‹ Le cantique du doux parlerChapitre 11 sur 35 · CONQUÊTES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

CONQUÊTES FRANÇAISES

(L'hôtel de ^ambonïllef.

A Laure Conax.

a Chambre Bleue, où c( l'Incomparable Arthénlce » Trône... Autour du haut lit de parade rangés, L>'Astrée a réuni ses plus galants bergers : Pour le tournoi badin l'esprit ouvre sa lice.

\ssauts, feinte, riposte, et coups droits échangés: De toutes parts jaillit l'étincelle... Délice, (.'.< Ame du rond », pimpant, pétillant de malice, ji' Valère » se prodigue en mille traits légers...

Révérences de cour... Bel air... Grâce jolie. . Parfums subtils de la « Guirlande de Julie »... Rares sonnets d'un soir, dont on discourt dix ans ..

Soyez loués 1 — • Ce sont vos « Précieux », Marquise, Dont le français reçoit le plus fin des présents, Sa première leçon de politesse exquise...

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dMalliezbe.

A l'auteur des

Visions gaspésiennes,

M"« Blanche L\moxtagxe.

Les meilleurs esprits vous doivent cet hommage d'approuver ce qui vient de vous comme parfait. »

(Richelieu.)

On n'aime pas toujours voire sèche froideur Ni votre morgue, ô vieux poète u pédagogue », '! Tyran » bourru des mots et des rimes, grondeur largneuxcomme un chardon, piquantcomme uneboguel

;/otre férule, hostile à tous les noms en vogue, Sifflait, et vous dictiez vos lois avec raideur... dais qu'importe à nos cœurs votre ton brusque etrogue, ii votre strophe exacte a connu la grandeur.

Si votre œuvre, pénible et lente, courte et triste, Mais fîère, sut forger, ô gentilhomme artiste, De beaux vers immortels, aussi durs que l'airain

^ ous croyiez justement, ô François de Malherbe,

A la pérennité du labeur souverain :

Gloire à qui s'efforça pour la gloire du verbe 1

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Balzac,

A M. Edouard Moxtpetit, Professeur à l'Université Laval.

« La diction de vos lettres est pure, les paroles choisies.,, et les périodes accomplies de tout leur nombre. »

^Richelieu.)

Non moins que les beaux vers chante la belle prose. L'éloquence a son art, ses mystères sacrés, Ses vocables choisis, que l'oreille dispose En rythmes vifs ou lents, sagement mesurés.

La pensée en musique, au gré du virtuose, Monte, épandant son flux sonore, par degrés ; Et l'ample période ouvre, comme une rose, •Sou cœur épanoui de pétales pourprés.

C'est toi, Balzac, qui mis dans nos discours le nombre,] Les jeux de la lumière alternant avec l'ombre, Des grands balancements la pompe et le décor.

Mais d'où vient le secret de ta phrase vibrante ?

?S 'en as- tu pas perçu l'harmonieux accord

Dans les hauts peupliers des bords de ta Charente !'

%^ auge lad.

A M. Sylva Ci

« Le plus soge écrivain de noire langue. » (Boileau.)

Claude Favre, baron de Pérores, seigneur De \augelas, trente ans, méticuleux et sa^-e, A la ville, à la Cour, cueille sur son passage Dans la moisson des mots sa gerbe de glaneur.

Trente ans, gra^e, il écoule, et trouve un grand lionneur

A se dire « greffier des arrêts de l'Usage ».

De la parole ailée il fixe le visaf^e ;

Il épure son grain an crible du vanneur.

SaNoisien, sur la foi d'oracles qu'il consulte, pu français le plus noble il conserve le culte... Tel l'ami de nos champs, qui des plus rares fleurs

Nous compose un herbier... Tel, sous la transparence Du verre, le chasseur de papillons de France Qui du butin du ciel nous garde les couleurs...

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