‹ Le Cantique des CantiquesChapitre 72 sur 81 · Soudain, mon désir a fait de moi · texte numérisé non relu

Soudain, mon désir a fait de moi

'un' char pour la *fîlle' du noble peuple (?).

j'ai fait habiter ma Shekhina... » ; de même Rashi. Yaphet : fructus vallis : Probabiliter hic sermo fît de terra Israël. Philo Carp. : Hortum nucis bene appellavit Hierusalem et templum (mais il fait une application à la passion du Christ). Le Midrash compare les Israélites au noyer et à la noix.

12. — Bon nombre d'exégètes profitent de l'extrême obscurité de ce verset pour en tirer tel ou tel indice en faveur de leur système. On a voulu y lire, par exemple, qu'une fille de Shulam, s'étant imprudemment aventurée dans les jardins, fut enlevée sur les chars de l'escorte royale, détail d'une importance capitale dans la théorie dite dramatique. Renan, par exemple, traduit, avec son élégance et son inexactitude coutumières : « Imprudente! voilà que mon caprice m'a jetée parmi les chars d'une suite de prince. » Nous respecterons l'obscurité du texte et nous nous abstiendrons de rien bâtir sur un sol aussi peu sûr. — Le TM, à supposer qu'il soit correct, pourrait se traduire : « Je ne sais pas (ou : je n'ai pas su) ; mon âme (ou : mon désir) m'a fait chars du noble peuple (plutôt que : de mon noble peuple) ». La traduction des LXX n'est pas plus claire : Oùx ïy^to ^ ^u/^-n [low IGsto fxs apaara 'AfxivaÔaê. Ils ont pris 11 ''as? pour un nom d'homme, 'AfjLivaSaê (cf. 7,2), mot qu'on trouve transcrivant mJUN* dans 2 S. 6,3, texte où il est question du chariot (nSay) qui portait l'arche. La Vulgate a également Aminadab. Symmaque : Yi7ropy]a£ et la Vulgate : conturbavit, semblent avoir pensé à la racine DDtl?. La Peshitto traduit : « Mon âme n'a pas su; elle m'a mis sur les chars du peuple préparé (ou généreux?) » . — Pour i2;S3 au sens de désir , sens que nous admettons, cf. Is. 5,14; Ps. 17,9; Prov. 23,2. — Pour niw construit avec deux accusatifs, cf. Jos. 8,28; 1 R. 5,23 etc. — inyï"' t^S je ne sais pas ou je n'ai pas su semble signifier ici sans que je me sois rendu compte y c'est-à-dire à V improviste y soudain (cf. Job 9,5; Ps. 35,8); voir Rosenmûller et cf. § 156 g. — Un nom propre comme Aminadab n'ayant ici aucun à-propos, le plus sage est de s'en tenir à la leçon du TM : nn: W; si,

comme nous croyons l'entrevoir, le noble peuple est Israël, cette leçon reçoit une confirmation de l'épithète m: ni (TM) donnée plus loin (7,2) à Israël. — W peut se traduire du noble peuple^ envoyant dans le yod, avec Rashi, un yod paragogique (cf. 1,9 inDD), ou, moins probablement, démon noble peuple (pour l'omission de l'article devant nnj, cf. § 126 h, z). Le sens du TM serait donc : l'amour m'a transformé soudain en chars rapides pour ramener Israël, « le noble peuple », en Palestine. Ainsi s'expliquerait peut-être le mot : Reviens du verset suivant 7,1 : les nations, en voyant Israël retournant en Palestine, lui crient : « Reviens, reviens... » Si "JQ!; est authentique, on est surpris de voir le poète sortir de son allégorie et appeler l'Épouse un noble peuple. Se serait-il donné cette licence en pensant à Osée 2,3 où ^Ammi, « Mon peuple » est le nom symbolique du peuple d'Israël rentré en grâce avec Jéhovah? — Un autre sujet d'étonnement est le pluriel miDia chars. — Pour éviter ces deux difficultés, je proposerais de lire : m ni3"ia l'^TJ iD^r, ou plus probablement : "JD!? ni IDl char de la fille du noble peuple. Le mot m aura été confondu avec le mot précédent qu'on prit pour un pluriel féminin et qu'on corrigea ultérieurement en miDlQ. (Voir plus loin un autre cas où m a été également méconnu : □''Jiziyn ni 7,7). L'auteur a déjà employé le mot i3i (1,9). Les mots mj lay ni doivent se lire aussi 7,2 : cf. LXX6uYaT£p 'A{xivaSaê. — L'expression fille du noble peuple a l'avantage de ne pas sortir de l'allégorie. Elle rappelle l'appellation fréquente chez Jérémie de lay ni fille de mon peuple [= Israël), c'est-à-dire fille (qui est) mon peuple. — L'image de Jéhovah enlevant soudain Israël dans un char pour la ramener en Palestin e n'est pas sans analogie dans la Bible. Jéhovah est en effet représenté comme ayant à sa disposition des chars rapides comme la tempête (Is. 66,15), et c'est dans un char de feu qu'il enlève Élie au ciel (2 R. 2,11). Pour l'image d'Israël portée par Jéhovah, on peut comparer l'expression de 8,5 : « appuyée sur son bien-aimé ».

7, 1. ReTÎens, reviens, Sulamite;

revîeHS, reviens, que nous te regardions!

7,4-8,7. — Le retour d'Israël en Palestine. Sa beauté exaltée par les nations et par jéhovah. dieu habite de nouveau avec son peuple, dans le second temple, et fait avec lui une alliance éternelle.

Ch. 7,4 a. — Les nations voient Israël quittant la terre de Texil et revenant triomphalement en Palestine, conduite par Jéhovah, et elles s'écrient : Reviens, reviens, Sulamite, pour que nous puissions te contempler dans tout l'éclat de ta beauté. La quadruple répétition : Reviens ! ipexii exprimer la soudaineté de la délivrance d'Israël par Cyrus ou l'ardente sympathie des nations. — n'îaSlx^n : Les exégètes naturalistes voient dans ce mot un nom ethnique, dérivé d'une localité ah^'é. On suppose donc que l'Épouse serait native de Shulam, localité que l'on veut retrouver dans le village moderne de Soulem, au nord de Zer'in {= Jisréel) ; cf. Baedeker, Palestine 2, p. 245. 'Mais c'est là réaliser un nom allégorique. Si l'Épouse est appelée ici Sulamite, appellation qu'elle n'a pas encore reçue, c'est que les nations veulent exprimer l'idée qu'Israël, délivrée par Cyrus, est rentrée en grâce avec Jéhovah, a « retrouvé la paix » ; cf. in 8,10. Le nom de Sulamite aurait donc un sens analogue à celui de Salomon (= pacificus : 8,11,12; Yulgate) et signifierait pacifique ou pacifiée, celle qui jouit de la paix. Il est même possible que le poète ait pensé à une forme féminine de nD^u (Rosenmiiller, Zapletal, etc.); mais il semble qu'il aurait dit TT'aSu; (Lév. 24,11; 1 Ghr. 3,19), et c'est peut-être la leçon primitive. Nombreux sont les interprètes qui voient dans le nom de Sulamite une allusion à la paix (v. g. Midrash), ou à Salomon (v. g. Genebrard, Menochius). Certains estiment que le nom fait allusion à Jérusalem, v. g. le Targum : « Reviens à moi, communauté d'Israël ; reviens à Jérusalem... »; Ibn Ezra (dans l'interprétation grammaticale) : « Sulamite, c'est-à-dire qui est de Jérusalem, laquelle est aussi appelée Salem » ; de même l'anonyme de Gene-

Pourquoi regardez-vous la Sulamite, (rangées) comme un double chœur?

brard. (On peut comparer le nom de Judith « — n'ii^in'' la Juive). — Le nom it'dSiiz; a été étrangement déflguré dans les versions. On trouve HoufxaveÏTiç (B) ; 2ouva(i,îTi(; ; Sunamitis, dans cerlains MSS. de la Vulgate. Cette dernière forme a été sans doute inspirée pari R. 1,3 niQjn^n Abisag la Sunamite. Budde et d'autres croient savoir que le Cantique fait précisément allusion à Abisag, la plus belle vierge qu'on put trouver pour le roi David. Dans aucune des théories naturalistes on n'a fourni l'ombre d'une raison pour expliquer pourquoi l'Épouse est appelée Sulamite et pourquoi elle ne reçoit ce nom qu'ici. La présence de l'article semble indiquer que nous n'avons pas affaire à un nom propre ordinaire, mais bien à un nom exprimant une qualité. Castelli, après avoir rejeté les autres explications (de Sounem, de Shalem = Jérusalem; la Salomonienne), conclut (p. 46) : « Sulamite est un nom de qualité... signifiant la parfaite^ Vintègre^ ou encore, d'après un autre sens de la même racine, la pacifique, celle qui possède et produit la paiXj la satisfaction y le contentement; l'auteur a peut-être fait allusion à ce dernier sens 8,10 ».

i b. — l'rnn : au masculin (Introd., 110); n mn a la nuance : regarder avec complaisance; cf. 3,11 : nfc<*l. Il est tout à fait illogique de traduire regarder dans au v. i b et regarder au V. 1 a (Rosenmiiller). Cette interrogation est faite par l'Époux, qui provoque ainsi le chœur des nations à faire l'éloge d'Israël; de même 5,9 l'interrogation des filles de Jérusalem amène l'éloge de l'Époux — Cette seconde moitié du verset présente des difficultés insurmontables si l'on rapporte les mots D'»:nan nSriDD à l'Épouse. Les LXX ont en plus Epyo[A£V7i (Pesh. ii>^ qui descend)] mais un mot ajouté au TM romprait l'équilibre des deux stiques. Du reste, représenter l'Épouse comme « un double chœur « serait sortir trop ouvertement de l'allégorie. Et puis, pourquoi IsracU rentrant en Palestine serait-elle comparée à un double chœur? Avec

Ibn Ezra, Clericus (v. infra), j'estime qu'il faut rapporter les mots lan nSnDD aux femmes du chœur. Le poète nous représenterait donc les nations rangées comme en deux chœurs, au milieu desquels Israël s'avance pour rentrer en Palestine. Dans cette hypothèse d'un chœur à deux parties, chaque vers de la description qui suit (2-8) serait dit par l'un des deux chœurs alternativement. (Nous avons vu que l'introduction 1,2-4 se divise en deux strophes chantées peut-être par deux chœurs alternants). Lors des fêtes de la dédicace des murs de Jérusalem, Néhémie divise les chantres en « deux grands chœurs » nSi:i min ^T\)D (Néh. 12, 31 sq.). — nSna signifie proprement chœur de danse (de Sin danser en rond); cf. Jug. 31,21 ; mais le mot s'emploie d'une façon très large pour un chœur qui chante ou pour un chant exécuté en chœur (comparer les divers emplois de xopoç et du fr. chœur), v. g. Ex. 32,19 : niSnD chœurs de chant (= mjsr Sip du V. 18). Le masculin Sina ne signifie jamais chœur de danse, mais chœur chantant ou chant en chœur (cf. Ps. 149,3; 150,4). Dans notre passage, il s'agit d'un chœur chantant et non dansant. — rijna camp doit s'entendre ici au sens de groupe, partie (du chœur) : une extension de sens analogue s'observe dans nos langues. L'expression 'en 'd était peut-être un terme technique pour désigner un chœur à deux parties. Le sens double chœur est admis par Ibn Ezra, Graetz. — Spécimens d'interprétation : Ibn Ezra (dans la seconde interprétation, [dramatique]) : « Pourquoi voulez-vous regarder la Sulamite, que vous sortiez tous ainsi, comme sortent deux rangées en chœurs au-devant d'un roi? » Dans la troisième interprétation, [allégorique], il dit : « Ce verset se rapporte au temps où Dieu ramènera les exilés à Sion ». Clericus : Confert chorum Jerosolimitidum, in hoc dramate, cum choro puellarum, qui victori exercitui obviam ibat; ut videmus 1 S. 18,7 ». Orozco : c'est l'Église qui invite la Synagogue à se convertir. Les exégètes naturalistes voient ici une danse exécutée par la Sulamite, et qui, d'après certains (Budde, Siegfried), répondrait àla danse du sabre des Hauranites; mais comment « un chœur de

deux camps » pourrait-il se dire d'une danse exécutée par une femme seule? D'après d'autres, l'auteur parlerait d'une danse en usage dans une localité du nom de Mahnaïm.

[2-6]. Israël célébrée par les nations. — Les nations, provoquées pour ainsi dire par la question de TÉpoux : « Pourquoi regardez-vous la Sulamite? » répondent en faisant l'éloge d'Israël qu'elles contemplent rentrant en Palestine. La description renferme des allusions au retour de la captivité (pieds, jambes), à la fécondité d'Israël et de la Palestine (nombril, ventre, seins) et à des particularités du pays lui-même (bassins d'Hésébon, tour du Liban, Carmel). Si l'Épouse décrite n'était pas une nation, l'accumulation de comparaisons d'un caractère énorme que nous trouvons ici serait, en vérité, inexplicable. On se représente aisément, au contraire, le plaisir que devait ressentir un Juif lettré en entendant toutes ces allusions à sa nation, épouse bien-aimée de Jéhovah, et à son pays, terre bénie de Dieu. Son plaisir devait être d'autant plus vif qu'Israël est célébrée par les nations. Sophonie (3,20) n'avait-il pas terminé sa prophétie par cette promesse : « Au temps oii je vous ramènerai, au temps où je vous réunirai, je vous ferai glorieux et renommés parmi tous les peuples de la terre »? (cf. Deut. 32,43; Jér. 33,9). On remarquera que la présente description, faite par les nations, a un caractère particulièrement grandiose et envisage surtout Israël comme nation. Les traits géographiques sont spéciaux à cette description : ils ont été relevés avec raison par plusieurs, en particulier par Gietmann. Israël, rentrant en Palestine, retrouvait ses anciennes frontières et ses belles montagnes. — La situation historique supposée par le Cantique n'ayant pas changé depuis 6,4 sq., il n'est guère vraisemblable que l'auteur, après la description de 6,4-7, qui est elle-même une répétition, ait encore mis dans la bouche de l'Époux une nouvelle description de l'Épouse. Rashi, Genebrard etc. attribuent à bon droit la description présente aux nations; et parmi les exégètes naturalistes, beaucoup la placent dans la bouche d'un chœur de femmes, qui, dans la théorie dramatique,

2. Que tes pieds sont beaux, dans (tes) sandales, fille du noble ^ peuple' !

seraient les femmes du harem de Salomon (Graetz, Oettli, Harper). — Spécimens d'interprétation : Le Targum, le Midrash, Rashi, Ibn Ezra appliquent les différentes parties de la description à certaines catégories de personnes, à des particularités du culte etc. Théodoret voit décrites ici les qualités de l'Église : ainsi, les cuisses symbolisent les vertus pratiques; les seins^ les sources de la doctrine; le nez tourné contre Damas, la vigilance de TÉglise contre le paganisme et l'impiété. Pour Lyra, c'est également la description des qualités de l'Épouse du Nouveau Testament. Saint Thomas voit au contraire dans notre passage une description prophétique d'Israël se convertissant à la fin des temps; de même Orozco.

2. — ^S"'"na : cf. 4,10; 7,7. — avs, proprement pas^ est en poésie un pur synonyme de Sa"i pied; il s'emploie même sans aucun rapport à la marche : cf. Is. 26,6 (parall. Sai); Ps. 58,11; 74,3; 2 R. 19,24. La Peshitto traduit bien (contre LXX) : tes pieds. L'Épouse est peut-être représentée marchant, mais non pas dansant comme le voudraient Ewald, Dôpke. Budde, Siegfried. (Si le v. 6,12 était moins obscur, on pourrait penser qu'elle est portée sur un char). — □''Sir: au pluriel, et non au duel qui tendait à disparaître de l'usage (Introd., 107). Les sandales constituaient une partie essentielle de l'habillement. Il y en avait de très luxueuses; cf. Judith 16,9 (11) : « ses belles sandales ont séduit ses yeux (d'Holopherne) ». Ne pas porter de sandales était un signe de deuil (Ez. 24,17). Dans Is. 20,3, le prophète marche pieds nus pour symboliser la marche d'une population emmenée en captivité. Dans notre passage, où Israël revient de l'exil, nous avons peut-être le symbolisme inverse. Lors de la sortie d'Égypte, les Hébreux devaient avoir les pieds chaussés pour le voyage (Ex. 12,11). Le poète a peut-être présente à l'esprit la parole dis. 52,7 relative au retour de l'exil : « QuHls sont beaux j sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix...! » — 'z.'^l^ ni : Avec LXX (Guyatep

Les colonnes de tes jambes sont comme des anneaux ouvrés par un orfèvre.

'AfxivaSaê) je lis ''a^T ni « fille du noble peuple », leçon que j'ai admise 6,12 : les nations donnent à Israël l'appellation même dont s'est servi l'Époux. La leçon du TM fille de noble est d'autant moins probable que l'Épouse n'est pas censée avoir de père, ce qui est conforme à la logique de notre allégorie. Il n'est peut-être pas sans intérêt de noter qu'Esther, l'héroïne idéale d'Israël, est dite dans la recension des LXX (2,7, 15) ôu^ocrrip 'A|jLivaSaê. — •'pian, hapax legomenon. Les analogies manquant, le sens est difficile à déterminer. L'emploi du verbe pan (3,6; Jér. 31,22) éclaire peu le sens du dérivé. On traduit courbures^ jointures etc. Il ne me semble pas probable que nous ayons affaire à un mot abstrait : 1) à cause de la forme elle-même (cf. § 84 b,^) ; 2) parce qu'un mot abstrait serait au singulier; 3) parce que chaque membre de la description commence par un nom concret désignant une partie du corps. En néo-hébreu, pian, qui semble du reste maigrement documenté, désigne un objet cylindrique (Jastrow : rundle; Dalman : rundes Holz; Levy omet le mot). Je croirais donc que signifie dans le Cantique un objet cylindrique, comme serait, par exemple, un fût de colonne. L'expression "jt^li 'n signifierait donc les cylindres de tes jambes y les fûts [cylindriques) de tes jambes. Ces jambes cylindriques seraient d'une rondeur parfaite « comme celle des anneaux )>. L'analogie de 5,5 : « ses jambes sont des colonnes d'albâtre » me confirme dans l'idée que le poète, dans cette seconde comparaison relative aux jambes, pense encore à des colonnes : ipian remplacerait donc may de 5,15. J'ai traduit colonnes pour exprimer cette image et aussi pour éviter ce qu'aurait de bizarre, dans notre langue, le mot cylindre. — signifie proprement la cuisse, mais s'emploie d'une façon très large comme beaucoup de noms de membres. C'est ainsi qu'il peut désigner les hanches ou les flancs, et ce sens est adopté ici par beaucoup de traducteurs (v. g. Saadia : tes fortes hanches). Au figuré "|T> se dit du pied d'un candélabre (Ex. 25,31 etc.).

Ici, après la mention des pieds (-j^Dî;2), il semble désigner la cuisse avec la jambe; comparer l'emploi de p^xù (5,1^) qui désigne, inversement, la jambe avec la cuisse. Il est possible que le poète ait employé ici au lieu de pi^' pour une raison d'harmonie : en tout cas, après la mention des pieds, on attend celle des jambes. Dans la traduction, j'ai préféré jambe, qui a un sens plus compréhensif que

cuisse. — : le sens de bijou, d'après l'arabe ^^J^ orne-

ment, parure, est beaucoup trop imprécis. On traduit souvent collier, mais un collier n'offrant pas une forme rigide ne saurait être le type d'une rondeur parfaite. Le mot, dans la Bible, signifie anneau. Ce sens ressort assez clairement de Prov. 25,12 où le sens de collier est impossible : il s'agit, en effet, d'un ornement d'oreille pour un homme ; □nD""!Sn est donc synonyme de nriT DîJ, et il faut traduire : L'*avis' (cf. LXX) d'un sage à une oreille docile, c'est une boucle d'or et un anneau d'or fin. Dans Osée 2,15, la forme féminine n'^Sn est encore associée à DTJ et signifie également anneau. Le sens d'anneau se trouve également en néo-hébreu et en araméen (cf. les dictionnaires de Levy et de Jastrow s. v. n^Sin, ^^1S^^ et aussi n"'Sin). Le sens est donc : tes jambes sont aussi parfaitement rondes que des anneaux. — ni signifie simplement œuvre, ouvrage (cf. Ps. 111,7; 138,8 etc.) et non chefd'œuvre, — ']a^^, hapax legomenon, est l'araméen Nja^ix,

Uieéj, qui peut se dire de tout ouvrier, mais qui semble désigner spécialement l'ouvrier en bijouterie; cf. Peshitto, Ex. 28,41 011 pLiooj traduit *kl7in lapidaire. — La comparaison des jambes avec des anneaux a été peut-être suggérée au poète par les anneaux que les femmes portaient précisément aux jambes. — Quelle est l'intention allégorique du poète en parlant des pieds et des jambes de l'Épouse ? Peut-être y a-t-il une allusion à la circonstance du retour de la captivité. La rondeur des jambes peut être un signe de force et de majesté, comme pour les jambes de l'Époux (5,15). — Spécimens d'interprétation : Le Targum voit ici

3. Ton nombril est un cratère arrondi où le vin ne manque pas ;

une allusion aux pieds d'Israël montant trois fois par an, en pèlerinage, à Jérusalem; de même le Midrash, Rashi, D'après Ibn Ezra, il s'agit des pieds d'Israël revenant de l'exil. Origène (Excerpta Procopiana, dans Migne 13,211) voit une allusion à la fécondité de l'Épouse : « Saepe Scriptura femora usurpât pro generatione. Significat itaque hoc loco sponsae compositionem et concinnitatem in loco generationis, similem torquibus virtute fabrefactis ». (Mais la fécondité d'Israël ne vient qu'au verset suivant).

3. — Ce verset comprend deux vers qui présentent un parallélisme de forme et de pensée évident : ils doivent donc, pour être bien compris, être expliqués ensemble. Le vin et le blé^ produits caractéristiques de la Palestine (2 R. 18,32; Deut. 8,8 etc.), symbolisent la fécondité d'Israël rétablie dans son pays. Le poète a, non sans art, rattaché ce symbolisme connu aux parties du corps qui ont rapport à la fécondité. Le ventre est naturellement comparé à un tas de bléy et le nombril, qui offre l'aspect d'une dépression circulaire au milieu du ventre, devient, dans l'imagination du poète, un cratère débordant de vin. C'est ici surtout que le choix des images est dicté par l'allégorie : elles seraient inexpHcables si la femme décrite n'était pas la nation d'Israël. Le procédé artificiel qui consiste à rattacher certaines particularités d'un pays ou d'un peuple aux parties du corps avec lesquelles elles ont quelque rapport se retrouve ailleurs dans la Bible. Ainsi, pour exprimer l'idée que le territoire de Juda sera riche en vin et en lait, Jacob dit : « Juda a les yeux rouges de vin, et les dents blanches de lait » (Gen. 49,12). — r\'^'^^2j : Le mot ne diffère que par l'orthographe de !]itl7 (Éz. 16,4); cf. Olshausen, p. 293. (Je ne cite pas Prov. 3,8, où il faut lire "jlty = "jixu7). Iltl? semble

désigner originairement un objet allongé comme une corde. (Comparer la racine voisine 1W] en néo-hébreu "li^z; signifie « chain, cord, especially umbilical cord » (Jastrow) ; de

ton ventre est un tas de blé entonré de lis.

même l'araméen y^^^xâ (Jastrow). Nous trouvons dans Job 40,16 la forme n''iur avec le sens de ligament y tendon , nerf. Quant à notre mot ^'W^ il signifie d'abord le cordon ombilical, sens qu'il a Éz. 16,4, d'où ombilic, sens qu'il a dans notre verset. Inversement, en néo-hébreu, mxû, qui signifie proprement la protubérance du nombril, se dit aussi du cordon ombilical. L'arabe distingue les deux sens par des formes

différentes ij^ désigne le cordon ombilical et le nombril. Le sens obscène admis par beaucoup de modernes qui rapprochent Farabe jT" secretum, entendu au sens de vulva mulieris, reste à la charge de leur imagination, et n'a pas l'ombre d'une probabilité. Le sens nombril est assuré par Éz. 16,4, par l'usage du néo-hébreu, par la présence de la voyelle u (0) qu'on retrouve en arabe et en araméen, par la comparaison avec un cratère rond, par l'unanimité des anciennes versions. — Le nombril est souvent mentionné dans les descriptions des poètes arabes comme un élément de beauté. Ici il est employé d'une façon tout à fait différente, à raison d'une association d'idées avec la fécondité : sa valeur symbolique et son emploi artificiel écartent de la comparaison tout élément de sensualité. — pN* désigne un vase de grandes dimensions, ainsi qu'on le voit d'après Ex. 24,6; cf. ii^t crater, vas vini magnum (Payne Smith). Dans Is. 22,24 (qui est en mauvais état), il désigne également de grands vases, des cratères (Vulg. : craterarum). Enfin, dans notre verset, le parallélisme avec tas de blé montre qu'il s'agit d'un très grand vase (qui n'a pas plus de proportion, bien entendu, avec le nombril que le tas de blé avec le ventre). Le poète, pour exprimer l'extrême abondance du vin en Palestine, ne peut pas songer à dire que le vin ne manque pas dans une petite coupe à boire. Le détail : où le vin mêlé ne manque pas (cf. Jean 2,3) nous indique du reste clairement que le poète pense à un de ces grands cratères où les anciens mélangeaient l'eau au vin avant le repas (cf. Daremberg et Saglio,

s. V. Craler). Les LXX rendent fort bien, quant au sens,

Prov. 9,2 : èxepaaev eîç xpat^pa xbv eauxyiç oivov. Les cratères

donnés par Ptolémée au temple de Jérusalem contenaient

deux métrètes (78 litres), d'après Aristée § 76. — ino, hapax

legomenon; on traduit généralement : rondeur; cf. aram. iSiHD lune {= la ronde), l'hébreu biblique Dijnniz; ornements ronds, en forme de lune, lunules. En néo-hébreu iriD signifie, d'après Levy, etwas Rundes, besonders Rondel, ein mit einer Ringmauer umgebener Platz. L'épithète de rondeur convient assez bien et au nombril et au cratère : cf. i R. 7,23 riUD Say rond tout autour, en parlant du grand cratère nommé mer d'airain, La Peshitto circularis, rotundus) a vu l'idée de rotondité. Le Topsuxoç des LXX comporte peutêtre, ici et 5,14, l'idée de rotondité. Néanmoins l'expression vase de rotondité pour vase rond ne laisse pas d'être un peu étrange, et je me demande si IHD ne serait pas plutôt un nom concret, désignant quelque variété d'objet d'art, ou un procédé technique (ciselure?) ou un motif d'ornementation, ou un métal blanc, argenté comme la lune (cf. ;»o^ûb argent;

blanc (comme la lune). Si ino désignait un métal, l'article s'expliquerait bien : on sait en effet que l'article s'emploie volontiers avec les noms de matière (§ 126 m; cf. dans le Cantique même 1,11 ^^ddh; 4,3 ''jurn; 7,4 "jurn). LeTargum et le Midrash semblent prendre nno au sens de lune. — ion'' ne doit pas se traduire à l'optatif : « que le vin n'y manque pas » (avec Graetz, Kaempf, Scholz etc.). Le poète célèbre l'abondance effective en vin aussi bien qu'en blé : le blé est représenté en tas et le vin remplissant un cratère. a donc ici le sens de t<S comme dans 2 R. 6,27; Ps. 50,3; Job 5,22 (et cf. Prov. 12,28 ma-S.vî). Pour la pensée, comparer Ps. 23,5 : « ma coupe est pleine à déborder ». — aîD, hapax legomenon, forme aramaïsante pour ""iDa, proprement mélange, désigne le vin mélangé d'eau, tel que le buvaient les anciens. (Pour les Grecs et les Romains, v. Daremberg et Saglio, s. V. Crater; pour les Arabes, v. G. Jacob : Lebender vorislam. Beduinen, p. 102). Le mélange se faisait, comme

nous avons dit, dans des cratères. Le mot :iîa, non plus que "jDQ (Ps. 75,9), ne signifie pas vin parfumé, aromatisé (cf. 8,2), mais le vin tel qu'on le buvait d'ordinaire, c'est-à-dire mélangé d'eau, m est donc ici, comme -]Da au Ps. 75,9, un pur synonyme poétique de "[11 vin. — naiy ne peut pas se traduire par gerbe (Halévy) ; le mot signifie toujours amoncellement, tas (cf. Néh. 13,15; 2 Chr. 31,6, 7). — n^lD, hapax legomenon, aramaïsme, proprement : entouré d'une clôture (haie, palissade etc.). Le tas de blé entouré de lis peut révéler une coutume un peu générale à l'époque du Cantique ; de nos jours la coutume n'existe plus guère, bien qu'on rapporte quelques exemples. Stickel (p. 184, n.) cite Thoma : Ein Ritt ins Gelobte Land (1887), p. 40 : « Beim Wurfeln falien die schweren Weizenkôrner zu einem goldgelben Haufen nieder der lieblich sich wôlbt und mit Lilien oder Windrôschen umsteckt wird, theils zur Zier, theils um wahrzunehmen ob nicht unberufene Hânde an der miihsam erworbenen reinen Frucht sich vergreifen. » D'après P. Haupt, « heaps of grains of wheat are still set about with lilies and anémones in Palestine, to scare away birds ». — Les lis, qui sont un symbole des Israélites, sont probablement ici une allusion à la fécondité d'Israël. — On le voit, les deux comparaisons relatives au nombril et au ventre s'éclairent mutuellement. Si elles nous paraissent recherchées, cela tient au procédé artificiel du poète : pour célébrer la fécondité d'Israël et la richesse de la Palestine en blé et en vin, il devait associer le vin et le blé à des parties du corps présentant quelque rapport avec la fécondité. — La fécondité d'Israël et la fertilité du pays à l'époque du retour sont des idées fréquentes chez les prophètes. La bénédiction en blé et en vin se trouve déjà dans Gen. 27,28; cf. Dt. 32,14; 33,28; Is. 62,8; Joël 2,24; Amos 9,14; Zach. 9,17; Ps. 147,14. La fertilité de la Palestine à l'époque du retour forme un contraste symbolique avec la désolation du pays souvent annoncée par les prophètes comme le châtiment des péchés du peuple. — Spécimens d'interprétation. Le Targum, le Midrash, Rashi, Ibn Ezra, Yaphet font des applications de détail qui

4. Tes deux seins sont les faons jumeaux d'une gazelle ; 5a. ton cou est une tour d'ivoire.

n'ont guère de vraisemblance. Je me contenterai de citer quelques lignes de Yaphet : « Potest (quoque) fieri ut per vocem Umhilicus tuus ipsummet innuat sanctuarium, et per vocem venter tuus, Jérusalem; unde de sanctuario dixisset : qui non caret mixtione, ex eo quod sit vini libationum ad sacrifîciapropriuslocus... Quemadmodum umbilicus médium occupât ventrem, ita in medio Jérusalem invenietur Sanctuarium. » Titelmann : « Solet in mulieribus impregnatis, insigniter tumens aut elevatus utérus signum esse prolium plurium in utero latentium. Unde in praesenti loco, per uterum elevatum et tumidum instar acervi tritici, recte significatur copia prolis et foecunditas insignis sanctae Ecclesiae ». Kaempf, peu favorable au symbolisme, admet cependant ici que le tas de blé est une allusion à la fécondité de la Sulamite. L'interprétation obscène des exégètes naturalistes, manifestement contraire à l'hébreu, a été suffisamment réfutée plus haut. Qu'il me suffise de dire que tout le verset est interprété par certains conformément au sens qu'ils supposent à : c'est ainsi que J^m devient le semen génitale (même Kônig, Stilistik, p. 39), "[td! mons Veneris, Dij^zJltz; die krausen Haare (Stickel).

4. — Ce verset se trouve déjà 4,5 (q. v.), mais ici le détail : qui paissent parmi les lis a été omis par le poète, sans doute parce qu'il vient au v. 3 de nommer les lis. La Peshitto a donc tort d'ajouter ici : qui paissent parmi les lis. L'orthographe ''ONn, au lieu de *'aixn (4,5) est sans doute plus conforme à la prononciation réelle. — Les seins continuent peut-être le symbolisme de la fécondité d'Israël (cf. Gen. 49,25 : benedictiones uberum et vulvae)^ ou reprennent le symbolisme de 4,5 (l'union des tribus après le retour).

5 a. — La première partie du verset (5 a) : « Ton cou est une tour d'ivoire » se rattache métriquement au v. 4, où il remplace le stique : « qui paissent parmi les lis » de 4,5 lequel a la même longueur. Le reste du verset (5 b) forme une unité; il est composé de deux vers symétriques comme

forme et comme idée : dans chacune sont nommées deux localités avec l'indication de la situation de Tune par rapport à l'autre : « les bassins d'Hésébon à la porte de Bat- Rabbim », « la tour du Liban qui regarde vers Damas ». — L'article de ^«rn (cf. 126 m) n'oblige pas à traduire : /«tour d'ivoire (cf. § 127 e) : LXX Tcupyoç lÀscpàvTivo; ; de même plus haut : mon un vase de... La tour d'ivoire de notre verset n'a rien de commun avec la tour de David de 4,4. Le poète réunit par l'imagination, dans un même objet concret, une tour d'ivoire, les deux qualités du cou qu'il veut indiquer : la hauteur et la blancheur; ici encore, il crée lui-même son terme de comparaison; comparer Anacréon : Od. 29 eXecpàv- Tivoç Tpàj^riXoc;. — 5 b a : ïilDH : LXX Xi'(jLvai; Yulg. : piscinae. Le mot désigne un réservoir d'eau construit en maçonnerie ou creusé dans le roc. Le poète compare les yeux brillants de l'Épouse à l'eau limpide et claire de bassins. La comparaison devait paraître d'autant plus naturelle à un Juif que "[Iît œil se dit aussi d'une source. Les bassins d'Hésébon étaient sans doute renommés pour leur beauté. Baedeker (Palestine "^, p. 192) signale du côté nord de Hesbân « un grand étang creusé dans le roc » Galmet pense à la ville mentionnée 2 Mac. 12,13, près de laquelle se trouvait un étang ou bassin (Xi'avri) de deux stades. Le nom de la ville est ici orthographié KacrTTEiv et d'après plusieurs auteurs elle serait identique à la ville appelée (1 Mac. 5,36)

Xaacpwv (Kadcpwv; cf. V. 26 Kaacpw, Kacrcpcop, Xaacptop). La graphie Xaacpwv répondrait assez bien à ]i3©n. Cependant, il est douteux que dans ces passages des Maccabées il s'agisse de l'Hésébon de Moab, qui est la ville visée par notre poète. — A la porte de Bat-Rabhim : il s'agit d'une porte d'Hésébon nommée porte de Bat-Rabhim sans doute parce qu'elle conduisait à la ville de ce nom. Les portes de ville sont souvent désignées par le nom de la localité où elles conduisent : telles, dans la Jérusalem moderne, la porte de Jaffa, la porte de Damas. — □''in-na parait désigner la ville de nni Rabbah (complètement : pas; "ïjn n:il), la capitale des Ammonites, située à cinq heures au N.-N.-E. de Hésé-

5 b. Tes yeux sont (comme) les bassins d'Hésébon, à la porte de Bat Rabbim.

Ton nez est comme la Tour du Liban qui regarde vers Damas.

bon (cf. The Illustrated Gommentary on the Old and New Testaments, t. III, 321 [1840] et Graetz). La désignation ni □111 peut être de l'invention du poète qui l'aura créée soit pour une raison de métrique soit pour toute autre raison, mais elle a pu également exister à côté de nil. Littéralement □''SI ni pourrait signifier fille de grands ou fille de multitude; peut-être Diil désigne-t-il les habitants de Rabbah. Les villes d'Hésébon et de Rabbah sont également associées dans Jér. 49,3 : « Lamente-toi, Hésébon... Poussez des cris, filles de Rabbah... » — 5 b p. "jD^s : Rashi déclare le sens de nez inacceptable, car, dit-il, « ce n'est pas une marque de beauté que d'avoir un nez grand et élevé comme une tour », et il donne au mot le sens de front. Il fait aussi remarquer que le poète, décrivant l'Épouse en procédant de bas en haut, n'a pas pu parler du nez après les yeux; cette raison est également invoquée par Scholz qui, avec Graetz, traduit visage. En faveur du sens de front, on pourrait rapprocher Taraméen KniS^^ qui signifie à la fois nez et front (cf. Dalman). Cependant, le sens de nez me semble devoir être maintenu : 1) «^i^ ne signifie jamais front dans la Bible ;

2) au V. 9 notre poète emploie sûrement au sens de nez;

3) la raison d'esthétique invoquée par Rashi n'est pas décisive, car le poète pense moins à une femme réelle qu'à Israël en Palestine et à des particularités géographiques de ce pays, comme les bassins d'Hésébon, le Carmel etc.; 4) enfin, il est difficile de comparer le front avec une tour (ou avec une montagne); au contraire, si, comme nous le croyons, la tour du Liban désigne le Grand Hermon, la comparaison du nez avec ce promontoire avancé de l'Antiliban s'explique d'une façon assez naturelle. — La tour du lÀban qui regarde vers Damas ne peut pas être une tour située en territoire t)alestinien : si haute qu'on la suppose, elle n'aurait pas permis d'apercevoir Damas. Je considère comme très

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