Sa parole est la suavité même
et toute sa personne n'est que charme :
construction. — p^î est également un terme de construction. Sauf Job 38,6 (les hases de la terre), le mot ne se trouve employé qu'en parlant des bases d'argent qui supportaient les planches du tabernacle (Ex. 26,19 sq.) et des bases d'airain qui soutenaient les colonnes du parvis (27,10 sq.).
— "FS : voir v. 11. — Liban^ en parallélisme avec cèdres, ne peut guère désigner la montagne elle-même. Budde croit que l'expression cèdres du Liban est « partagée artificiellement entre les deux stiques » ; mais, dans ce cas, les cèdres devraient être nommés en premier lieu. Je penserais plutôt que Liban est ici pour arbres du Liban, qui fournit un bon parallélisme avec cèdres. Dans Osée 14,6, Liban est employé dans ce même sens : « je serai une rosée pour Israël : il poussera comme le lis et jettera des racines comme (les arbres du) Liban » (trad. Kautzsch : wie der [Wald des] Libanon). Dans d 50,12, les prêtres qui ofiicient au temple avec le grand-prêtre Simon sont comparés à des « plantations de cèdre sur le Liban ». — ^^r\1 choisi suppose une supériorité par rapport aux choses du même ordre. La comparaison avec les cèdres semble indiquer que c'est en majesté que l'Époux est distingué, incomparable. Rashi dit ici très justement : « Il l'emporte sur les autres hommes, comme les cèdres sur les autres arbres ». La pensée est donc analogue à celle de 2,3. Avec 15 a se termine la description des diverses parties du corps; 15 b, qui résume et donne l'impression générale, doit être réuni avec le v. 16.
— Les colonnes d'albâtre, le Liban, les cèdres, sont des traits empruntés au temple pour décrire l'hôte invisible qui y fait sa demeure. On remarquera que les colonnes d'albâtre sont blanches comme les colonnes de l'appirion (3, 10) lequel symbolise le temple de Salomon.
16. — "^n palais (cf. 2,3) est l'organe de la parole; cf. 7,10. — □''pnDD ici seulement et Néh. 8,10 : choses agréables au goût, savoureuses. — Le choix de ces deux mots indique clairement que le poète veut parler des paroles très
voilà mon bien-aimé, voilà mon époux, filles de Jérusalem !
douces qui sortent de la bouche de l'Époux (Rosenmuller, Hengstenberg, Kossowicz, Harper, Scholz) : c'est la même pensée et la même image qu'au v. 13 b; 4,11; 7,10; cf. Ps. 119,103 : « Comme tes paroles sont douces à mon palais, — plus que le miel à ma bouche I » ; Ps. 19,11 : « Tes commandements sont plus doux que le miel et le rayon de miel ». Siegfried voit encore ici, bien à tort, des baisers. — littéralement sa totalité, termine et résume la description de l'Époux, comme "^Sd (4,7) la description de l'Épouse. Ces menus détails de symétrie sont inexplicables dans l'hypothèse d'auteurs multiples. — DiTDnD : proprement choses désirables, estimables, aimables. Le mot ne se trouve employé, en parlant des personnes, que Lam. 2,4 et Éz. 24, IG, dans l'expression □'^315; lanD charme des yeux. Dans notre verset également c'est la personne en tant que vue qui est charmante : la pensée se rattache en effet à : « son aspect... » et à l'ensemble de la description dont tout le détail se rapporte à la vue. Le mot 'a forme paronomase avec DipriaQ (Introd., 78). — ijri : c'est le seul passage où l'Époux est ainsi appelé par l'Épouse (et cela à la troisième personne), tandis qu'au contraire inivi est l'appellation la plus fréquente que l'Époux donne à l'Épouse (cf. 1,9). En fait, dans l'usage du Cantique, itTî et TiiîTi se répondent : mon bienaimé, ma bien-aimée. Ici "î^rn répond à hSd jeune épouse et doit se traduire époux (cf. Kossowicz) ; cf. Jér. 3,21 : ( Comme une femme qui est inlidèle à son époux y") » (ïntrod., 86). — Voilà mon bien-aimé, voilà mon époux. La vivacité de l'expression rend bien le caractère triomphant de la réponse de l'Épouse à la question des tilles de Jérusalem : vous m'avez demandé comment il est fait, en quoi il diffère des autres. Je vous ai décrit son incomparable beauté. Eh bien! lui si beau, si grand, si aimable, il a daigné me choisir pour son épouse! — Spécimens d'interprétation : Targum : « Les paroles de son palais sont douces comme le miel ». Le Midrash et Rashi ont des développements sur ce
6,1- Où est allé ton bien-aimé,
ô la plus belle des femmes?
De quel côté s'est-il dirigé, que nous le cherchions avec toi?
thènoe; voici celui de Rashi : « Ses paroles sont douces, par exemple celles-ci : « Yous ne ferez pas d'incisions dans votre chair pour un mort : je suis Jéhovah (Lév» 19,28), qui suis fidèle à récompenser ; est-il un palais plus doux que celui-là? — Ne faites pas de mauvaises actions et vous recevrez votre récompense. — Quand l'impie reviendra de son impiété et se conduira d'après la justice, il vivra et ses iniquités lui seront comptées comme mérites : est-il un palais plus doux que celui-là? »
Ch. 6,4-42. L'ÉPOUX revient vers l'Épouse repentante :