‹ Le cantique du doux parlerChapitre 26 sur 35 · I. « Le père du AA isconsiii · texte numérisé non relu

I. « Le père du AA isconsiii

a. Le fondateur de la ville de Sainl-Puid dans le Mimicsola.

(j'esl nous (|ui prélendons au ^e^mont comme au Maine De Qiiéhec élarfii rélal)Iir le domaine. Sur le lac historique où (Ihamplain navigua Défendre « Carillon » dans Ticondéroga !

Cette maison nous plaît que Dieu nous a choisie» Mais sans nous dégrader dans une apostasie, Sans les sombres remords et les cruels dégâts Que la trahison laisse au cœur des renégats. \enez ici nous voir, vous pencher sur nos âmes : Vous Y verrez brûler encor les mêmes flammes, Partout se propager, sans oublis et vibrants, Cent i< petits Canadas », prêts à devenir grands ! Nos séparations ne sont point des divorces : Loin devons — avec vous toujours — toutes nos forces Travaillent à sauver le pays de nos cœurs. L'idéale patrie auv divines douceurs !

\enez. pour éprouvep notre foi canadienne. \isiter l'humble chambre, où la mère chrétienne Dans le français sacré du (( \otre Père » — - unit Les mains de ses enfants sous le rameau bénit ; L'église, don du pauvre artisan, où la chaire N'admet pas pour son Christ une voix étrangèrCr Source de haute vie, où nos morts triomphants Chantent leurs vieux noëls aux lèvres des enfants ; L'agape, où dans la joie, aux fêtes fraternelles, ^ otre Saint-Jean-Baptiste assemble ses fidèles ; L'asile de l'étude ou l'abri du secours. Qui raconte en français de sublimes amours \

Si les loups onl ravi des brebis disparues. Louez plus le troupeau pour ses vigueurs accrues : La race ne meurt point, coupée en deux tronçons, Mais s'épanouit mieux sous deux drapeaux saxons !

On court plusde dangers peut-être aux avant-postes: Tant mieux! Nous braverons la peur des holocaustes, En soldats, dont le zèle a l'honneur redouté De garder le plus loin les clés delà cité !

Baigné de toutes parts aux vastes flots hostiles. On peut s'égarer, jouet de puissances subtiles, Comme au gré des ressacs quelque léger fétu ? — Tant mieux! car aux périls mesurant leur vertu. Sur le goulTre incertain veillent mieux les pilotes ; Stimulé, notre cœur plus chaud de patriotes, Grâce au rude ennemi qu'il sent le menacer, Au lieu de s'engourdir, voudra se surpasser !

Ici, non moins que vous, en ces larges frontières, Nous ferons bonne garde autour des sanctuaires. Où notre culte met sous l'aile de la Croix Tous nos trésors de cœur, notre langue et nos droits. Non moins que vous, ici, quand l'avenir se fonde Au creuset bouillonnant des nations du monde. Nous croyons que le Christ, d'après un plan divin. Nous a dû réserver comme un ferme levain. Nous croyons — notre cher passé nous le persuade — Que le Maître a voulu pour sa longue croisade. Partout où souiTre une âme en peine, où pleure un glas, Nous joindre à de joyeux et prompts apostolats; Qu'il a besoin de nous pour que Son règne advienne, Pour rallumer au cœur d'une foule païenne,

OÙ s'est lro[) de liimièro évaiigôliquc éteint, lii peu de l'idéal callioliqiie et latin 1

Et plus tard, loisquici de hautes cathédrales. Mieux que d'un ail fameux les beautés sculpturales, Dans une' floraison de l'erventes candeurs Des saintes Charités montreront les splendeurs Comme seule en produit notre race d'apôtres, \os fils se lèveront pour saluer les nôtres, Et, bras ouverts, diront : « Entre nous Canadiens, Canadiens des « Etats » ou des bourgs laurentiens. Nul schisme douloureux n'a dressé sa barrière : A nos lèvres s'embrase une même prière. Dans nos cœurs le désir des mêmes saints exploits. Rameaux drus et pareils du vieil arbre gaulois, Qui n'ont point démenti la souche originelle, Nous servons tous de même une France éternelle, Cette France de l'àme, où l'ancêtre a gravé Au Dieu de l'Espérance un magnifique Avé ! »

^e 'Cantique à r(Etoile deô oMerô.

A Mgr Leblanc, premier évéque acadien,

A l'Acadie ressuscitée.

Soleil d'Assomption dont la gloire irradie Sur la moire des flots et le frisson des blés ! Fête de Notre-Dame et fête d'Acadie Dans un vivant éveil de drapeaux étoiles 1... L'essor des carillons soulève des vols d'âmes Dans les alléluias dont se peuplent les airs. Le long des chemins gais, plantés d'érables verts. Oii le feston de fleurs s'enlace aux oriflammes. Sur les reposoirs blancs et les arcs triomphaux. Dont les fiers écussons, les hautes banderoles Disent à tous les cœurs, plus unis et plus chauds. Espoir et Charité, vos divines paroles !

i Et la procession se déroule en chantant :

Hérauts, gardes d'honneur sous les armes, fanfare. Enfants aux: rubans bleus, dont la candeur se pare De la rose en couronne et du voile flottant ; Long chœur de pèlerins des mystiques agapes, Artisans, défricheurs de sauvages cantons, Femmes au front voilé de veuves — sous leurs capes, Pêcheurs aux yeux couleur de mer, aux cœurs bretons, — CeuxdeRichibouctou, de Grande Anse ondes Iles, Ceux qui nomment Saint-Jean, Memramcouk pour berceau. Qui sous un ciel brumeux, de Tousquet à Canseau, Aux replis de la côte ont fixé leurs asiles, — Vigoureuses tribus du sang de Razilly Dont les noms sans rudesse annoncent l'origine, Beau peuple catholique, ardent et recueilli. Chez qui patrie et foi confondent leur racine .. Tous vont, graves et doux, tandis que l'encensoir Enveloppe d'azur la bannière ou le cierge. Que plane en souriant l'image de la Vierge, Que glisse sur les fronts l'éclair de l'ostensoir... Et la brise du large, avec leur voix fervente, A leurs frères lointains, que la haine exila, Répète, en proclamant la race triomphante. Le cantique de grâce : Ave, maris Stella !...

Dans la grancVsalle, d'or et de pourpre baignée, L'Aïeul, majestueux et beau comme le soir, Au haut bout de la table est revenu s'asseoir Et contemple l'honneur de sa forte lignée, Ses enfants, et les fds de ses fds, si nombreux Qu'il ne se souvient plus de leurs noms de baptême, Mais dont il sait, sans trouble, à son fier diadème Patriarcal, compter les fleurons généreux. Tout l'exalte à cette heure et tout le magnifie : L'Eté, des quatre points de son vaste horizon. Par l'appel du troupeau, l'odeur de la moisson, Au labeur de ses mains chante un hymne de vie. Sa vieillesse héroïque embrasse d'un coup d'œil. Avec les sûrs garants de sa tâche féconde, L'immense table, — chêne autrefois roi d'un monclr. Oui de tant de rameaux connut aussi l'orgueil...

Derrière les deux rangs des rustiques convives. Qui d'un geste pieux rompent le même pain, Mères ou jeunes sœurs vont, viennent, sans bruit vain. Présentant les plats lourds ou les corbeilles vives ; — Et l'Ancêtre sourit.4ans la sérénité De ses jours pleins, vaillants, sans œuvres décevante? I Il voit autour de lui s'empresser ces servantes, La Paix, la Conscience heureuse et la Bonté !... Puis, se levant, d'un ton de chef et de prophète Il conseille, il prie.

— (( Oui, c'est victoire et c'est fête.

— iS; —

Dil-il ; mais sans voiler le deuil des anciens ans, Rendons grâces à Dieu, l'auteur des biens présents I Saluons son miracle et sa haute pensée : La famille acadienne. à tous vonts dispersée. Grâce à Lui se rassemble et reconstruit son nid. Souvenons-nous, mes fds : le souvenir unit ! Mes fds, souvenons-nous: le souvenir fait vivre 1 Songeons pieusement que Celui qui délivre, Pour nous glorifier, nous marquant de son sceau, V fait de la douleur notre premier berceau 1

D'autres vantent peut-être un passé d'allégresses : Nous n'avons à montrer que l'exil, des détresses. Des outrages sans nom, — d'un doux peuple innocent Les sueurs d'agonie et les larmes de sang 1 Mais nous la vénérons, notre chère souffrance. Comme un trésor à nous, notre unique opulence, Sans rancœur, sans tirer le glaive des fourreaux, En sachant pardonner aux fureurs des bourreaux. Le mal, le divin mal, notre culte l'embrasse, Fervent, comme un témoin des vertus de la race. Comme les instruments des conquêtes du Ciel, La couronne d'épine ou l'éponge de fiel. Christ — honneur que sa Grâce à bien peu daigne faire — Nous a laissés gravir tout entier son Calvaire : Aussi, fiers des martyrs nos pères, à genoux, Souvenons-nous toujours, mes fils I Souvenons-nous ! »

i Les deux bras de l'Aïeul comme pour une étreinte S'avancent : on dirait que des temps douloureux

Il voit venir vers lui les grands Morts bienheureux... De suprêmes rayons s'éteignent... L'heure est .saint*-, L'heure crépusculaire aux mystiques douceurs. Les fronts se sont penchés au silence du rêve. Des lèvres du Vieillard à voix lente s'élève L'adjuration grave aux chers intercesseurs.

— (( Aidez-nous, confesseurs vaillants du Christ, nos Pèr'

Agrestes bûcherons, durs façonneurs de terres. Pauvres gens, dont le sang français fit des héros 1

Victimes de Grand-Pré, du bord des Gaspareaux, Qui partiez, enchaînés, chantant encor des psaumes !

Captifs dépossédés, meurtris, — hâves fantômes Qui n'emportiez plus rien qu'un cœur plein d'oraison>

Morne bétail pensant, funèbres cargaisons. Dont parfois dans la mer se délestait la cale !

Débris d'humanité, qui d'escale en escale

Ne trouviez pas au monde un seul rivage humain !

Chrétiens, que des chrétiens laissaient tendre la main. Sans secours, dans la neige, à la porte des villes I

Innocents, condamnés aux tâches les plus viles. Avec ignominie aux carrefours fouettés !

- iSg -

rioscrits, race d'AbcIs comme Gain traités,

( hii mêliez votre plainte à la plainte des grèves !

\ agabonds qui tombiez, percés de mille glaives, Aux sentiers des l'orêts que vos os ont blanchis,

Qui mouriez, étrangers, au seuil de vos logis, Suspects comme un complot, maudits conmie une peste 1

.Pères, seigneurs très hauts, dont le pouvoir s'atteste Aux cœurs multipliés de vos fds survivants I

Crucifiés, amis du Christ, tous triomphants Dans l'escorte d'honneur de la A ierge sa Mère,

Assistez-nous ! Comme un effeuillement de fleurs, Répandez sur nos fronts, milice tutélaire,

Les bénédictions de vos saintes douleurs 1 » —

Il dit. L'ombre à présent gagne et cherche à s'étendre. Devant lui, dans la pièce au vague clair-obscur, Une fenêtre encadre un morceau de ciel pur Comme un pan de bannière au beau velours bleu tendre, Et sur le fond d'azur du céleste velours S'argente en scintillant la perle d'une étoile...

Alors, sur le conseil que le soir lui dévoile, H appelle l'enfant, charme de ses vieux jours,

- — igo — ■

Fille duii petit-fils, plus douce et plus câline,

Dont lui sourit le nom, celui-là bien connu,

Que toujours aisément son cœur a retenu.

— « Vois l'étoile, là-haut, qui brille'.... Evangélinc,

C'est l'heure d'invoquer pour nous, pour les errants, 1

La Vierge Mère, Fleur suave d'Espérance,

Reine du Bon Secours, Dame de Recouvrance,

Soutien des naufragés et salut des mourants !

C'est Elle qui sauva nos pores... Qu'elle empêche

De s'abattre sur nous tous les souilles de mort :

Qu'elle enlle notre voile et la conduise au port 1

Ave. maris Stella 1 » —

D'une voix pure et fraîche, Qu'écoulent les Aïeux, vainqueurs des flots amers, La jeune Evangéline, en ce soir sans nuage. Pour le peuple Acadien, qu'attend un beau\oyage. Entonne le cantique à l'Etoile des mers...

qA un (Lonisianais fidèle.

A M. AlcÉE FoitTIER.

professeur à l'Uniuersilé

Tulune, président de l'Athénée

louisianais.

«Qu'à l'avenir les Louisianais se souviennent qu'ils ont été Français. Qu ils conservent pour nous des sentiments dafi'ection, et que l'origine commune, la parenté, le langage, les mœurs, perpétuent l'amitié... " (Bonaparte, 30 avril 1803.)

Je pense à VOUS souvent, à ce soir ttop court, maître Louisianais. là-bas, près de cette fenêtre D'où pouvait tout Québec clans un regard tenic ; Je pense au soir de fête, où votre causerie M'ouvrit, tantôt riante et tantôt attendrie, Son riche écrin du Souvenir.

J'écoutais vos mots lents pétale par pétale M'ctTeuiller les beautés de la terre natale,

Me compter tous Jes grains du vigoureux épi ; Votre cœur m'emportait — de quel bond 1 par quelle arche '■{ Des bords du Saint-Laurent, superbe patriarche, Aux bords du Roi des Eaux, votre Mississipi 1

Parmi les chers trésors de votre patrimoine, Heureux, vous rappeliez ce qu'auxmains des Le Moyiif Le Canada pour vous de gloire avait conquis, Comme aux fastes sacrés de votre noble ville Régnait encore, auprès du « Père », de Rienvilie, Vaudreuil nommé le « Grand Marquis » 1

Vous évoquiez l'ancien colon, toujours fidèle |

A sa race ; trahi, vendu, — pour l'amour d'elle.

Comment il protesta, comment il s'est battu ;

Comment, beau révolté. Chauvin de la Fresnière, :

O France, en expirant embrassait ta bannière,

Jusqu'au dernier soupir t'immolait sa vertu 1

Vous disiez l'émoi pur qu'en vos cœurs fait éclore. Joint aux plis étoiles, l'emblème tricolore ;

Vous disiez, sûr garant du vieux parler charmeur,

Que chez vous, en dépit d'une fortune adverse, .,

Constamment, en français on prie, on aime, on berce, I En français l'on naît et l'on meurt 1

Vous parliez : et soudain m'apparut, réveillée, Une province du français ensoleillée.

Sous les cotonniers blancs, soyeux, un gazouillis Doux, infiniment doux, plein de grâce créole, Avec une senteur lointaine, et l'auréole Des rayons et des fleurs du moite et chaud pays !

— Ah ! que vos piétés m'ont touché, maître, apôtre D'àme française !... Et j'ai mis ma main dans la vôtre, Tandis que j'admirais, plus que tous vos exploits, La fleur du doux français de la Louisiane Enlaçant d'amitié sa flexible liane

Au tronc du vieux chêne gaulois !

Oiiaiorze luôcriptions pour r Ecole Canadienne

A l'honorable

M. P. Boucher de la Brlkre,

surintendant

de rinstruction publique

dans la province de Québec

A M. C. J. Magnan, Inspecteur général des écoles.

A tous les Maîtres, à toutes les Inslilutrices, Missionnaires de la Bonne Parole.

^out la oMaiôon.

A M. l'abbé P. Peurieh.

Passant, qui viens du vieux pays de France, arrête

Un instant, et vénère en inclinant la tête.

Comme un verger en fleur qui prépare le fruit,

L'inviolable asile où la race s'instruit.

Je suis simple ; mais rien n'est plus beau, plusaugustc.

Quelque chose d'infiniment tendre et robuste.

Grâce à moi, pour ton nom que j'aime et je défends,

Croît dans l'ombre sans bruit, — de gentils cœurs d'enfant-

Honore-moi : bénis l'humble école, édifice

Du suprême avenir... Songe au long sacrifice

De ces maîtres, de tous ces apôtres joyeux.

Zélés dispensateurs du trésor des aïeux.

Songe aux fiers « habitants», dont le rude salaire,

Pour garder à leurs fils leur langue séculaire,

Sut lui bâtir ce temple où chaque âme est autel, Où le feu se transmet, par moi seule immortel. Songe combien de même, en tous lieux dispersées, Nous demeurons des morts les vivantes pensées. Combien, jusqu'aux confins des plus obscurs cantons, Pour les plus saints des droits sans trêve nous luttons. Derniers remparts des Libertés de la Patrie. Songe au bien, mon labeur, passant : salue et prie. Pour que Dieu me protège et qu'il m'aide à mûrir La moisson des esprits que ton vœu doit chérir.

Tour le ^Seiul.

A M. l'abbé P. Fillion, secrétaire de ri'iiiitersité Laval.

Bonjour, mes clicrs petits I Entrez sans peur ni doute,

Tous, nombreux 1 Secouez la neige de la route

Et les flocons glacés qui givrent vos '( capots ».

C'est bien. Entrez, les mains nettes. l'esprit dispos,

Le cœur pur. Mon salut dit à tous : espérance !

Sûrs qu'ici chaque etîort supprime une ignorance,

Braves, sans que leurs jougs vous semblent trop pesants,

\ l'appel des devoirs répondez tous : Présents 1

Entrez sans crainte. Il fait doux et bon. Lue flamme

Chaude, familiale, éclairera votre àme.

L Ecole, vous verrez, c'est "comme une maman

Qui parfois gronde, mais délicieusement,

Parce qu'on sent qu'elle aime et quelle veut qu'on monte.

Travaillez : le travail grandit seul, sans mécompte,

Et chaque soir, enfants, vous partirez un peu

Plus dignes du Pays et plus proches de Dieu.

Et dans l'ombre, au retour chez vous, vous pourrez croire,

Le long des chemins blancs, qu'une jeune Victoire,

Discrète, sans souffler au cuivre des clairons,

\ous suit en étendant son aile sur vos fronts.

iiâiÉiiÈÉfeiÉÉiiiiàiiâi

^oiit le ^zucifix.

A M. l'abhé Dexys Lamy.

Pour faire de vos cœurs, enfants, des sanctuaires,

Levez d'abord vers Moi vos yeux et vos prières :

J'aime, parmi les fils des laboureurs, parmi

Les petits écoliers, parler comme un ami.

Tel, vous le savez bien, qu'avec vos grands Ancêtres

Je parlais, — le plus sûr et le plus doux des maîtres.

Qui pour guide me prend connaît tous les essors.

Je vous révélerai les plus riches trésors.

Les secrets du bonheur durable delà vie ;

J'écarterai de vous le mensonge et l'envie

Et tout l'abject troupeau des péchés oppresseurs.

Je vous enseignerai l'Amour pur, les douceurs

Du pardon, les vertus de l'heureuse souffrance.

Mon Evangile à tous porte la délivrance

Des peurs, des passions, des plus viles laideurs. Et quand j'aurai béni vos ferventes candeurs, Seconde vos travaux, corrigé vos faiblesses, O chers fils, tous vêtus de joie et de noblesses, — Comme vos lacs d'été l'infini du ciel bleu, Au miroir de vos cœurs vous refléterez Dieu I

^out r(Eôizade du oMaitze,

A M. l ahbé X. Degagxé, professeur à Chicoiitinii.

« C'est l'insliluteur, et non plus le canon, qui sera désormais l'arbitre des destinées du monde. »

(Lord Brougham.)

« Le titre d'instituteur est un titre denoblesse. «(Mercier.)

\ i<ns, maître : que je t'aide à monter ! Ta parole i» it enseigner de haut dans ce temple : l'Ecole. \ icns, monte 1 Que vers toi ceux qui t'écouteront \pprennent de bonne heure à redresser leur front 1 '^our (( élever » l'enfant — mission noble et chère — Miître, apôtre, il te faut la tribune ou la chaire. ." bon soleil qui plane épand mieux ses rayons ; La main du laboureur s'ouvrant sur les sillons

20ji —

Dispense mieux à tous les semences de vie : De même à la jeunesse assidue et ravie \erse de haut sans cesse, ô maître, ô créateur, Les levains de l'esprit, les lumières du cœur ! Mais, grave, avec ferveur, remplis ton sacerdoce: Songe, sur ce degré modeste qui t'exhausse, Que c'est toi, sans fracas, par tes efforts lointains. Qui peux faire un grand peuple et ses puissants destins! Songe qu'en ta voix, ô le plus pauvre des maîtres. Parle tout le passé glorieux des Ancêtres, Parlent tous les Foyers sacrés, dont tu tiens lieu. Parlent tous les Devoirs et la Patrie et Dieu !

^onz la (ffenêtze.

Aux cliers écoliers des campagnes laurentiennes .

Enfant, ne te crois pas un captif dans sa geôle: Rassure-toi. Je veux, par-dessus ton épaule, i »r»ucement, que d'un large et généreux cristal Sur ton labeur descende un coin de ciel natal. Soit que l'hiver glacé me lleurisse de givre, ^ il qu'un tiède printemps, qui réveille et délivre, Jiuuvre aux gais rayons d'or des clairières d'azur. C'est moi qui t'apprendrai de mes jeux sur lemur l.a marche pas à pas des saisons et de l'Heure...

Mais surtout j'aurai soin que t'arrive et t'effleure Va l'enveloppe, voile invisible et flottant, Ln de ces souffles purs qui font le cœur content. M vieudrade très loin, des Laurentides bleues, ■ liargé de tout un cher trésor : pendant des lieues.

11 aura sur les eaux, les bois et les sillons, Dans les clochers d'argent peuplés de carillons, Fait sa glane de vie auguste et maternelle... Et je l'appellerai : qu'il pose ici son aile, Que dans les forts parfums qu'il t'aura recueillis Ton âme aspire entier l'amour du grand Pays !

"PoiJt le "Poêle.

A Antoine Rivaru.

I A chacun son devoir, sa noblesse et ses titres 1... Simple et bon, je préside au travail des pupitres, Ainsi qu'un sage aïeul eu un cercle d'enfants :

, Les cœurs les plus heureux sont les plus réchauffants. Petit, ne laisse pas tes pensers romanesques Jouer dans mes dessins aux folles arabesques. Ton œil trop se distraire à l'œil de mon fover ' Où l'arbre de nos bois se plaità flamboyer. Poursuis ton œuvre, ainsi que j'accomplis la mienne.

Pourtant de mes bienfaits, parfois, qu'il te souvienne Songe à Ihùte, à l'ami, qui dans l'hiver glacé,

j Quand tout transit dehors, soudain, ce seuil passé, ïe baigne en une tiède atmosphère, rallume La vie à tes doigts lents où vacillait la plume, Fait chanter pour ta joie à son regard vermeil Toute la poésie ardente du soleil...

Prends exemple sur rnoi :que l'école en ton ànie Eveille, Dieu taidant, l'inextinguible flamme, Puis rayonne, et répands en effluves de bien Les plus douces chaleurs de ton cœur canadien 1

YII

^oiiz le Zahlean iioiz.

A tous nos petits amis sage»

et studieux.

\\r parle aux yeux : je suis la parole fixée

(Jui pénètre et se grave au fond de la pensée.

Page unique et diverse aux multiples Jeçi^ns

Dont les cahiers soigneux transcrivent tous les sons,

Modèle de lecture et de calligraphie,

.1 <A]'ve aussi comme il sied des modèles de vie,

< U'i le maître, qui songe aux hommes de demain,

; Mit son cœur le meilleur dans sa plus belle main.

; J'explique ou j'avertis, j'exhorte ou je redresse.

'J'exalte le courage et flétris la paresse. De maximes d'honneur, de vers d'or revêtu, <îrave ou gai, chaque jour j'invite une Vertu, i iinpérance ou Bonté, Franchise ou Politesse, A. visiter les cœurs, à rester leur hôtesse.

LE CANTigUE 14

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