‹ Le cantique du doux parlerChapitre 28 sur 35 · Les douze jours de Noël à l'Epiphanie · texte numérisé non relu

Les douze jours de Noël à l'Epiphanie

2. Réunions de parents et d'amis convoqués pour enlever au )lc d'Inde ses feuilles.

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de ^^azlet fzauçais.

A M. l'abbé E. Chartier, professeur à Saint-Hyacinthe

« Aimons, respectons, faisons respecter notre langage canadien. Parlons-le partout.

C'est notre drapeau national. » (Tardivel.)

Jadis le défricheur, fusil en bandoulière, Poussait l'effort du soc sur l'hostile clairière, Toujours prêt à l'alerte au milieu du sillon. Son œil partout guettait la brusque irruption Du sauvage rôdant sous l'épaisse ramure. Tout cœur de Canadien portait alors l'armure. Les femmes, les enfants, d'un même élan viril. Tous s'enrôlaient soldats, unis par le péril ;

Va. lorsqu'un Habilanl pour sa bravoure insigne > était d'une faveur de haut prix montré digne, i'ar des « lettres royaux » Monsieur le Gouverneur Sur parchemin scellé le proclamait « seigneur ».

De même encore, enfant, jeune espoir de la race. Il faut ceindre le glaive et vêtir la cuirasse : D'innombrables combats t'attendent, toi qui sais One c'est un grand honneur de bien parler français ! (lorde ta langue intacte, harmonieuse et probe, 1' n trésor pur ! Que rien d'étranger n'en dérobe J.a tranquille ordonnance et la limpidité ! Plus belle est la richesse aux mains de ta fierté, IMus, pour la bien défendre, il te faut d'héroïsme. Sus à l'envahisseur ! Sus à !'(( algonquinisme », A tout mot grimaçant, barbare et rocailleux, Uni- porte un déshonneur au bon goût des aïeux I frappe, mais sache bien qu'en ce travail d'Hercule Kien ne vaut pour frapper le trait du ridicule : Sans trêve ni merci sur l'horrible iroquois Que ta brave gaîté vide son plein carquois I...

" Et puis, si la victoire en ton discours claironne.

[ Pour prix de ta vertu, mon vaillant écolier, j Je te fais noble et prince et t'olTre une couronne, Je te sacre à jamais mon féal chevalier !

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^out r (Ecole onta tienne.

A l'honorable

il. A. COXSTANTIXEAU,

iuge de la Cour d'Ontario.

On m'a dit : « Prends ces cœurs d'écoliers, molle cire Que tu façonneras comme un Saxon désire : Ces petits Français-là, tu vas nous les changer. Leur fixer un esprit à leur race étranger! Leurs pères, pauvres gens écrasés sous le nombre, Ne sauraient conserver ce qui n'est plus qu'une ombre. Ces hommes, qui voudraient survivre en leurs enfants, Tu les vas en leurs lils exterminer vivants ! »

Et moi, j'ai répondu : « Jamais d'un tel supplice Ton caprice, tyran, ne me rendra complice 1 Jamais ! Jamais ! — Reprends tes bâillons, tes étau\, Ces cordes et ces fers, ces clous et ces marteaux,

1' ur lorturer des cœurs clans une apostasie ! ( iiiper la langue sied aux despotes d'Asie ! M'ù. je ne porte pas les ciels dune prison ! I ne sais point verser l'insidieux poison I ' nue doctrine hostile à de saintes croyances ! t Ml ne me verra pas, bourreau des consciences, Ivivir ce qui fait l'homme, outrager l'équité, Ijiseigner l'infamie ou la servilité.

Faire de Canadiens de tristes choses mortes ! Moi, je forge avec Dieu des âmes libres, fortes, liiches de vie, — honneur de la Cité 1 J'apprends Que le nombre, que l'or, ne peuvent rien, moins grands i}\\e la vertu du droit dans l'abri d'un cœur brave 1 .1 "apprends à voir du ciel, à briser toute entrave ; .1' montre, triomphante, au-dessus des tombeaux, l.<^ chœur des Libertés élevant leurs flambeaux ! Du plus pur sang français je veux rester gardienne... — Et si plus tard, enfant, quelque conteur d'exploits 11' dit: « Qui lutta mieux pour ta langue et ses droits? » lu'ponds avec fierté : « L'Ecole ontarienne 1 »

LK CASTIQVE 15

La Croisade

du Doux Parler

A Mgr P.-E. Roy,

Auxiliaire de Quéljec,

Président du Comité permanent

du premier Congrès de la Langue

Française en Amérique.

A toutes lesMèrescanadiennes.

'ZJn fils de (Lotzaine dn Canada.

A mes amis de dilection, Adjutou RtVARD et J.-E. Prince, avocats, professeurs à l Université Laval.

Parlez, amis ! parlez ! Le fils de la Lorraine Ne sent plus les chagrins de l'exil avec vous. Parlez encor ! Mon ciel soudain se rassérène,. Je renais à l'accueil de ce parler si doux 1 0 France occidentale, ô lointaine Neustrie, Tu sais te souvenir comme je me souviens ; Et Dieu donc soit loué, qui me rend ma patrie Sur vos lèvres, ô Canadiens I

Vous savez comme on sent s'attacher sa racine Au sol où s'endormit l'aïeul à cheveux blancs. Ah ! comme j'ai souffert sur ma terre messine !... Et pourtant ils sont beaux, mes coteaux mosellans !, Et pourtant lair. là-bas, est si léger, si tendre 1... Mais c'est l'exil chez moi qui me vient affliger.

Depuis que mes chemins, mon seuil, doivent entendre Le langage de l'étranger !

Ah ! l'accent de ces mots si durs à l'âme !... Certe, Mon enfance a connu l'effroi du conquérant, Quand, dans l'ombre des nuits, parla Irontière ouverte Des régiments casqués grondait le lourd torrent. Mais plus que le hulan, messager de conquête. Dont s'enfonça la lance en la chair du pays. Chaque mot abhorré, tyran que rien n'arrête. Nous lient toujours plus envahis !

Oh I ces mots de la rue, écrits comme des chiffres, Ces mots sans grâce, aux pas cadencés et massifs, Bruits de tambours, que vrille un jappement de fifres. Que heurte un cliquetis de sabres agressifs ! Oh ! ces voix, toutautour, qui font mal ! Cette phrase, Que l'on subit, avec l'orgueil de son vainqueur. Qui, pareille aux canons sous qui le sol s'écrase. Passe roulant sur votre cœur 1

Vous, du moins. Canadiens français, je vous envie ! L'école ne vous a jamais dépaysés ' 1 Et vous répétez tous la chanson de la vie Par vos mères apprise en leurs premiers baisers 1 De l'àme de vos fils vous demeurez les maîtres Par votre langue pure aux vieux sons musicaux. Et tous les mouvements de lèvres des ancêtres Font encor vibrer vos échos !

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