‹ Le cantique du doux parlerChapitre 33 sur 35 · LA REVUE DES FRANÇAIS D AMERIQUE · texte numérisé non relu

LA REVUE DES FRANÇAIS D AMERIQUE

Cest l'heure des adieux, mais sans regrets ni larmes,

< .1 imme il sied à des gens de cœur, aux frères d'armes Qui vont se séparer pour faire leur devoir ;

C est l'heure des adieux, mais joyeuse et sans crainte,

< tiiime il siedaux croyants, qui dans quelque autre étreinte

Savent quelque part se revoir I

Et quand on vient d'unir ses forces dispersées, Qu'on a pour la même œuvre accordé ses pensées, Baignés au même flot d'enthousiaste ardeur^ Lorsqu'au même banquet, dans la même allégresse. Tous à la même coupe ont bu \a même ivresse D un même rêve de grandeur,

Qui ne sent dans son cœur battre les cœurs des autres, Des cœurs entreprenants de soldats et d'apôtres INe voulant plus s'ouvrir qu'aux raisons d'espérer? Et qui, seul, au dessein généreux qu'il embrasse, INe croit porter en soi tout l'esprit de sa race, Du monde avec lui s'emparer?

Et donc, à l'heure grave où s'achèvent ces fêtes, Pour que chacun s'en aille aux prochaines conquêtes Plus vaillant et plus sûr par l'appui fraternel, Pour qu'il allume en lui des millions de flammes, Ici de tout un peuple associons les âmes Au même serment solennel !

Et d'abord évoquons ceux de la vieille terre De Québec, tout le long du fleuve héréditaire

Conservant la blanche maison, Touslesbons a habitants )^, esprits nets, cœurs candides, Qui n'ont, les yeux fixés là-bas aux Laurentides,

Qu'un amour comme un horizon !

Et vous, Ontariens Français, je vous salue, Filsd'Essex, dePrescott, de Russell, troupe élue,

Avant-garde qui nous défends, Combattants des Grands Lacs ou du Témiscamingue, Qui voulez que la Loi d'un juste honneur distingue

Lécher parler de vos enfants !

Vous aussi, conquérants de la grande Px-airie, Qui sur les pas fameux du vieux La Yérendrye,

Songez à de liers lendemains, Vous qui revendiquez l'antique patrimoine Aux bords du Winnipeg ou de l'Assiniboine,

Semeurs des blés manitobains 1

Et voici devant vous que notre front s'incline, Saint peuple Acadien, neveu d'Evangcline,

Que Christ des Sept Douleurs marqua, Dont les jours tourmentés ressemblent aux rivages, Pêcheurs de Shédiac, amis des flots sauvages,

Défricheurs de Madawaska !

Et je vous nomme encor, vivantes citadelles, Français de l'Union, qui nous gardez, fidèles,

Avec la langue une âme sœur, Ilots qui surnagez, paroisses catholiques Qui menez au combat vos jeunes républiques

Sous l'emblème du Précurseur 1

L'amitié qui vous cherche avec nous vous ramène. Frères de l'Ouisconsin. de Détroit ou du Maine.

De Boston ou du Missouri.

Postes d'honneur veillant au cœur de chaque ville. Et vous, Louisianais du pays de Bienville,

Dernier rameau toujours fleuri '.

Et tous les descendants de nos grands noms épiques De la mer boréale à la mer des Tropiques. D'Halifax à San-Francisco.

<c Puisses-tu triompher du Icmps et de l'espace. 0 verbe merveilleux, si riche d'Infini 1 Par moi du moins, toujours chantant et rajeuni. Tu ne passeras pas de ce monde où tout passe 1...

Et puisse, par delà même l'ultime adieu. Mon cœur que je te doime, ô cher Parler de France. Travailler dans mes fils à quelque délivrance, Accomplir avec toi la grande œuvre de Dieu 1 »

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