans le lait. Ce lavage des colombes dans le lait fait

qui baignées, (et blanches) *comme' le lait, se reposent sur la berge.

une sérieuse difficulté, et pour y échapper on a été jusqu'à bouleverser la comparaison et à rapporter le bain, non aux colombes, mais aux yeux : ia pupille serait la colombe, et le blanc des yeux répondrait au lait. J'estime qu'il faut lire iSnp comme le lait : la confusion du n et du 3 est fréquente. L'expression iSriD 'l est elliptique : lavées {et devenues blanches] comme le lait. Un scribe, trouvant peut-être l'ellipse trop forte, aura changé le d en L'ellipse cependant est moins forte que dans l'expression irnïD lépreux comme la neige, c'est-à-dire lépreux (et blanc) comme la neige : Ex. 4,6; Nomb. 12,10; 2 R. 5,27. Une faute de copiste, dans une expression presque semblable à celle du Cantique, se trouve Job 9,30, où je lis avec Merx etc. in^, au lieu de lai (au stique suivant, je lis de même 1^3 : « Quand je me rendrais, en me lavant, (blanc) 'comme ' neige, quand je donnerais à mes mains toute la blancheur possible... »; Vulg. : quasi... velut). [Tallqvist, dans la revue Haqedem (1907), I, 58, signale une image analogue en assyrien (N. E. XI, 255) : malêsu ina mé kîma elli limisi « reine Eiterbeulen (?) wasche er mit Wasser rein wie ellu (wenn ellu wirklich Schnee bezeichnet)]. Se laver avec de la neige, si blanche soit-elle, ne fait rien pour la blancheur des mains. Les colombes du Cantique, qui sont près des eaux, se lavent tout simplement dans ces eaux, non dans du lait, et ces eaux rendent la blancheur de leur plumage si éclatante qu'elle est comparable à celle du lait, lequel est un type de la blancheur (Lam. 4,7) comme la neige et la laine des brebis (Gant. 4,2). — 2)iji : être assis, probablement ici avec la nuance se tenir en repos ^ se reposer. Le mot ne peut pas se dire des yeux, comme le voudraient plusieurs interprètes, d'après lesquels le poète décrirait les yeux comme sertis dans une monture (= paupières!). — Du reste, r\ifhn (hapax legomenon) ne peut pas signifier sertissure f monture. Les passages qu'on invoque en faveur de ce sens l'excluent, au contraire, positivement : on ne serti! pas les pierres dans l'étoffe du pectoral; tout au contraire,

on en garnit l'étoffe, on en remplit le champ libre (Ex. 28, 17; 39,10 et aussi 31,5; 35,33 qui se rapportent au même objet). De même (Ex. 25,7; 35,9, 27 (TrXyipwtTEtoç), 1 Ghr. 29,2) les dinSd •'Jlî^ ne sont pas des gemmes de sertissure, mais

bien des gemmes de remplissage, de garniture, pour orner les étoffes (Vulg. 25,7 etc. ad ornandum est exact quant au sens général). Il est dit expressément que les gemmes étaient entourées et attachées (ynur) avec du filigrane d'or : Ex. 28, 20; 39,13 (7uvS£S£u.£va. Le traducteur grec de D 45,11 (□^Nl)Sai (?) savait également que les gemmes du pectoral éidiient attachées, non enchâssées : Iv Bicei ^(puaiou; Vulg. : in ligatura auri. Il est donc certain que le poète ne pense pas à des yeux qui seraient sertis dans leur orbite comme dans une monture. La comparaison continue à se rapporter aux colombes. Le mot nï<Sa signifie étymologiquement remplissage ou chose pleine. Les LXX (-rrXYipoXaaTa, al. 7rXy)pw{xaTt) et la Vulgate [fluenia plenissima) ont pensé à la plénitude des eaux; mais ce détail n*a plus d'intérêt après la mention du bain. J'inclinerais à penser que 'a désigne la rive, le talus, la berge, le bord du bassin (ou du ruisseau) où les colombes se reposent après le bain. Le Targum traduit t^iSa 2 S. 5, 9 etc. (sauf Jug. 9,6, 20) par Nn'»Sa remplissage, talus (Buxtorf : obstructio, vallum, agger; Dalman : Fiillung, Fûllort, Wall). Un autre mot araméen de la même racine, «''Sa signifie 1) remplissage et 2) élévation (Buxtorf : agger, tumulus; Dalman : Erhôhung). Notre mot n^^Sa a peut-être suivi un processus sémantique analogue : accumulation de terres rapportées, remblai, talus. J'adopte le sens de berge comme une simple approximation. — On remarquera ici le même procédé que dans 4,2 : dans ce dernier passage, le poète prenait les brebis au moment précis où elles remontent du bain qui vient de rendre à leur toison toute sa blancheur; de même, ici, il décrit les colombes dans des circonstances extrêmement pittoresques, au moment où elles se reposent tranquillement près des eaux où elles viennent de redonner à leur blanc plumage tout son éclat. L'Épouse veut sans

13. Ses joues sont des parterres de baumiers, des tertres de plantes aromatiques ;

doute exprimer, par ces détails accumulés, le regard doux, calme et plein de candeur de l'Époux. Celui-ci avait comparé les yeux de l'Épouse à des colombes (1,15; 4,1) : elle reprend la même comparaison, en l'amplifiant, pour l'appliquer à son bien-aimé. Nous avons déjà rejeté, comme contraire au texte, l'interprétation qui voit ici une description directe des yeux. Une allusion indirecte à la prunelle, au blanc de l'œil et à son orbite me parait également invraisemblable. — On remarquera le procédé d'opposition des couleurs : la blancheur des colombes s'oppose à la noirceur des corbeaux du verset précédent, comme la blancheur des brebis de 4,2 s'opposait à la noirceur des chèvres (4,1). — Spécimens d'interprétation : Targum : Les yeux de Dieu veillent constamment sur Jérusalem. Ibn Ezra : Les yeux de Dieu « sont trop purs pour voir le mal » (Hab. 1,13).

13. — TiS désigne les parties latérales et la partie inférieure de la joue où croît la barbe (voir in 4,3). La comparaison porte précisément ici sur la joue en tant qu'elle est couverte de barbe : celle-ci, chargée de parfums, est comparée à un parterre de baumiers et de plantes aromatiques. Sur l'usage oriental de se parfumer la barbe, voir Rosenmiiller, h. 1. — mTiS? ne se trouve qu'ici et dans un passage d'Ézéchiel (17,7, 10) où le mot est dit d'un sol fertile situé près d'eaux abondantes (vv. 5 et 8). Le fait de la proximité des eaux suggère l'idée d'un terrain bas et par conséquent

bien arrosé; cf. ^/CJ [terrain) incliné^ en pente. Les jardins, en Orient, étant divisés en petits compartiments séparés les uns des autres par les rigoles d'irrigation, il est possible que 'ir désigne une de ces divisions. Le pluriel (LXX, Vulg., Pesh.) est préférable au singulier du TM (cf. mSTao); au V. 6,2 le TM a le pluriel. — nSiaa^signifie chose surélevée, d'où : tour; mais le mot peut se dire d'un objet d'une élévation médiocre : ainsi, dans Néh. 8,4, il désigne Vestrade en bois du haut de laquelle Esdras fait au peuple la lecture

ses lèvres, (rouges comme) des lis, distillent une myrrhe exquise.

de la loi (LXX pîjfxa; Yulg. : gradus). '12 est sans doute ici un terme technique de jardinage désignant un parterre surélevé : on peut penser à une corbeille, à un massif. Les LXX. traduisent naiisr par un mot imagé làXai vases, qui n'est pas sans analogie avec notre mot corbeille. Il est très probable que 'a est une variété de n3*iiy. Certains auteurs (Kaempf, Dalman) voudraient voir dans 'd une sorte de récipient en forme de tour. — Siegfried rejette avec raison la leçon supposée par les LXX et adoptée par beaucoup de modernes : nlS^aa. En effet 1) le parallélisme ayec parterres de baumiers demande un substantif; 2) hl^ ne se dit pas d'un terrain qui produit ou qui fait pousser une plante, mais seulement de Vagent extérieur, par exemple l'homme (Jon. 4,10), la pluie (Is. 44,14), les eaux (Éz. 31,4), qui procure l'accroissement. Faire pousser, produire en parlant du terrain, se dit N*'':^in (Gen. 1,12, 24 etc.). Le sens donné par Graetz à Sïï:i : produire (des parfums), (duftende Salben) erzeugen, n'a aucune probabilité. — nTlpID, hapax legomenon, désigne les plantes qui produisent des parfums, comme la plante qui produit le baume, le baumier. — La comparaison de la barbe à la végétation se trouve fréquemment dans les littératures de l'Orient. Le poète persan Sa'di (dans Huart : Anis al '^ochchaq, p. 42) a dit : « Le gazon du jardin de sa joue était fraîchement poussé. » Le voyageur arabe Ibn Batouta (éd. Defrémery, II, 116) dit ^

^^j^^- O»^ • il ^'y avait pas de duvet (littéralement végétation) sur ses joues. — DiJU^iyj : pluriel de n:^2;i\27 (Sieg.-St.). Comme le poète a comparé les lèvres de l'Épouse à « un filet de pourpre » (4,3), beaucoup d'interprètes pensent que la comparaison porte également dans notre passage sur la couleur, et ont conclu qu'il s'agissait ici de lis rouges. Le parallélisme des deux descriptions de l'Épouse et de l'Époux est favorable à cette vue : nous aurions dans chacune d'elles les trois couleurs : noire (cheveux); blanche (dents; colom-

14. Ses bras ne sont qu'anneaux d'or ornés de pierres de Tarsis;

bes), rouge (lèvres). De plus, après la comparaison sur la couleur des lèvres, suit, dans les deux descriptions, une réflexion sur la douceur des paroles qu^elles émettent. Le poète pense donc probablement à une fleur rouge, qu il appelle lis n3;27iU7. Pline (Hist. nat. XXI, 5, al. il), après avoir parlé du lis blanc, dit : « 11 y a aussi un lis rouge (rubens lilium) nommé xpi'vov par les Grecs » (trad. Littré) ; voir aussi Dioscoride, lîl, 99. Raempf cite le Midrash Yalkut (in Prov. 23,31) où le lis rouge (nDn« n:;27Ttt7) est mentionné. Un texte du Midrash du Cantique (in 7,3) montre que le lis rouge servait de type à cette couleur : « Je suis rouge comme le lis », dit une femme à son mari. — Les mots « distillant une myrrhe exquise » ne se rapportent pas aux lis, mais aux lèvres : c'est une exception au procédé général du poète dans ces sortes de comparaisons (Introd., 76). La pensée est analogue à celle de 4,11 : « Tes lèvres distillent le miel », c'est-à-dire émettent de très douces paroles (cf. 5,16; 7,101; Glericus : Sermonum Sponsi suavitas designatur. Il ne s'agit nullement de « balsamische Kûsse » (Siegfried), ni de la suave odeur de l'haleine (Rosenmuller). La description des joues parfumées est formulée en des termes qui rappellent les plantes aromatiques et les baumiers du jardin de l'Épouse (4,13-5,1) lesquels font allusion au temple considéré comme un jardin, et aux parfums des sacrifices. Nous avons sans doute ici une allusion analogue : peut-être aussi la comparaison de la barbe parfumée est-elle suggérée par l'usage de parfumer la barbe du grand-prêtre (Ps. 133, 2). — Spécimens d'interprétation : Théodoret : Les joues et les lèvres représentent la doctrine. Ibn Ezra : Lqs joues sont les princes (— Anges) de la Face de Dieu; les lèvres sont les Anges qui sont envoyés aux hommes, comme Gabriel.

14. — désigne proprement la partie du corps qui comprend la main et l'avant-bras, pour laquelle beaucoup de langues n'ont pas de nom spécial. C'est sur le yady au poignet, qu'on met les bracelets (Gen. 24,22). Il faut donc tra-

sa poitrine est un bloc d'ivoire couvert de saphirs.

duire ici par bras et non par main (cf. Siegfried). — '>S"'Sa ne désigne pas des cylindres ou des tiges cylindriques, mais des anneaux (RosenrauUer : annuli) ; cf. 131127 trompette recourbée^ nom de l'accent darga (Kônig : Lehrgebâude der hebr. Sprache, I, p. 79). Le mot ne se retrouve au sens propre que dans Esth. i,6 où la Vulgate traduit bien circuit; Pesh. : 11,^*^ (même sens); xuêoiç des LXX doit probablement être corrigé en xuxXoiç (Schleusner). Le sens métaphorique cercle administratif , district suppose le sens premier de cercle, anneau et non de cylindre. Le mot désigne ici des anneaux ornant les bras de l'Époux, des bracelets. Ces bracelets d'or sont si nombreux ou si larges que Tavant-bras semble tout couvert d'or; comparer v. 11 : « sa tête est de l'or pur » , probablement parce qu'elle est couverte d'un diadème d'or. — □"'«SaD garnis, c'est-à-dire ornés, mais non pas pleins : c'est encore l'or des anneaux qu'on aperçoit surtout. ï^Sd est employé d'une façon analogue en parlant des douze gemmes qui garnissaient, ornaient le pectoral du grand-prêtre (Ex. 28,17; 39,10 et aussi 31,5; 35,33); voir in 5,12 : n^Sc — ti;"';!7in : gemme qu'on identifie à la chrysolithe (= topaze). Certains interprètes, amateurs de pittoresque, voient dans les 'n les ongles des doigts. — □'»ya parties intérieures (cf. 5,4), ventre (au sens large; cf. Brown), désigne à la fois le ventre et la poitrine (Oettli : sein Leib ; Harper : bis body). Ce sens large donné à Diya est peut-être dû à l'influence de l'araméen : ainsi, le Targum traduit par l'hébreu (Gen. 3,14; Lév. 11,42) qui désigne la partie de l'animal qui comprend à la fois la poitrine et le ventre (cf. LXX : Gen. 3,14 : eVi tw axr[^tx xal tÎ) xoiXia). L'auteur du Cantique appelle le ventre proprement dit yol 7,3. Dans notre passage, l'addition « couvert de saphirs » montre qu'il ne s'agit pas de la poitrine et du ventre nus, mais du vêtement qui couvre cette partie du corps. — ntzry, hapax legomenon. On a proposé les sens d'ouvrage, de chose luisante, de plaque etc. Rashi a fort bien indiqué la véritable

signification : « n^DV a le même sens que dans Jér. 5,28 : ils sont devenus gras, ils sont devenus épais *in^2? ; un amas épais se nomme nm-, en français masse (Salfeld lit : massue) ». Jér. 5,28 est assez bien traduit par LXX et Vulg. : IffTeaTwÔYiffav ; impinguati. Le sens devenir brillant, luisant (de graisse), adopté par beaucoup de modernes après Ibn Ezra, n'est guère probable. Un autre mot appartenant à la même racine m^rsT, Éz. 27,19, a un sens analogue à : masse ^ lingot; le Targum a bien traduit "CplV lames

ou lingots de fer. Il s'agit en effet, dans ce verset d'Ézéchiel, de matières premières, non de fer ouvragé (qui supposerait la racine nm). En néo-hébreu, ntt?S? signifie masse, lingot (cf. Graetz, Siegfried). L'auteur du Cantique compare le buste de l'Époux à une masse, à un bloc d'ivoire orné de saphirs. — nsS^D couvert, comme Gen. 38,14 se couvrir. Partout ailleurs, le verbe signifie s*évanouir, défaillir, dépérir : l'évanouissement est en effet conçu comme quelque chose qui recouvre l'individu et le plonge dans l'obscurité ; cf. couvrir et s'évanouir, et les expressions arabes

iAs' v 5t^' ï^^s^^' s'appuyant sur le Targum de

Gen. 38,14, donne à notre mot le sens d'orné; mais cette traduction du Targum (qui est aussi celle des LXX et de la Peshitto) n'est guère probable : Thamar, après s'être couverte d'un grand surtout et voulant se présenter voilée à Juda, afin que celui-ci ne la reconnaisse pas, n'a aucune raison de s'orner. Le mot exprime ici la profusion des saphirs disposés sur le bloc d'ivoire. — L'ivoire ne peut être ici que métaphorique : il exprime sans doute la blancheur éclatante du vêtement. (La tour d'ivoire de 7,5 est également une tour d'une extrême blancheur). Le blanc est la couleur du vêtement de Dieu et des personnages divins : Dan. 7,9 : le vêtement de l'Ancien des jours blanc comme la neige; 10,5 homme vêtu de lin (de même Éz. 9,2 sq.); cf. Luc 9, 29; Mt. 17,2; 28,3; Act. 1,10. — ditSD est à l'accusatif; cf. § 117 y. Le saphir de la Bible est une gemme bleue que plusieurs croient être le lapis-lazuli. — La mention des sa-

15. Ses jambes sont des colonnes d'albâtre posées sur des bases d'or.

Son aspect est celui (des arbres) du Liban ; il est superbe comme les cèdres.

phirs est gênante pour ceux qui voient dans V3ra le corps nu. Pour Graetz, Delitzsch, les saphirs seraient les veines bleues sous la peau blanche ; pour Ewald, Hitzig, un vêtement bleu. Siegfried y voit un trait de pur développement sans rapport avec le corps du bien-aimé : c'est avouer équivalemment qu'on a fait fausse route. — Dans notre interprétation, les deux moitiés du verset offrent entre elles un parallélisme parfait : dans chacune, la partie du corps décrite est représentée comme couverte d'un objet (anneaux, vêlement), et cet objet lui-même est richement orné de pierres précieuses (pierres de Tarsis, saphirs). — Il semble que le poète se représente Jéhovah portant, comme le grand-prêtre, une sorte de pectoral orné de gemmes. D 50,9 compare le grand-prêtre Simon à « un vase d'or... orné de pierres précieuses » : c'est là probablement une allusion au pectoral (Strack, dans son édition de D, renvoie à 45,11 : « les pierres précieuses sur le pectoral... »). Gant. 5,14 b et D 50,9 seraient donc deux comparaisons analogues. — Spécimens d'interprétation : Ibn Ezra : Les anneaux sont les roues de la grande Théophanie d'Ézéchiel (1,15 sq.) et les pierres de Tarsis font allusion à Éz. 1,16 : « L'aspect de ces roues était comme des pierres de Tarsis ». Ventre d'ivoire... : c'est l'éphod où sont représentés les astres.

15. — p1U7 jambe est pris sans doute ici au sens large, pour la jambe et la cuisse, comme l'indique la comparaison avec une colonne. La comparaison porte à la fois sur la forme et sur la couleur. (Gf. Dalman, p. 134 : Beine, gerundet wie die Sàulen, marmorn, zart, und sie sind auserwàhlt). — 'dxj se trouve encore Esth. 1,6 avec l'orthographe de lin fin, byssus; mais 1 Ghr. 29,2 : ww. Le mot désigne le marbre blanc ou l'albâtre. — □i*TD'»a poser les fondations, fonder (un temple, une ville etc.) est un terme de

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