‹ Le Cantique des CantiquesChapitre 68 sur 81 · Tu es belle, ma bien-aimée, comme Tirsah · texte numérisé non relu

Tu es belle, ma bien-aimée, comme Tirsah

Rashi et Ibn Ezra. Pour Yaphet, le jardin symbolise aussi le sanctuaire.

3. — L'Épouse répète ce qu'elle a déjà dit 2,16, mais en renversant les termes ; elle met en relief qu'elle est désormais à son bien-aimé et qu'elle réprouve son infidélité passée. De son côté Jéhovah est revenu vers elle : le Pasteur d'Israël paît de nouveau parmi les lis. — Targum : La Shekhina habite de nouveau dans le temple.

4. — Tu es belle : cf. 1,15; 4,1,7. — Tirsa fut la résidence des rois d'Israël, de Jéroboam à Omri ; on ne l'a pas encore identifiée avec certitude. — mt^J aimable; cf. in 1,5. — ne se trouve que Gant. 6,4, 10 et Hab. 1,7 dans la description de l'armée des Clialdéens en marche. — mS:i*Tj, ici seulement et v. 10, verbe dénominatif de h^i (2,4), désigne ce qui est pourvu d'une bannière (Glericus : vexillis distinctae) ou rangé sous une bannière, corps de troupe. Il n'y a pas lieu de suspecter le TM, comme Gràtz, Martineau (mSiaa tours); et cf. Winckler (in 6,10). — L'allégorie est ici extrêmement transparente (cf. Scholz) ; aussi les exégètes naturalistes se trouvent-ils dans un grand embarras. Cheyne (Enc. Bibl. I, 692) dit judicieusement : « On ne compare pas de belles femmes à des villes ». En conséquence, il manipule le texte, lequel est cependant critiquement sûr, et traduit : « Tu es belle comme le narcisse, aimable comme le lis des vallées » (!). Budde résout la difficulté en déclarant que les mots : comme Tirsa, aimable comme Jérusalem sont une glose. Mais, par leur étrangeté même, ces mots ont un caractère aussi différent que possible de celui d'une glose. Dans l'allégorie, la comparaison d'un être collectif comme le peuple d'Israël avec des villes et avec des bataillons n'a rien de choquant. Jéhovah contemple Israël revenant de l'exil. Il la trouve aussi belle qu'aux jours de la première alliance, et pour exprimer que son amour n'a pas changé, il va célébrer son Épouse (vv. 5-7) dans les

aimable comme Jérusalem, redoutable comme des bataillons.

termes mêmes qu'il avait employés autrefois (4,1 sq.). Israël, revenant de l'exil, est belle comme elle l'était autrefois à Tirsa et à Jérusalem (cf. Rashi, infra), alors que le royaume n'était pas encore divisé. La mention des capitales du Nord et du Sud est ici pleine d'à-propos : les prophètes, en effet, avaient annoncé qu'au retour de l'exil les deux royaumes n'en feraient plus qu'un (voir in 4,5). Tirsa et Jérusalem sonnent, dans la circonstance, comme des mots de résurrection; cf. Is. 52,1; 60,1. La beauté de Jérusalem est fréquemment célébrée dans la Bible : Is. 33,20; Lam. 2,15; Ps. 48,3; 122,3. Les mots Tirsa et Jérusalem, employés comme termes de comparaison, se comprennent mieux, semble-t-il, si Israël n'est pas encore rentrée en Palestine, mais seulement sur le point d'y revenir. Le choix de Tirsa pour représenter le royaume du Nord n'est pas fortuit : sans parler du sens gracieux qu'éveille le mot nïin {elle est agréable ou agréée ;çi. LXX : euSoxi'a), le poète a sans doute voulu éviter le nom odieux de Samarie qui n'évoquait que des souvenirs attristants. L'argument qu'on a voulu tirer du mot Tirsa pour assigner comme limites supérieure et inférieure de la composition du Cantique, les dates extrêmes de la période pendant laquelle cette ville fut résidence royale, n'a pas de valeur, même dans l'hypothèse naturaliste. — Les mots : redoutable comme des bataillons semblent indiquer qu'Israël a quitté le lieu de son exil et s'est mise en marche vers la Palestine : cette idée ressort plus clairement encore du v. 10. — Spécimens d'interprétation : Targum : « ... Tu inspiras de la terreur à tous les peuples quand tes quatre bataillons marchèrent dans le désert » (sans doute, d'après le contexte, pour revenir en Palestine). Rashi : « Aimable comme Jérusalem : tu es aimable comme tu l'étais autrefois à Jérusalem. Terrible comme des bataillons : les armées des anges. J'inspirerai (aux nations) de la crainte de toi, afln qu'elles ne te combattent pas et qu'elles ne te fassent pas interrompre ton travail, comme il est

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